C’est également un moment pour exiger, à nouveau, du gouvernement du Québec qu’il fasse en sorte que la réglementation en santé-sécurité s’applique entièrement à tous les secteurs sans exception. », a déclaré le vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Roger Valois.
Rappelons que depuis quelques années, le mouvement syndical souligne le 28 avril, Journée internationale de commémoration des travailleuses et des travailleurs morts ou blessés au travail.
Décès au Québec
Au Québec, l’an dernier, 207 personnes sont décédées à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, selon les statistiques de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). C’est un mort de plus qu’en 2006.
Tableau des types de lésion par années d’acceptation du décès. 2005 : accident de travail : 105 ; Maladie professionnelle : 118. 2006 : accident de travail : 113 ; maladie professionnelle : 93. 2007 : accident de travail : 82 ; maladie professionnelle : 125.
Principales causes et principaux secteurs
Les maladies reliées à l’exposition à l’amiante (96), aux accidents de transport (34), aux contacts avec un objet ou de l’équipement (23), à l’exposition à la silice (15), et aux chutes (11), figurent parmi les principales causes de décès. On a aussi recensé trois morts à la suite de voies de fait et actes violents.
Le secteur de la construction est toujours le plus meurtrier : 54 décès en 2007 contre 39 l’année précédente. D’autres secteurs comme les mines, les carrières et les puits de pétrole (23), la première transformation de métaux (22), et l’administration publique comptent aussi leur lot de morts.
Les cas d’amiante
« Parmi les décès recensés, on en remarquera plusieurs causés par l’amiantose. Ces décès ne touchent pas uniquement des mineurs, comme on pourrait le penser. De plus en plus de travailleurs de la construction, de la rénovation et de la démolition qui sont en contact avec des produits contenant de l’amiante, tels les plombiers, meurent de l’amiantose », a précisé Roger Valois. Selon le vice-président de la CSN, « le gouvernement du Québec doit agir. Il doit exiger des contracteurs qui ont à manipuler des produits contenant de l’amiante, qu’ils obtiennent une accréditation les autorisant à traiter l’amiante. Il faut que ces entrepreneurs se conforment aux bonnes façons de travailler avec l’amiante, comme nous l’avons fait dans les mines. Ils doivent aussi être bien équipés », croit-il.
Nos revendications syndicales
Près de 30 ans après son adoption, la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) ne s’applique pas entièrement pour 85 % des travailleuses et des travailleurs du Québec. C’est un véritable scandale !
Pour améliorer la santé et la sécurité au travail, la CSN revendique :
– que le gouvernement applique à tous les secteurs, sans exception, la réglementation prévue à la LSST et en particulier ses outils de prévention (formation d’un comité paritaire de santé et de sécurité, nomination de représentantes et de représentants à la prévention, ainsi que l’élaboration des programmes de prévention et de santé ) ;
– que le nombre d’inspecteurs à la CSST soit augmenté. Il y a actuellement environ 300 inspecteurs.
Objectif : prévention !
D’ici à ce que la réglementation s’applique à tous les secteurs, il faut pouvoir agir localement, pouvoir intervenir. Continuons de déployer des efforts requis pour négocier des clauses de convention collective permettant du temps de libération pour faire de l’action syndicale en santé et en sécurité au travail.
Dans le monde : plus de deux millions de décès
Selon des données fournies par la Confédération syndicale internationale (CSI), dont fait partie la CSN, plus de deux millions de femmes et d’hommes perdent la vie chaque année des suites d’accidents du travail ou à cause du travail. Plus de 1,2 million de femmes et d’hommes sont blessés et plus de 160 millions tombent malades chaque année à cause d’un travail ou d’un lieu de travail peu sûr, malsain ou insoutenable. On estime à 270 millions le nombre d’accidents qui se produisent bon an mal an.
Un mort au travail, c’est un mort de trop ! Un accidenté au travail, c’est un accidenté de trop ! Le 28 avril, ne les oublions pas !
Les origines du 28 avril
1991 : Sous l’impulsion du mouvement syndical, le gouvernement du Canada adopte la loi proclamant le 28 avril « Jour de deuil national ».
1996 : Les Global Unions ont allumé une bougie aux Nations Unies en mémoire de nos camarades morts à cause du travail et pour promouvoir le travail décent et un lieu de travail décent.
2004 : La Confédération internationale des syndicats libres (CISL), organisation fondatrice de la Confédération syndicale internationale (CSI) avec la Confédération mondiale du travail, proclame le 28 avril « Journée internationale ».
2005 : Les démarches sont entreprises pour demander aux Nations Unies d’adopter la date du 28 avril.
2006 : Au congrès de fondation de la CSI, auquel a participé la CSN, on lance un appel à la reconnaissance et au suivi du 28 avril.
2008 : Le mouvement syndical souligne pour une 13e année consécutive le 28 avril.
Le 28 avril est officiellement reconnu par 14 pays et territoires : Argentine, Belgique, Bermudes, Brésil, Canada, République dominicaine, Espagne, Grèce, Luxembourg, Panama, Pérou, Pologne, Portugal et Taiwan.
La Confédération des syndicats nationaux (CSN) compte plus de 300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.
Téléchargez le dépliant de la CSN pour en savoir plus >
Source : CSN - 28 avril 2008

