Édition du 2 juin 2026

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Santé et sécurité au travail

Conférence de presse de la CSQ - La violence : Un enjeu de société qui dépasse les murs de nos milieux de travail

SAINTE-ANNE-DES-MONTS, QC, le 5 juin 2026 - À l’aube du déclenchement d’une campagne électorale, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération des syndicats de l’enseignement du Québec (FSE-CSQ), la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), la Fédération du personnel professionnel de l’éducation (FPPE-CSQ), le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est du Québec (SIIIEQ-CSQ) et le Syndicat des travailleurs de l’éducation de l’Est du Québec (STEEQ-CSQ) sonnent l’alarme quant aux enjeux de violence.

« L’une des premières choses dont les membres nous parlent quand ils évoquent leur quotidien, ce sont des enjeux liés à la violence, à la banalisation des gestes et des paroles, et à l’incivilité. Ce que disent les travailleuses et les travailleurs des réseaux publics, en contact direct avec la population au quotidien, n’est pas étonnant, parce que c’est le reflet de la société dans laquelle on vit », de faire valoir Éric Gingras, président de la CSQ, Richard Bergevin, président de la FSE-CSQ, Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ, Steeve Loisel, président du Syndicat du personnel professionnel de l’éducation de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (SPEGIM-CSQ), Pier-Luc Bujold, président du SIIIEQ-CSQ et Anne Bernier, présidente du STEEQ-CSQ, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe, dans le cadre de la tournée des régions de la CSQ et en marge du 23e Congrès du STEEQ-CSQ qui se tient ces jours-ci, à Sainte-Anne-des-Monts.

Ils soulignent que les préoccupations des travailleuses et des travailleurs dans nos réseaux publics sont cohérentes avec les résultats de l’étude populationnelle concernant les perceptions quant à la sécurité, l’incivilité et la violence, menée pour le compte de la CSQ.

La CSQ a fait valoir ce printemps, à la lumière des résultats d’un sondage Léger, qu’elle entendait interpeller l’ensemble de la société civile — politiciennes et politiciens, communautés, fédérations des chambres de commerce, municipalités, entreprises, etc., — pour former un large front commun contre la violence et adopter des positions communes, les faire connaître, les mettre en œuvre et travailler sur des mécanismes communs pour contrer ce fléau, partout dans la société.

« On sent bien à travers ces résultats qu’il y a une vague de préoccupations, à différents niveaux, dans toutes les sphères, partout à travers le Québec. Le malaise est palpable, personne n’y échappe. Le feu n’est pas pris dans la maison, mais on voit et on sent la fumée. Reste qu’il s’agit d’une alarme et qu’il faut réagir. Et ce qu’il faut comprendre, c’est que tout le monde est touché à un moment ou un autre. Et ce n’est pas l’affaire uniquement de Montréal ou des grandes villes. Le pessimisme est là, les gens constatent la violence, mais ils ne savent pas comment agir. Pour nous, à la lecture de ces résultats, il est clair qu’on a affaire à un enjeu social, politique et, oui, de santé publique ! Ce que les Québécoises et les Québécois nous disent ici, c’est qu’ils s’inquiètent pour demain. Et un enjeu de santé publique comme celui-là devrait être pris au sérieux par celles et ceux qui nous représentent », d’insister les leaders syndicaux.

Quelques faits saillants du sondage

 Si, dans l’ensemble, la population se sent majoritairement en sécurité dans sa vie personnelle et professionnelle, elle considère que le niveau de violence dans la société québécoise a augmenté au cours des cinq dernières années.

En d’autres mots, les Québécoises et les Québécois s’inquiètent du climat social (75 %) et anticipent aussi une évolution défavorable du contexte.

 Lorsqu’ils comparent la situation actuelle à celle d’il y a cinq ans, une proportion importante des répondantes et des répondants (67 %) estime que le climat de civilité s’est détérioré. Cette perception négative entache également l’avenir, puisque plus de la moitié (55 %) croit que le problème va s’aggraver durant les cinq prochaines années.

 Plus des deux tiers (67 %) des personnes répondantes considèrent que le niveau de violence dans la société québécoise a augmenté au cours des cinq dernières années.

 Finalement, 82 % estiment que le contexte social et numérique dans lequel la société québécoise évolue influence notre rapport à l’incivilité et à la violence. D’ailleurs, l’espace numérique est perçu comme un amplificateur de tensions sociales, où les échanges sont plus polarisés et les comportements agressifs sont plus visibles.

Contexte politique difficile et polarisant

Les derniers mois ont été difficiles pour le climat social au Québec et, dans le contexte de l’arrivée d’une nouvelle première ministre, la CSQ en appelle à un changement de ton et au retour du dialogue, dans l’intérêt commun.

« Les Québécoises et les Québécois se sont braqués devant la stratégie d’affrontement et de division électoraliste du gouvernement de François Legault. La preuve, c’est qu’il n’en est plus. N’empêche, on est pris avec de nouvelles lois qui viennent complètement changer le paysage, tant en matière de relations de travail, de négociations collectives, de santé et sécurité du travail et de représentation syndicale. Ce sont aussi les contre-pouvoirs qui ont été visés. Est-ce vraiment le Québec que nous voulons pour demain ? À la CSQ, on tend la main à Mme Fréchette pour favoriser une vision rassembleuse, de même qu’à l’ensemble des partis politiques, à l’aube des prochaines élections générales », ajoute le président de la CSQ, Éric Gingras.

Dans la mission des organisations syndicales, il y a plus que la négociation collective, il y a aussi l’intérêt commun. « Les travailleuses et les travailleurs que nous représentons sont des citoyennes et des citoyens du Québec. La société dans laquelle nous vivons et évoluons a des effets directs et concrets sur leur vie et, oui, sur leurs milieux de travail. Ce qui se passe entre les murs de nos établissements, nos écoles, nos collèges, nos hôpitaux et dans nos services éducatifs en petite enfance, ça s’enracine bien plus largement dans la société. Les organisations syndicales ne sont pas dans une bulle à part : nous sommes au cœur des communautés, partout à travers la province », précisent d’une même voix les leaders syndicaux.

Et à cet effet, le dossier de la violence est plus que probant. Il s’agit d’un enjeu majeur et prioritaire pour la Centrale qui reflète les préoccupations et la réalité quotidienne des membres. « Si l’on devait se limiter aux seules conventions collectives comme le voudraient certains, on ne pourrait pas travailler sur l’aspect sociétal de la violence. Et ce serait alors une aberration, parce que ce sont nos membres qui nous mandatent pour le faire ! Tout comme ce sont elles et eux qui réclament que nous fassions toutes les représentations nécessaires pour que se tienne enfin une grande réflexion collective en éducation », concluent-ils.

Dans un contexte de polarisation, la CSQ propose plutôt le dialogue et travaille à renforcer la cohésion sociale. « Le problème, ce n’est pas l’immobilisme ou l’obstruction syndicale, comme certains se plaisent à le dire, mais bien l’absence de dialogue social. Il faut se parler, s’adapter et trouver une voie de passage dans l’intérêt commun. Mais encore faut-il pouvoir en discuter, parce que la prochaine campagne électorale est à nos portes ! »

La CSQ représente environ 4 000 travailleuses et travailleurs dans la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, notamment dans le réseau de l’éducation, dans toutes les catégories d’emplois, au collégial et en santé.

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