Édition du 21 septembre 2021

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Éducation

Liberté académique - La reconnaissance est la clé, selon la CSQ et la FREUQ-CSQ

MONTRÉAL, le 31 août 2021 - « Inscrire au centre de ses travaux l’enjeu de la précarité en emploi au sein des universités du Québec en accordant une attention particulière aux impacts des différents statuts d’emploi sur la liberté académique. »

Telle est l’une des recommandations du mémoire présenté ce matin par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec (FREUQ-CSQ) devant la Commission scientifique et technique indépendante sur la reconnaissance de la liberté académique dans le milieu universitaire. En ce sens, elles déplorent l’absence d’une personne chargée de cours d’expérience, provenant idéalement des sciences sociales, parmi les membres de la Commission, comme souligné également à maintes reprises par différents partenaires.

De plus, pour les organisations syndicales, la liberté académique doit reposer, entre autres, sur la reconnaissance de l’expertise disciplinaire du personnel chargé de cours et de l’impact des différents statuts d’emploi. « Il est essentiel que la liberté académique soit mieux ancrée dans les conventions collectives et, lorsqu’elle est déjà présente, que son principe soit réellement appliqué et respecté par les gestionnaires de tous les paliers », souligne Mario Beauchemin, vice-président de la CSQ.

La liberté académique doit également être davantage soutenue et valorisée au sein des universités du Québec. « Selon nous, le moyen le plus efficace pour y arriver est celui de l’élaboration, en comité regroupant l’ensemble des membres de la communauté universitaire, d’une politique interne à chacune des institutions. Les politiques adoptées dans le cadre de la Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur en sont un bon exemple », ajoute Vincent Beaucher, président de la FREUQ-CSQ.

L’importance d’une loi-cadre

Bien qu’il apparaisse fondamental que toute politique interne soit élaborée de façon autonome « par et pour » les membres de chacun des milieux, certaines balises doivent clairement être déterminées. À cet égard, l’une des douze orientations du mémoire déposé consiste à « recommander au gouvernement du Québec l’adoption d’une loi-cadre sur les universités, dont l’objectif serait de définir les assises du contrat social entre les universités et la société québécoise, et le cadre de référence entre les universités et l’État ».

« Nous croyons que cette loi-cadre pourrait être rassembleuse en statuant clairement la mission de l’université québécoise ainsi que ses principes fondamentaux et les moyens pour les mettre en œuvre. À notre avis, l’élaboration d’un tel outil législatif doit résulter d’un véritable exercice démocratique axé sur la collaboration et la concertation entre les membres de la communauté universitaire, les citoyennes et citoyens et le gouvernement », souligne Mario Beauchemin.

L’importance du collectif

Outre l’élaboration d’une loi-cadre, la CSQ et la FREUQ-CSQ jugent que divers moyens doivent être mis en œuvre pour mieux protéger la liberté académique dans les universités. Par exemple, des formations obligatoires pourraient être offertes pour les étudiantes et les étudiants, les différentes catégories de personnel et les gestionnaires.

Selon Vincent Beaucher, « l’université, en tant qu’employeur, doit prendre ses responsabilités en voyant au maintien d’environnements où les conditions de travail sont réputées saines et sécuritaires, tant physiquement que psychologiquement ».

En somme, pour les organisations syndicales, il est nécessaire de se distancier de deux logiques qui leur semblent contre-productives, voire dommageables, pour la communauté universitaire : la logique punitive, qui vise plus souvent les enseignantes et les enseignants précaires, et la logique clientéliste, qui défavorise, encore une fois, ce personnel pourtant essentiel à la mission universitaire. C’est pourquoi elles proposent la mise sur pied réelle - appuyée par les ressources financières nécessaires - de mécanismes de résolution de litiges constructifs pour l’ensemble de la communauté universitaire et reconnus par tous les acteurs du milieu.

Pour consulter le mémoire, cliquer ici.

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