Un piquetage se déroule devant l’installation située au 11 rue Roy, afin d’interpeller la population et dénoncer l’impasse persistante dans les négociations de la convention collective.
Des reculs exigés par l’employeur
Au cœur du conflit se trouve la volonté de l’employeur de modifier la clause sur les pauses payées, un droit actuellement reconnu à l’ensemble du personnel. Le changement proposé limiterait la pause payée aux journées de plus de six heures, ce qui priverait certaines travailleuses d’un droit acquis, notamment les éducatrices qui viennent en soutien auprès des groupes qui accueillent des enfants avec des défis particuliers. Cet enjeu fait d’ailleurs l’objet d’un dossier en arbitrage.
« On nous demande clairement d’accepter un recul sur nos conditions de travail. Ce sont des droits de base, et on refuse qu’ils soient amputés, surtout dans un milieu déjà sous pression », déclare Véronique Mantha, présidente du syndicat local.
Conditions inacceptables et gains conditionnels
Les travailleuses réclament aussi que des heures de planification et d’encadrement pédagogique soient inscrites clairement à la convention collective. Bien qu’elles aient accepté un compromis à une heure par mois, l’employeur conditionne ce gain au retrait d’un grief actuellement en arbitrage, une exigence jugée inacceptable par le syndicat.
La reconnaissance des années de service, notamment pour les travailleuses de 20 ans et plus, demeure également en suspens. Là encore, l’employeur lie toute avancée à des conditions incertaines et au retrait de griefs, sans garantie réelle de financement.
« Ce qu’on nous propose, ce sont des gains conditionnels, fragiles, et au prix de reculs ailleurs. Ce n’est pas une négociation équitable, et c’est pourquoi nous sommes en grève aujourd’hui », ajoute Véronique Mantha.
Un mandat clair des membres
Les membres ont adopté un mandat de grève à 87 % lors d’un vote tenu le 29 septembre dernier. La grève d’aujourd’hui constitue un moyen de pression pour forcer un véritable déblocage des négociations. « Une autre journée de grève est prévue le 28 janvier. Nous aimerions vraiment ne pas avoir à user de ce mandat et d’arriver à un règlement rapidement au bénéfice des travailleuses, mais aussi des familles de notre CPE », conclut Véronique Mantha, présidente du syndicat local.
En terminant, le syndicat rappelle que la convention collective des membres en grève est échue depuis le 31 mars 2024. Ce qui signifie que les salaires sont les mêmes depuis près de trois ans dans un contexte économique inflationniste, notamment pour les denrées de base.


Un message, un commentaire ?