Au moment même où le gouvernement annonce un gel salarial de deux ans et des augmentations méprisantes de 1 % pour les trois années suivantes pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses du secteur public, il annonce qu’il fera ce cadeau aux nouvelles directions. La CSN déplore le fait que le fossé entre les travailleurs, les travailleuses et les cadres du système de santé se creuse davantage. « Il faudrait constamment que les salarié-es démontrent leur bonne volonté et fassent leur juste part, à coup de gel salarial et de coupes d’effectifs, alors que les dirigeants et dirigeantes sont avantageusement considérés par le gouvernement, ce qui se traduit par une hausse de rémunération, sans parler de leurs généreuses indemnités de départ quand leur mandat se termine », s’indigne Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.
Le ministère semble justifier cette hausse par l’augmentation de la charge associée à ces nouvelles fonctions. « Les travailleurs et les travailleuses subissent une surcharge de travail sans cesse croissante au fil des compressions et tout ce qu’on leur propose, c’est de s’appauvrir. Avec ces augmentations de salaire pour les nouveaux PDG, le gouvernement nous indique surtout le peu de considération qu’il a pour le personnel du secteur public », se désole Jeff Begley, président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui regroupe près de 130 000 membres dont plusieurs sont touchés par les récentes fusions des établissements de santé et de services sociaux.
« Plusieurs nouveaux grands patrons de ces CISSS proviennent des agences régionales de santé et de services sociaux où des centaines de leurs anciens employé-es sont dans l’incertitude la plus complète sur leur avenir comme professionnels. Il semble plus urgent pour le ministre Barrette de donner des augmentations à sa nouvelle garde rapprochée », déplore Michel Tremblay, président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), qui représente notamment 850 professionnel-les qui étaient affectés aux agences qui ont été supprimées le 1er avril dernier.

