Édition du 11 mai 2021

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Politique canadienne

Le FRAPRU remet une pétition de 27 226 noms s'opposant à la fin des subventions fédérales à 600 000 logements sociaux

Quelque 27 226 personnes ont signé une pétition réclamant que le gouvernement fédéral s’engage, dès maintenant, à maintenir les subventions à long terme qu’il accorde à 600 000 logements sociaux au Canada dont 127 000 au Québec. C’est ce qu’a révélé le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), un regroupement québécois pour le droit au logement, lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée aujourd’hui sur la Colline parlementaire à Ottawa. Le FRAPRU a précisé que 24 464 signatures proviennent du Québec, alors que les 2 762 autres ont été recueillies à Winnipeg, au Manitoba, par le groupe Right to Housing.

Trois députés d’opposition se sont joints au FRAPRU pour la conférence de presse. Il s’agit de Marjolaine Boutin-Sweet, députée d’Hochelaga et porte-parole du Nouveau parti démocratique en matière de logement, de Justin Trudeau, député libéral dans le comté de Papineau, et de Maria Mourani, députée du Bloc québécois dans celui d’Ahunstic. Les trois députés se chargeront de déposer officiellement les pétitions à la Chambre des Communes.

600 000 logements en jeu

Le FRAPRU précise que la presque totalité des logements sociaux réalisés avant 1994 l’ont été par le biais d’ententes financières à long terme avec le gouvernement fédéral. En vertu de ces ententes, Ottawa verse, depuis des décennies, des subventions qui permettent entre autres aux locataires à faible revenu de payer un loyer fixé en fonction de leur revenu.

Or, ces subventions ont commencé à prendre fin. Pour l’instant, seule une minorité des logements et des locataires concernés a été touchée, mais ce nombre augmentera considérablement dans les années à venir. Le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, s’en inquiète : « En 2012, 597 800 logements sociaux reçoivent toujours des subventions fédérales. C’est 26 000 logements de moins qu’il y a quatre ans. Selon les prévisions mêmes de la Société canadienne d’hypothèques et logement, dans quatre ans, ce nombre tombera à 525 000 en 2016. C’est 73 000 de moins que présentement et 99 000 de moins qu’en 2008. Or, dans bien des cas, ce sont les locataires à faible revenu qui écoperont, puisque plusieurs se retrouveront à payer deux ou trois fois plus cher pour leur loyer qu’ils ne le font présentement ».

Il ajoute que le Conseil du Trésor évalue à 21,7 millions $ les sommes que le gouvernement fédéral épargnera en 2012-2013 en raison de la fin des subventions à long terme pour les logements sociaux existants. À terme, vers 2030, ces économies se chiffreront à 1,7 milliard $ par an, soit 85 % de l’ensemble du budget fédéral en habitation. François Saillant s’en scandalise : « Comment le gouvernement conservateur de Stephen Harper peut-il envisager d’économiser sur le dos des locataires à faible revenu et de leur droit au logement, alors qu’il continue de s’acharner envers et contre tous de vouloir dépenser de 25 à 30 milliards $ pour l’acquisition et l’entretien à long terme de 65 avions F-35 ? ».

De l’argent pour la rénovation des logements

La pétition déposée aujourd’hui à la Chambre des Communes réclame par ailleurs que le gouvernement fédéral prévoit « des budgets suffisants pour assurer la rénovation, l’amélioration et la modernisation de tous les logements sociaux (HLM, coopératives d’habitation et logements sans but lucratif) ».

Selon le FRAPRU, le gouvernement fédéral accorde présentement des budgets nettement insuffisants aux provinces et aux territoires pour l’entretien de leurs HLM et de leurs autres logements sociaux, alors que ceux-ci datent de plusieurs décennies et sont souvent en très mauvais état. Dans le cas des coopératives et des autres logements sans but lucratif qui vieillissent tout autant, Ottawa ne leur a offert des subventions à la rénovation que pendant deux ans, à la faveur du Plan d’action économique du Canada, mais plus un sou n’est disponible à cet effet depuis le 1er avril 2011.

Le FRAPRU entend poursuivre ses pressions. Une grande manifestation nationale est prévue à Montréal, le dimanche 27 mai. Des actions se dérouleront autour de cette date ailleurs au Canada.

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