Édition du 24 novembre 2020

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Économie

En 2009, on s’attend à un recul généralisé des principales économies du monde

La Jornada

Les principales économies du monde connaîtront un important recul en 2009. On prévoit déjà la perte de 50 millions d’emplois ce qui nourrit une menace croissante pour la stabilité politique du monde.

Tous les indicateurs pointent vers une aggravation de la crise au niveau mondial, vers une détérioration accélérée de la situation qui surprend les économistes.

La Réserve fédérale des États-Unis a réduit aujourd’hui une fois de plus ses prévisions de croissance pour cette année. Elle prévoit une contraction entre 0,5 et 1,3 pour cent de la croissance et un taux de chômage entre 8,5 et 8,8 pour cent pour 2009. L’économie fera face à une période de récupération inhabituellement lente et prolongée.

Le même scénario se reproduira dans d’autres pays développés, annonce aujourd’hui le Washington Post. L’économie britannique connaît sa plus forte baisse depuis presque 30 années, le Japon la pire depuis 35 ans et l’Allemagne la pire des 20 dernières années.

Comme l’affirme l’Institut de Politique économique, à partir de la base de données du Fonds Monétaire International, les principales économies connaîtront une croissance négative : de moins 1.2 pour cent pour le Canada jusqu’à moins de 2.8 pour cent pour le Royaume-Uni, moins de 1.7 pour cent pour l’Espagne.

Cela conduit à des licenciements massifs tant aux États-Unis que dans le reste du monde, et chaque jour on annonce des reculs plus importants. L’Organisation Internationale de Travail (OIT) a prévu la perte de 50 millions emplois et la chute dans la pauvreté absolue de 200 millions de personnes en 2009.
Il y a quelques jours, un des titres du New York Times affirmait : « Des pertes d’emploi présentent une menace à la stabilité au niveau mondial ». L’article parlait de protestations et de manifestations provoquées par cette situation dans plusieurs régions du monde. Il rappelait que le directeur des services de sécurité des États-Unis avait souligné que la principale menace à laquelle fait face ce pays est l’instabilité politique croissante résultant de la crise économique.

Général Motors et Chrysler ont affirmé aujourd’hui que les conséquences de la crise sont beaucoup plus grandes que celles qu’ils pronostiquaient il y a deux mois. Ils ont annoncé que leur plan de relance incluait 50 000 licenciements de plus, la fermeture de nouvelles usines en Amérique du Nord et la demande de milliards de plus au gouvernement. Les entreprises ont élevé leur demande de fonds publics à un total de 39 milliards. General Motors a déjà reçu jusqu’à
maintenant 13,4 $ milliard, et Chrysler 4$ milliards.

Tandis que le gouvernement de Barack Obama évaluait s’il fallait ou non sauver l’industrie automobile, colonne vertébrale de l’économie américaine durant le XXe siècle, le président a promulgué mardi son gigantesque plan de stimulation économique d’environ 800 milliards de dollars. Aujourd’hui, il a annoncé un autre plan de 75 milliards dans le but d’aider quelque 9 millions de familles à réorganiser leurs hypothèques pour éviter de perdre leurs maisons.

Pour leur part, les capitaines de l’industrie financière se plaignent que le montant prévu pour leur sauvetage ne sera pas suffisant et ils ne sont pas convaincus de sa pertinence. Hier, ils ont souhaité la bienvenue à la promulgation du plan présidentiel par un effondrement de presque 300 points à la Bourse de valeurs de New York.

Malgré l’arrogance implicite des rescapés de Wall Street qui se plaignent que le plan de sauvetage est insuffisant, le problème est selon des économistes qui sont des conseillers du gouvernement d’Obama et qui ont parlé avec La Jornada sous condition d’anonymat, les analystes en Wall Street ont raison : on aura besoin de plus, peut-être beaucoup plus, tant du côté des de stimulants économiques comme pour le sauvetage du secteur financier.

« Nous sommes en territoire inconnu… Tout économiste qui continue à croire ce qui il a cru il y a cinq ans est dans l’erreur. Le défi est d’être suffisamment audacieux pour réduire le gigantesque recul et de le faire avec des règles d’un jeu que l’on ne connaît pas ».

Mais le jeu continue et est mené par les responsables de la crise qui prennent encore des décisions sans savoir comment y faire face . Parmi ces personnes, il faut mentionner l’actuel secrétaire du Trésor des États-Unis, Timothy Geithner, qui était le président de la Réserve fédérale de New York alors qu’éclatait la crise, et le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Lawrence Summers, qui, pendant la présidence de Clinton, a été un des auteurs de la déréglementation du secteur financier qui a contribué au déclenchement de cette crise.

De fait, la revue Time a récemment publié une liste des 25 personnes accusées de la catastrophe économique. Évidemment l’ex-président George W. Bush, mais aussi Bill Clinton puisque pendant son adminiatration on a effectué beaucoup de dérèglementation dans le monde financier qui ont préparé la scène pour les excès des années récentes.

On mentionne aussi Ángelo Mozilo de Countrywide qui a favorisé le développement de la crise hypothécaire ; l’ex-sénateur Phil Graham qui pilotées des législations qui ont détruit les protections imposées après la grande dépression pour éviter qu’on retombe dans une situation similaire ; l’ex-chef de la Réserve fédérale, Alan Greenspan ; l’ex-secrétaire du Trésor, Hank Paulson ; l’ex-dirigeant de la gigantesque compagnie d’assurances AIG, Joe Cassano ; l’ex-chef de Citigroup, Sandy Weill, pour ce qui est personnalités des plus connues. La liste s’allongera sûrement.

La Commission Valeurs et des Changes (C.V.C.) a accusé hier à R. Allen Stanford - un des hommes les plus riches de la planète, selon Forbes- d’une fraude massive en rapport avec la vente de quelques 8 milliards de dollars de certificats de dépôt. Le cas, s’il est avéré, serait une des plus grandes fraudes financières de l’histoire du pays, deux mois après que la CVC ait accusé le financier Bernard Madoff d’orchestrer une escroquerie de 50 milliards, a rapporté Washington Post.

Le Post a affirmé que Stanford a été un des donateurs les plus généreux pour des législateurs fédéraux de haut rang. Quelle coïncidence ! Ces derniers, sûrement, disent aujourd’hui qu’ils défendront les millions de personnes victimes du chômage provoqué par ces opérations qui ont débouché sur la crise.

À l’heure actuelle, ils veulent que nous pensions qu’il existe une justice dans ce pays pense un chauffeur de taxi africain en écoutant un journaliste qui parle de Madoff et des spéculateurs qui ont fait éclater cette crise. Si un homme pauvre entre dans un supermarché et vole deux oranges parce qu’il a faim, ils l’amèneront rapidement en prison, mais si un financier vole des milliards, le gouvernement trouvera des milliards dans nos poches pour lui venir en aide. Un jour nous allons nous tanner et nous allons nous débarrasser des riches et de leurs politiciens.


tiré du site Rebelion, traduit de l’espagnol par Bernard Rioux

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