Édition du 16 juin 2020

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

L’Institut économique de Montréal tente d’appâter les infirmières et les infirmiers afin de les attirer vers le secteur privé

La CSQ et la FSQ dénoncent le prétendu caractère d’organisme de charité de l’ Institut économique de Montréal (IEDM) et dénoncent avec fermeté le questionnaire en ligne qu’il a lancé afin de connaître l’intérêt des infirmières et des infirmiers du Québec à aller travailler dans le secteur privé.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ) dénoncent avec fermeté le questionnaire en ligne lancé par l’Institut économique de Montréal (IEDM) afin de connaître l’intérêt des infirmières et des infirmiers du Québec à aller travailler dans le secteur privé, et invitent l’IEDM, qui se définit comme un organisme de charité auprès du ministère fédéral du Revenu, à s’occuper réellement d’œuvres caritatives et à mettre fin, une fois pour toutes, à sa croisade pour détruire les services publics au Québec.

Acharnement contre les services publics

Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, se dit renversé de constater avec quel acharnement l’IEDM revient continuellement à la charge pour tenter d’affaiblir les services publics au Québec, dont notre système public de santé.

« Cette enquête est une manœuvre de plus de ce groupe de pression de droite pour tenter d’appâter les infirmières et les infirmiers du secteur public afin de les attirer vers le secteur privé. Le plus malheureux et vicieux dans cette opération, est que si l’IEDM réussit ainsi à convaincre des infirmières et des infirmiers de déserter le secteur public, cela se fera au détriment des gens les moins bien nantis et ayant des revenus moyens puisque la pénurie d’infirmières et d’infirmiers dans le secteur public ne fera que s’aggraver. À l’inverse, la classe aisée de notre société, qui a les moyens de se payer des soins de santé, en sortira gagnante puisqu’elle aura réussi à détourner pour son seul service des infirmières et des infirmiers qui étaient jusqu’à présent au service de l’ensemble de la population, peu importe l’importance de ses revenus », analyse M. Parent.

Un think tanks de droite caché derrière la charité

Le président de la CSQ n’en revient pas que l’IEDM, un groupe de pression de droite qui se cache derrière un statut officiel d’organisme de charité, puisse mettre en branle de telles opérations qui vont à l’encontre des intérêts réels de la majorité de la population.

« L’IEDM défend les intérêts des groupes privés qui le financent, en retour de quoi ils reçoivent un reçu aux fins d’impôt à titre de don de charité. C’est complètement absurde. Cet organisme abuse de son statut pour permettre à de puissants groupes financiers, qui souhaitent mettre la main sur nos services publics, de sauver de l’impôt tout en finançant des campagnes de désinformation en faveur d’une privatisation dont ils seront les grands profiteurs et bénéficiaires », dénonce M. Réjean Parent.

Les œuvres de charité de l’IEDM ?

Le dirigeant syndical ne comprend pas que Revenu Canada continue de fermer les yeux sur le cas de l’IEDM, qui réussit année après année à conserver son statut d’organisme de charité, alors que les seules idées qu’il avance visent continuellement à appauvrir un peu plus les gens à faibles et moyens revenus pour accroître d’autant la richesse des mieux nantis.

« Si la définition qu’a l’IEDM de la charité est un système de santé à deux vitesses dont la plus rapide est pour les riches, et l’autre, la baisse du salaire minimum, alors nous avons un sérieux problème. Chose certaine, si nos gouvernements appliquaient les idées de l’IEDM, alors il y aurait assurément de plus en plus de gens pour qui la charité serait le seul recours pour survivre. C’est peut-être pour cela que l’IEDM se prétend un organisme de charité. Pourtant, cela n’a rien à voir avec la définition que retient Revenu Canada pour accorder un tel statut », ironise le président de la CSQ, M. Réjean Parent.

Mise en garde aux infirmières et aux infirmiers

Pour sa part, la présidente de la FSQ-CSQ, Mme Monique Bélanger, met en garde l’ensemble des infirmières et des infirmiers du Québec contre les objectifs cachés derrière l’enquête de l’IEDM.

« Les infirmières et les infirmiers doivent savoir qu’en lançant une telle enquête, l’IEDM n’entreprend pas une démarche désintéressée, pas plus qu’il n’est motivé par le bien public, comme le prétend son porte-parole. En fait, cet institut a, à la présidence de son conseil d’administration, Mme Hélène Desmarais, de la famille Desmarais de Power Corporation. Comme par hasard, ce puissant groupe financier aurait énormément à gagner de la privatisation des soins de santé, puisque Power Corporation est propriétaire des deux plus importantes compagnies d’assurances privées au Canada, soit la Great-West et la London Life », prévient Mme Bélanger.

Une enquête à ignorer

La présidente de la FSQ-CSQ invite donc les infirmières et les infirmiers à ignorer l’enquête de l’IEDM.

« La mission de privatisation des soins de santé, que s’est donnée l’Institut économique de Montréal, est contraire aux valeurs de la majorité des infirmières et des infirmiers du Québec. Ils souhaitent plutôt le renforcement d’un système public de santé, universel, accessible et gratuit, au sein duquel ils pourront travailler avec des conditions de travail et salariales plus humaines et acceptables qu’actuellement. Nous devons nous battre pour changer cette situation et non pas contribuer à l’aggraver en augmentant la présence du privé dans le secteur de la santé », termine Mme Monique Bélanger.


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