Édition du 4 octobre 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Comprenons-nous maintenant pourquoi Charest a déclenché des élections précipitées en 2008 ?

En 2008, Jean Charest avait un PLAN CONTRE qui a échoué.
Quelqu’un avait vu juste le lendemain de l’élection 2008 :

http://elections.radio-canada.ca/elections/quebec2008/citoyens/forums/110387.shtml Commentaire de Jean Pellerin.
Ça se terminait par :
Les Québecois sont « tannés » d’être manipulés par les politiciens !

Dans sa conception de la démocratie, Jean Charest ne fait aucune place au « pouvoir d’opposition des citoyens » parce qu’il en a énormément peur et parce que les possédants économiques en ont peur énormément. Si Jean Charest reconnaissait ce « pouvoir d’opposition des citoyens », ça serait de tempérer sa soif de pouvoir... ce qu’il n’est surtout pas prêt à renoncer.

Comme son parti a été élu en 2008, Jean Charest considère qu’il a TOUT le pouvoir et il ne tolère QUE l’Opposition officielle à l’Assemblée Nationale tout en ne lui donnant à peu près pas d’influence sur les lois et la gestion de l’économie. (L’opposition a un rôle de faire-valoir du parti au pouvoir.) Comme cette opposition à l’Assemblée Nationale n’a pas de réelle influence sur la société, parce qu’elle est perçue très faible par la population, l’opposition réelle et concrète se traduit par le « pouvoir d’opposition des citoyens. »

Jean Charest ne voit pas pourquoi il aurait à partager le pouvoir même si un pouvoir partagé aurait davantage d’influence sur la population.
Il serait sûrement prêt à conserver tout le pouvoir même s’il était à 5% dans le taux de satisfaction de la population ! À la limite, Charest ne cherche pas une position de leader pour son peuple. Par son Plan Nord, on voit bien que sa priorité c’est de faire faire des profits à certaines personnes... Pour ça il n’a besoin que du pouvoir sans influence, sans avoir à convaincre du bien fondé de ses priorités. Il a surtout besoin que la population ne puisse pas s’opposer à ses priorités et ralentir ses plans.

Dans sa conception de la démocratie, le SEUL pouvoir que Jean Charest laisse à la population c’est d’aller voter quand il décide que c’est le temps.

Jean Charest se dit l’autorité respectable que la population doit respecter parce qu’il a le pouvoir, parce qu’il fait obéir la police et parce qu’il dit parler au nom du peuple seulement parce que son parti a été élu en 2008. La majorité de la population voit Charest comme un manipulateur et n’a plus confiance en lui.

En 2012, le vrai pouvoir est dans l’influence démontrée concrètement AVANT DE SE FAIRE ÉLIRE.

Et, pour avoir de l’influence, il faut être perçu honnête, premièrement en abusant pas du concept de la représentation.

Il y a abus de démocratie quand un gouvernement, un syndicat ou une association étudiante dit avoir droit au pouvoir sans avoir à le partager, même lorsque la majorité des gens vote contre eux, ou, lorsque désabusés-manipulés, la majorité de ces gens ne va pas voter. Selon les dirigeants qui abusent de la démocratie, il y aurait quelque part une règle qui dit que les absents ont toujours tort...

Comme les abuseurs de démocratie ne tiennent jamais compte d’eux, le « pouvoir d’opposition des citoyens » se nourrit de ces absents et opposants aux politiciens, aux chefs syndicaux et aux portes-paroles étudiants, du moins ceux qui abusent en se servant de la règle que les absents auraient toujours tort, règle qui n’a jamais fais consensus en démocratie, qui n’est pas constitutionnelle.

Le « pouvoir d’opposition des citoyens » grandi constamment parce que les citoyens ne prêtent plus d’autorité morale à Jean Charest et parce qu’ils ne croient plus que quelqu’un peut prétendre représenter toute la population seulement parce qu’il serait élu. La population ne reconnaît pas à Jean Charest le droit de parler en son nom, au nom de tous les Québecois, et ce, malgré que Charest se donne ce droit.

Les politiciens qui auront le vrai pouvoir seront ceux qui feront une place au « pouvoir d’opposition des citoyens ». Les politiciens doivent reconnaître cette nouvelle réalité et ils doivent surtout ne pas en avoir peur.

La population n’accepterait pas qu’un politicien soit nommé Ministre des finances s’il a déjà fait une faillite en affaires ! Elle ne voit pas non plus comme suffisamment crédible un Jean Charest qui ne convainc en 2008 que 13,694 électeurs dans son compté de Sherbrooke et qui convainc que 1,366,046 personnes de voter Libéral par rapport à 5,738,811 électeurs inscrits (23,8 %).

C’est un autre abus de la démocratie que de faire taire ceux qui tentent de dire que Charest n’a reçu que 24% des électeurs inscrits lorsque les politiciens et les médias disent qu’il a été élue en 2008 avec 42% des voix exprimées (ce qui exclue les gens qui ont été trop écoeurés par les politiciens au pouvoir pour être allé voter en 2008.)

Pour pouvoir lui donner son appui, la population ferait confiance à un politicien qui aurait démontré concrètement qu’il a sû convaincre énormément de gens à se rallier à ses prises de position. Mais cette démonstration doit se faire bien AVANT la campagne électorale !

Concrètement, en 2008, le « pouvoir d’opposition » des citoyens ne se serait plus manifesté si par exemple, Jean Charest avait été capable avant l’élection, de faire signer, par Internet, 2,869,406 cartes de membres du parti Libéral (50% des électeurs). Son PLAN CONTRE aurait réussi. Mais dans sa conception, Charest pense que la loi électorale lui a donné toute l’influence qu’il faut pour se servir du gouvernement comme il l’entend tel un roi sur son royaume.

En 2012, à l’ère des réseaux sociaux, la population a compris que nous ne sommes plus au temps des rois.

En 2008, tout le monde ne comprenait pas pourquoi Jean Charest avait déclenché des élections. En fait, c’était parce qu’il avait peur du « pouvoir d’opposition » des citoyens.

Ces jours-ci, la population se rend compte qu’en 2008 comme dans son dernier « règne », Charest a échoué complètement dans sa bataille d’influence contre ce « pouvoir d’opposition » des citoyens.

Certains diront qu’il a tout de même permis aux grandes entreprises et aux banques de profiter du temps où il a régné avant que ce « pouvoir d’opposition des citoyens » ne soit trop fort. Ce profit, en abusant de la démocratie, la population le voit bien. Elle perçoit les politiciens au pouvoir comme corrompus, entre autre raison parce qu’elle sent que c’est faux quand ces politiciens disent parler en son nom en ayant son appui. Son entêtement à mettre sur pied une commission d’enquête sur la corruption a prouvé au peuple que Jean Charest ne travaille pas avant tout pour le peuple.

Au moins deux facteurs devraient obliger les politiciens à reviser leur conception de la politique : les réseaux sociaux et les sondages scientifiques. Jadis, avant ces deux réalités maintenant déterminantes, les politiciens au pouvoir pouvaient prétendre avoir la « majorité silencieuse » de leur bord. Ça leur donnait une influence qu’il n’ont plus aujourd’hui parce que la population s’exprime de toutes sortes de façons, même par des manifestations-concerts de casserolles !

Que nous réserve l’avenir ?

Les étudiants vont fonder un parti exclusivement axé sur une participation directe, déterminante et constante de l’extrême majorité de ses membres. Ceux-ci seront sollicités par des votes sur Internet et les politiciens de ce parti ne seront que des portes-paroles de leurs membres. À très long termes, ce parti gagnera la bataille de l’influence et gagnera l’appui de la majorité de la population.

Le Parti Québec Solidaire canalisera le « pouvoir d’opposition des citoyens » et tentera, (sans trop de succès,) d’empêcher le parti au pouvoir de faire des choses les plus contraires aux positions de la population qui s’exprimeront par les sondages et par les manifestations dans la rue et sur Internet.

Le Parti Libéral, dans les 4 prochaines années, (parce que sa défaite lui montrera que le pouvoir est nul sans l’influence,) va faire faire énormément de publicité dans les médias et sur Internet grâce aux sommes énormes qu’il va aller chercher auprès de ceux qui ont profité du temps où les libéraux ont été au pouvoir. Les politiciens les plus vieux et les plus corrompus partiront (mais pas suite à la Commission Charbonneau...)

Le Parti québécois va très certainement mourir à moins...
• qu’il s’engage à ne jamais faire le contraire de ce que, dans les sondages, la population dit ce qu’elle veut ;
• qu’il présente aux élections au moins 50% de jeunes de moins de 30 ans et pas seulement dans des comptés pas prenables ;
• qu’il augmente son membership à plus d’un million d’électeurs qui s’engageront à aller voter pour le Parti québécois ;
• qu’il s’engage à gouverner qu’avec une coalition (avec des députés de d’autres partis), qui démontrera concrètement qu’elle a l’appui de la majorité des électeurs inscrits et pas seulement votants ;

• qu’il comprenne qu’il doit devenir « une machine à convaincre les gens » du fait qu’il ne réalisera pas l’indépendance du Québec s’il ne remporte pas un référendum ;
• qu’il ne veut plus jouer le rôle de faire-valoir des libéraux ou des cacquistes éventuellement.

Le parti Coalition Avenir Québec va tenter de refaire ce que les libéraux ont fait dans les dernières années. Comme il sera minoritaire, il n’aura pas assez d’influence pour gérer le Québec d’une façon que la population soit satisfaite.

Le Québec vivra une période de grande instabilité. N’aimant pas la chicane, la majorité du peuple Québecois souhaitera revenir à un gouvernement fort et à la Loi et l’Ordre.

Dans environ 4 ans, les libéraux vont revenir majoritaires parce qu’ils auront davantage d’argent dans leur coffre, parce qu’ils auront gagné de l’influence par la publicité qu’ils feront (dans les quatre prochaines années,) et surtout parce qu’ils auront un jeune leader qui saura manipuler la population énormément plus efficacement que Jean Charest actuellement.

Pourquoi Charest a déclenché des élections précipitées en 2008 ?

Jean Charest a déclenché des élections précipitées en 2008 parce qu’il voulait faire profiter certaines personnes du système avant que le« pouvoir d’opposition des citoyens » ne soit rendu trop fort.

Souhaitons que ces citoyens définissent mieux ce qu’est l’intérêt public pour qu’il ne puissent plus jamais être corrompu.

Un jour, le « pouvoir d’opposition des citoyens » devra être transformé en un pouvoir de définir la démocratie comme étant « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » comme l’avait dit Abraham Lincoln. Qui veut s’en charger ?

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