Édition du 10 décembre 2019

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Mouvement syndical

Réaction de la CSN au budget

De bonnes cibles, mais un plan de relance trop modeste compte tenu de la crise économique

Formation des travailleuses et des travailleurs, soutien financier accru pour les entreprises, protection des réseaux de la santé et de l’éducation, aide aux petits épargnants et à la PME avec une augmentation de la déduction fiscale pour le fonds de travailleurs Fondaction, la CSN estime que le gouvernement du Québec identifie plusieurs bonnes cibles dans son budget 2009-2010.

« Nous saluons un des budgets les plus interventionnistes des dernières années. Particulièrement les sommes additionnelles destinées au Pacte pour l’emploi, à la sylviculture et à la recherche et au développement de nouvelles technologies », de souligner la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.

La CSN estime toutefois que le plan gouvernemental de relance est trop modeste pour faire face à la crise économique actuelle. « On ajoute seulement 250 millions aux mesures déjà annoncées cet automne. C’est nettement insuffisant. Le gouvernement aurait pu faire plus. On est loin du grand vent du sud du président Obama », de constater la leader syndicale. En additionnant les budgets fédéral et provincial, on se trouve en deçà de la cible du 2 % identifiée par le très conservateur Fonds monétaire international.

Le déficit annoncé de 3,9 milliards de dollars représente 1,3 % du PIB. En comparaison, le déficit de 5,8 milliards atteint lors de l’exercice 1994-95 représentait 3,4 % du PIB. Ce plan trop timide pour la CSN sera suivi d’un régime minceur avec une croissance anémique de 3,2 % à compter de 2010-2011.

« Imaginez si nous sommes encore en récession l’an prochain. Cela annonce un train de coupures budgétaires totalement inacceptable. Le gouvernement tente de nous convaincre qu’il a beaucoup investi dans les services publics, que ceux-ci seraient arrivés à maturité et qu’ainsi nous devrions arrêter tout développement et nous contenter de les consolider. Nous ne souscrivons pas à cette thèse », de poursuivre Claudette Carbonneau. Plusieurs mesures nécessaires dans un contexte de vieillissement de la population comme le développement des services à domicile ou des places en centre d’hébergement manquent toujours à l’appel. Des efforts additionnels devront être consentis en éducation, spécialement au niveau supérieur, en environnement, en matière de transport en commun et de financement adéquat du Régime d’assurance parentale, pour ne nommer que ceux-là.

Ces compressions s’annoncent alors qu’une nouvelle convention collective devrait entrer en vigueur dans le secteur public après cinq années de décret incluant deux années de gel de salaire. Il ne faudrait pas qu’elles se fassent une fois de plus sur le dos des travailleurs de l’État. La tâche est extrêmement lourde dans les services publics alors qu’on connaît de graves pénuries de personnel. La rémunération globale accuse un retard important de l’ordre de 15,4 % sur les autres salarié-es québécois selon l’Institut de la statistique du Québec. Pour la présidente de la CSN, « Faire preuve d’un esprit d’ouverture et de réalisme, c’est aussi prendre en compte ces réalités. »

« Le gouvernement s’est lui-même privé d’une marge de manœuvre de près de 5 milliards de dollars à travers des baisses d’impôt. Il est d’ailleurs ironique de le voir proposer une hausse de la TVQ, en vue d’un retour à l’équilibre budgétaire, alors qu’il avait repoussé cette mesure au moment où le gouvernement fédéral avait libéré un espace fiscal », de poursuivre la présidente de la CSN.

Pour la centrale syndicale, le plan de remise à niveau de l’équilibre budgétaire est d’autant plus inquiétant qu’il cible principalement deux mesures en plus de la compression des dépenses : l’indexation des tarifs et la hausse de la taxe de vente, sans autre forme de débat public et après avoir fait mine de tabletter le rapport Montmarquette. « La CSN appelle à un exercice beaucoup plus large. Il ne s’agit pas simplement de rééquilibrer les dépenses publiques, mais de donner au Québec une base budgétaire qui assure le développement économique et la pérennité des services publics et des programmes sociaux, et ce, dans une perspective d’équité fiscale. Le dernier grand débat de société sur la fiscalité remonte à 1996. L’heure est venue de nous livrer à un tel exercice d’autant plus que la crise actuelle est due en bonne partie à la montée des inégalités et au sous-investissement social », conclut la présidente de la CSN.

La CSN représente plus de 300 000 travailleuses et travailleurs, et ce, tant dans les secteurs privé que public.

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