À quelques jours du congé pascal, l’une des périodes les plus achalandées, ce conflit de travail affectera grandement l’approvisionnement des 1000 magasins du groupe Metro à travers le Québec, particulièrement en produits frais.
« Nous avons mis toutes nos énergies pour en arriver à un règlement au courant du week-end », souligne le président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des épiciers unis Metro-Richelieu-CSN, Matthieu Lafontaine. « Nous avons retiré plusieurs demandes pour nous concentrer sur nos priorités, nous avons fait plusieurs contre-propositions, mais, malgré cela, l’employeur demeure à des années-lumière de ce que les travailleuses et les travailleurs souhaitent obtenir, soit un rattrapage important du pouvoir d’achat perdu au cours des dernières années. »
Comme leur dernière convention collective a été négociée avant la pandémie et que l’inflation a depuis frappé de plein fouet, les 550 travailleuses et travailleurs demandent un rattrapage salarial important. Des questions liées à la sous-traitance du transport dans un contexte de « chauffeurs inc. », à la santé et la sécurité au travail et à la protection du télétravail pour les employé-es du siège social sont également en jeu.
La présidente de la CSN, Caroline Senneville, rappelle que le salaire d’entrée à l’entrepôt (à 20,29 $ l’heure) et au siège social (à 19,88 $ l’heure) ne permet pas aux employé-es d’affronter la hausse du coût de la vie des dernières années. « Metro est une entreprise québécoise qui a amplement profité, au fil des ans, de la montée du prix du panier d’épicerie. Il est temps que ces profits soient partagés avec les travailleurs et les travailleuses qui ont rendu possible cette croissance. »
« Depuis 2019, le chiffre d’affaires a crû de 28 % et les profits ont augmenté de 39 % », indique le président de la Fédération du commerce-CSN, Serge Monette. « Les dividendes aux actionnaires ont progressé de 56 %, alors que le président et chef de la direction du groupe, Eric La Flèche, a bénéficié d’une augmentation salariale de 37 %. Pour cette même période, les employé-es n’ont eu droit qu’à 11 % d’augmentation salariale. »
Le président du Conseil central du Montréal métropolitain-CSN, Bertrand Guibord, souligne pour sa part que les grévistes de Metro pourront compter sur l’appui de l’ensemble du mouvement CSN pendant toute la durée du conflit. « À la CSN, la solidarité est forte et notre fonds de défense professionnelle nous permet de répondre à l’intransigeance des employeurs. Tant que les travailleuses et les travailleurs de Metro n’auront pas obtenu une entente satisfaisante, ils pourront compter sur tout notre soutien ! »





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