Édition du 19 février 2019

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Politique québécoise

Coupures à l’aide sociale : épopée péquiste d’un mépris envers les plus pauvres

Depuis le 27 février dernier, la lutte contre les coupures à l’aide sociale se mène par les groupes de défense de droits des personnes assistées sociales et leurs allié-e-s.

Les pires coupures des dix dernières années, des coupures qui dégagent une forte odeur de mépris envers les plus pauvres. Des coupures pourtant mises de l’avant par le Parti Québécois, ce supposé parti progressiste prêt à servir les intérêts des plus pauvres et de la classe moyenne. Et elles ne font pas l’unanimité. Attaquer les personnes ayant des contraintes temporaires à l’emploi de 55 à 57 ans, les familles ayant un enfant de moins de 5 ans et les personnes en établissement pour une thérapie de désintoxication n’étaient pas l’idée du siècle. Et les « réponses » de la Ministre de l’Emploi et de la solidarité sociale et députée de Taschereau, Agnès Maltais, ne sont guère reluisantes.

Le 27 février dernier, en catimini, la Ministre Maltais dépose dans la Gazette officielle des changements dans la loi d’aide sociale qui amèneront 19 millions de compressions dans ce programme. Il semblerait que la Ministre n’ait pas eu le temps d’en informer qui que ce soit : une tempête de neige a bousculé sa journée. Pourtant, l’étude des crédits avait été déposée quelques semaines auparavant, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) avait été rencontré en janvier et l’Association pour la défense des droits de Québec-métropolitain (ADDS-QM) avait rencontré Madame Maltais le 25 février … deux jours auparavant. Quand une tempête de neige a le dos large …

Dès lors, la riposte s’organise et la couverture médiatique sur le sujet est impressionnante. Une première action est organisée le 4 mars devant le bureau de la députée à Québec et les messages sont clairs : les coupures ne passent pas, le PQ est hypocrite et Maltais nous ment.

Le 7 mars, le FCPASQ est rencontré par la Ministre pour tenter de calmer le jeu. Une rencontre qui ne calmera rien du tout. La Ministre n’offre aucune réponse aux questions de la délégation, elle explique que le changement d’âge pour une contrainte à l’emploi vient du changement qui s’opère sur le marché du travail mais n’offre aucune source pour se justifier. Le marché du travail change. Elle ne veut pas échapper personne. Pourtant, lors de cette rencontre, les représentantes des personnes assistées sociales lui ont amené plusieurs exemples de situations où des personnes « tomberaient entre les deux programmes » et la ministre n’avait rien à répondre. Notons d’ailleurs que lors de son passage à Tout le monde ne parle !, enregistré le soir de la rencontre, la Ministre a affirmé qu’elle n’en échapperait pas... beaucoup.

Une deuxième série d’actions auront lieu à Montréal, à Québec, à Sherbrooke et à Trois-Rivières le 13 mars. Encore une fois, la colère gronde. Ce qu’il y aura d’intéressant, c’est le nombre de personnes et de groupes alliés qui sortiront dans les médias pour donner leur appui à la dénonciation de ces coupures. Parce qu’il y a pire que d’appauvrir les pauvres : c’est d’appauvrir les pauvres en mentant à la population pour faire croire que cela n’arrive pas.

Bref ces coupures n’étaient pas nécessaires quoi qu’en dise la Ministre. N’importe quel avocat ou avocate vous le dira : l’idée de remplacer une contrainte temporaire par une mesure d’employabilité de 195$ par mois ne tient pas la route. Ce sont deux programmes très différents, car l’aide sociale est un droit universel à durée indéterminée, alors que les programmes d’employabilité ont une fin et qu’il n’y a pas de droit de recours en cas de refus. D’ailleurs, autre preuve que ces coupures n’étaient rien d’autres qu’une commande économique : ce que la Ministre tente de créer existe déjà dans la loi actuelle. En effet, lorsqu’une personne avec une contrainte temporaire à l’emploi embarque sur une mesure d’employabilité, elle perd sa contrainte et se retrouve avec son allocation pour la mesure.

La riposte continuera. Déjà les groupes se mettent ensemble pour organiser la suite des choses autant au niveau national que dans la région de Québec. Les groupes n’ont pas dit leur dernier mot. Pour une fois que le souhait général est de faire reculer le PQ ….

Prochaines actions :

Manifestation familiale le 6 avril à 13h30. Départ des coins Charest Est/de la Couronne. Pour informations : Marie-Ève Duchesne – ROSE du Nord – 418-622-2620

24 heures de résistance – Du 10 avril à midi au 11 avril à midi devant le Ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale (425, rue Saint-Amable). Grand rassemblement pour la fin du 24 heures le 11 avril à 11h00.

13 avril avril – Date de fin du 45 jours suite au dépôt du projet de règlements et date limite pour signer la pétition en ligne : https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-3619/index.html

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