Édition du 18 juin 2019

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Luttes sociales

Russie

Deuxième round de la campagne « Justice pour les ôtages de Khimki ! »

Fin octobre ont été remis en liberté les deux jeunes ôtages de Khimki, après deux mois d’emprisonnement arbitraire. Mais la bataille n’est pas finie : pour que l’affaire de Khimki ne se transforme pas en procès de tous les militants connus pour leur prise de position citoyenne, pour que Alexey Gaskarov et Maxim Solopov soient déclarés non coupables, la campagne doit se poursuivre. Il faut exiger la fermeture de l’affaire de Khimki et la reconnaissance de l’innoncence des deux inculpés dont le procès doit avoir lieu dans les prochaines semaines. Rappelons qu’ils risquent jusqu’à 7 ans d’emprisonnement pour...

... Pour quoi ?

Les dégâts engendrés par l’action des quelques 400 jeunes venus à Khimki le 28 juillet soutenir la campagne des écologistes et habitants locaux pour la sauvegarde de la forêt et contre la construction de l’autoroute Moscou-St-Pétersbourg ne justifient guère une telle sévérité (rappelons qu’au final les deux inculpés risquent une peine allant jusqu’à 7 ans d’emprisonnement). Quelques carreaux cassés et des murs tapissés de tags ne font pas un « pogrom ».

Encore moins un acte « prémédité » et « organisé » par des meneurs...
Alexey et Maxim sont-ils coupables de leur engagement militant ? De leurs convictions antifachites ? Du soutien qu’ils ont apporté aux mouvements sociaux ? Ce serait alors le procès d’une jeunesse militante et indépendante. Ils paient pour l’affront porté au pouvoir, pour cette action symbolique témoignant du ras-le-bol de l’arbitraire des organes d’Etat et prenant pour cible la mairie de Khimki.

Ils paient parce qu’il n’y a pas de coupables à présenter aux autorités supérieures, les mouvements des jeunes – anarchistes, antifachistes, de gauche radicale, etc. – n’ayant ni structures, ni organisations formelles, ni commanditaires.

Ils paient parce qu’ils sont parmi les rares militants de cette mouvance à s’exprimer en public ouvertement et sans fard.

Ils paient parce qu’ils se sont rendus eux-mêmes à une entrevue-piège organisée par la police.

Ils paient parce la mairie de Khimki ne connaît pas d’autre moyen de garder la face, ne sait pas dialoguer avec ses concitoyens autrement que par la force (en deux ans de lutte pour la défense de la forêt de Khimki, les écologistes et habitants mobilisés n’ont jamais été admis à la table des négociations, par contre ils ont été menacés, victimes de passages à tabac...).

Ils paient parce que les forces de l’ordre, au lieu de s’occuper du maintien de l’ordre, étaient occupées, pendant le dit « pogrom », à disperser le camp de veille des écologistes dans la forêt de Khimki, et à protéger les agissements des jeunes bandits embauchés par le promoteur pour surveiller l’abattage des arbres.

Evguenia Tchirikova, leader du mouvement de défense de la forêt de Khimki, menacée par ces bandits et arrêtée le même jour par ces « forces de l’ordre », l’a dit dernièrement publiquement lors d’une conférence de presse : « Quand on est militant et qu’on s’en prend à une mairie on se retrouve emprisonné pour des mois, et quand on est bandit on ne risque rien ».

C’est contre cet arbitraire, cette leçon que le pouvoir tente de donner à tous les citoyens quelque peu mobilisés, qu’est menée depuis des mois la campagne pour la libération des ôtages de Khimki.

Les 17-20 septembre dernier ont eu lieu des Journées internationales pour leur libération, des actions ont eu lieu dans plus d’une dizaine de pays, y compris à Paris. En Russie, des rassemblements ont eu lieu à Moscou (300 personnes), St-Pétersbourg (200 personnes), et plus d’une dizaine d’autres villes. Des députés, hommes politiques, défenseurs des droits de l’homme, musiciens et artistes prennent position pour la libération des ôtages de Khimki. Une pétition a été adressée au président Medvedev.

Cette première campagne a abouti à la remise en liberté d’Alexey et Maxim, ce qui est déjà un grand succès, mais il reste à obtenir justice. Les autorités doivent mettre un terme aux répressions contre tous les participants à la manifestation et les défenseurs de la forêt de Khimki. Les charges contre Alexeï Gaskarov, Maxime Solopov et les autres militants doivent être abandonnés. L’affaire de Khimki doit être clôturée !

C’est pourquoi la campagne se poursuit. Le bras de fer doit se terminer par l’acquittement d’Alexey et Maxim, il en va de l’avenir des mouvements sociaux en Russie. En cas contraire, exprimer publiquement ses convictions et s’engager pour une quelconque cause deviendra criminel.

Appel à la participation aux Journées internationales de solidarité avec les ôtages de Khimki : Khimki : Journées de solidarité 2.0 11

Suivez les mises à jour sur le site web de la Campagne pour la libération des otages de Khimki http://khimkibattle.org

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