Édition du 3 mars 2026

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Médias

Nouveau point sur la repression et la situation des journalistes au Burkina

Nous avions déjà alerté, en avril 2025, sur ce même blog, des multiples atteintes à la liberté de la presse au Burkina Faso depuis le putsch dirigé par Ibrahim Traoré. Nous faisons aujourd’hui un nouveau point.

Tiré du blogue de l’auteur.

Nous donnerons quelques informations sur les difficultés de la presse au Burkina, qui subit de nombreuses attaques sous la dictature d’Ibrahim Traoré. Et dans deuxième temps, nous donnerons des informations personnalisée sur la situation d’une vingtaine d’entre eux, certains se trouvant en grand danger. Enfin nous alerterons sur les menaces qui pèsent sur le centre de presse Norbert Zongo, resté indépendant depuis sa création, véritable lieu de rencontre, de formations, d’information des journalistes où a toujours soufflé un vent de liberté et de lutte pour la liberté de la presse. Le point précédent d’avril 2025 est à https://blogs.mediapart.fr/bruno-jaffre/blog/290425/dix-journalistes-enleves-et-disparus-au-burkina

Quelques informations sur la presse au Burkina

Commençons par un rapide retour, sur cette riche et longue histoire de la gestation d’une presse diversifiée, après des années de combat des médias, de la société civile et de certains partis politiques.

Le 19 décembre 1998, le journaliste Norbert Zongo, était assassiné avec des armes de guerre, par des soldats du triste RSP (régiment de sécurité présidentielle), le bras armé du régime de Blaise Compaoré. Il enquêtait sur un assassinat d’un employé, torturé à mort, de François Compaoré le petit frère de Blaise Compaoré, qu’il avait livré à des tortionnaires du RSP. L’assassinat du journaliste Norbert Zongo, sonna le réveil du mouvement social burkinabè qui n’a plus cessé, jusqu’à l’insurrection de 2014, de se révolter contre le régime, obtenant, à chaque soulèvement, des avancées significatives vers un peu plus de liberté. La presse était peu à peu devenue bien plus libre qu’elle ne l’est aujourd’hui.

La dictature d’Ibrahim Traoré n’a eu de cesse de détruire la justice et la presse, depuis son arrivée au pouvoir. Ce qu’il justifie par la lutte contre le terrorisme qui ne souffrirait aucune contestation du régime. Le Conseil supérieur de la communication, organisme totalement indépendant, auparavant géré collectivement par la presse a été repris en main. Ses animateurs, choisis par leurs collègues, sont nombreux parmi ceux que nous citons ci-dessous, comme les premières victimes de la répression du régime. Plusieurs titres ont disparu, comme l’Évènement ou Bendré, les autres étant totalement muselés. Il reste deux journaux d’investigation, Courrier Confidentiel et le Reporter. Ils savent qu’il ne faut pas enquêter sur les malversations de ce nouveau régime, de plus en plus militarisé, qui part en ce moment à l’assaut de l’économie. Un des médias en ligne les plus importants, lefaso.net s’est vu intimé l’ordre de ne plus accepter de critiques du régime dans les commentaires des articles ou régnait un des derniers espaces de liberté.

La presse est restée toujours fragile financièrement. L’arrivée d’internet, si elle a multiplié les titres, n’a fait qu’augmenter le phénomène. Les médias d’État, le quotidien Sidwaya et la TNB (télévision nationale burkinabè) font exception. Transformés en instrument de propagande, grassement financés par l’État, leur fonction est de vanter les projets et réalisations du pouvoir, dont la réalité est difficile à évaluer. La plupart du temps, ils communiquent sur les zones « libérées » mais évitent les informations sur le front. Mieux, ils transforment régulièrement des défaites de l’armée en victoire, comme ils viennent de le faire lors de l’attaque de la ville de Titao, dans le nord pays, dont la presse internationale et les réseaux sociaux, se sont fait l’écho, se soldant par la mort de dizaines de soldats et de VDP (volontaires pour la défense de la patrie), souvent en première ligne. Pendant ce temps. Les réseaux, les sont envahis de vidéos illustrant la permanence d’attaque du JNIM (Al Qaïda) particulièrement actif en ce moment ou de l’EIGS (Etat islamique).

La répression n’épargne pas les réseaux sociaux. De nombreux internautes, souvent méconnus sont enlevés pour avoir fait des publications hostiles au régime, et disparaissent, laissant leur famille sans nouvelle. La peur s’est installée et peu de Burkinabè restés au pays s’aventurent à exprimer leur opposition au régime. Les opposants très nombreux sur la toile, résident le plus souvent hors du Burkina. Mais la plupart des Burkinabè expatriés restent silencieux de peur de menaces contre leur famille ou craignant de ne plus pouvoir rentrer au pays comme ils le font régulièrement.

Depuis notre dernier article, plusieurs journalistes ou chroniqueurs ayant été enlevés ont été libérés. Certains, comme plusieurs militants de la société civile, ils avaient été envoyés au front. Ce ne serait qu’une simple application d’une loi de réquisition, selon le régime, alors que de nombreux volontaires pour intégrer les VDP ne sont appelés. Les enrôlements de force, se justifieraient pour faire connaitre la réalité de la guerre, à ceux qui critiquent le régime. Pourtant il leur est interdit aux journalistes libérés, de raconter ce qu’ils ont vu, ce qui n’est autre que le rôle d’un journaliste. Tous menacés, évidemment aucun ne s’aventure à s’exprimer en public. La seule personne s’y étant essayé, le docteur Arouna Louré, médecin anesthésiste, réquisitionné de force pour aller au front en septembre 2023, libéré trois mois après, a été de nouveau enlevé pour avoir réaffirmé, dans une déclaration publique, ses critiques au régime, accompagnées de propositions alternatives pour une transition inclusive. Aucune nouvelle de lui ne sont est parvenue depuis

Voilà comment petit à petit la peur s’est installée dans le pays. Difficile d’apprécier dans de telles circonstances la réalité du soutien à ce régime.

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Les journalistes réprimés ou inquiétés par le pouvoir

Journalistes enlevés et portés disparus

Atiana Serge Oulon, Directeur de publication du journal L’Évènement, est enlevé à Ouagadougou le 24 juin 2024 et porté disparu. Le 20 juin 2024, le CSC a suspendu, pour une période d’un mois sur tous ses supports de publication du journal d’investigation L’Evénement suite à la publication de l’article « 400 000 000 FCFA des VDP détournés : Le capitaine BOENA s’en est allé avec son témoignage », paru dans son numéro du 10 juin 2024. L’instance de régulation des médias a ordonné à L’Evénement de supprimer sans délai l’article incriminé de tous ses supports numériques. Quatre jours plus tard, le 24 juin 2024, Atiana Serge Oulon, est enlevé, au petit matin devant les membres de sa famille, alors qu’il s’apprêtait à se rendre au procès que le journal a intenté contre Adama Siguiré pour diffamation et injure. Rejetant la sanction du CSC, le journal va saisir le Tribunal administratif de Ouagadougou. Dans son jugement rendu le 11 juillet 2024, le Tribunal ordonnera la suspension de la décision du CSC et condamnera l’instance de régulation à lui payer la somme de 500 000 francs CFA (environs 760 euros). Une décision qui ne sera pas appliquée. La remise en liberté d’Atiana Serge Oulon a été annoncée à plusieurs reprises par des activistes du pouvoir. Son lieu de détention reste inconnu, mais nous savons qu’il a été gravement torturé, risquant de graves séquelles selon des informations fiables qui nous sont parvenues. Les tortionnaires ont tenté d’obtenir les sources de son article.

Bienvenue Apiou Kouara, de radio Bagrépole FM, est enlevé le 17 juillet 2024 à Bagré, dans le centre du pays et porté disparu. Bagrépole a été créée pour accompagner le pôle de développement de Bagré, dans le centre est du Burkina, à la suite de la création du barrage du même nom. Bienvenue Apiou s’était faire remarquer en couvrant pour radio Omega, créée en 2011, les manifestations qui ont conduit au départ du président Compaoré, en 2014. Il était alors une des figures de cette nouvelle forme de journalisme, au cœur de l’action, relatant les faits en direct.  

Idrissa Barry, journaliste est enlevé le 18 mars 2025 à Saaba dans les locaux de Mairie de Saaba (près de Ouagadougou), où il avait rendez-vous, porté disparu depuis. Son enlèvement est intervenu après la publication, le 14 mars 2025, d’une déclaration du Mouvement Sens (dont il est l’un des membres dirigeants) dénonçant des massacres de populations civiles à Solenzo. Il fut par ailleurs, un des initiateurs du Balai citoyen. Il a longtemps collaboré comme journaliste au mensuel MUTATIONS, dont il travaillait à la renaissance.

Mamadou Ali Compaoré, journaliste enlevé le 24 décembre 2024 à Ouagadougou et porté disparu. Ancien membre du Conseil supérieur de la communication (CSC), ancien chroniqueur médias, plutôt proche de la mouvance soutenant Blaise Compaoré, Mamadou Ali Compaoré est enlevé, devant ses proches, le 24 décembre 2024. On est sans nouvelle de lui depuis cette date.

Moussaba Sarena de Fil Infos (https://filinfos.net) et Oméga Médias, est enlevé à Ouagadougou le 10 août 2025 et porté disparu. Le 30 juillet 2025, il avait posté, sur la page facebook, d’Oméga Médias dont il était administrateur, un article (adapté d’une brève diffusée sur Radio Oméga) relatif au décès de l’influenceur burkinabè Alino Faso en Côte d’ Ivoire. Cette publication, comportait le terme « junte » pour désigner les autorités burkinabè. Le Conseil supérieur de la communication avait alors décidé de trois mois de suspension pour le groupe Oméga Médias pour « propos malveillants et discourtois vis-à-vis des autorités burkinabè » le 1er août 2025. L’auteur de la brève diffusée sur les ondes de la radio, Solomane Nikiéma, est interpellé le 9 août 2025 et libéré le 10 août 2025.

Les journalistes enlevés, envoyés au front puis libérés depuis

Phil Rolland Zongo, de la radio Fémina FM, est enlevé à Ouagadougou le 23 mars 2025 et envoyé au front. Il avait lu l’Appel à la libération des journalistes enlevés lors de la clôture du congrès de l’AJB le 21 mars 2025. Il est enlevé le 23 mars 2025 et fera quatre mois d’enrôlement forcé avant d’être libéré le 21 juillet 2025.

Guézouma Sanogo, journaliste détaché à la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB), enlevé à Ouagadougou le 24 mars 2025 et envoyé au front. Président de L’AJB, l’association des journalistes burkinabè, il avait dépeint la situation des médias et des journalistes, dénonçant la chape de plomb sur eux et appelant à la libération des confrères enlevés lors de la cérémonie de clôture de son congrès le 21 mars 2025. Sur les réseaux sociaux, les soutiens du pouvoir (BIR-C NDLR : Brigades d’intervention rapide de la communication), ont procédé alors à un lynchage médiatique contre lui et appelé à son enlèvement. Il sera enlevé le 24 mars 2025 aux environs de 10H30, au CNP-NZ (Centre national de presse Norbert Zongo), et envoyé au front. Il est libéré le 21 juillet 2025 après quatre mois d’enrôlement forcé dans l’Armée pour combattre les terroristes. L’AJB a été dissoute quelques jours après.

Bakari Ouoba, Coordonnateur du CNP-NZ, enlevé quasi situation de perte d’emploi au Centre national de presse Norbert Zongo où il assure le poste de Coordonnateur. En effet, l’exécution des activités du CNP-NZ a été suspendue suite à la suspension et au retrait de certains partenaires, après la dissolution de l’AJB décrétée par le gouvernement burkinabè. Il avait aussi longtemps collaboré comme journaliste au mensuel MUTATIONS.

Luc Pagbelguem, de la télévision BF1, est enlevé à Ouagadougou le 24 mars 2025, dans ses locaux et envoyé au front. Quelques jours auparavant, il avait couvert la cérémonie de clôture du congrès de l’AJB et signé un reportage diffusé dans le JT de 19H30 du 22 mars 2025 de BF1. Il a été libéré le 17 juillet 2025, après quatre mois d’enrôlement forcé dans l’armée.

Journaliste enlevé, libéré, porté disparu depuis

Adama Bayala, journaliste, a été enlevé en pleine rue à Ouagadougou, le 28 juin 2024 à Ouagadougou. Il était journaliste en service à l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC) et chroniqueur de l’émission « Presse écho » de la télévision BF1. Adama Bayala est par ailleurs Président du Réseau national des consommateurs du Faso (RENCOF). Malgré sa libération dans la nuit du 16 au 17 septembre 2025, dans un état de santé critique, on est sans nouvelle de lui.

Journalistes enlevés, libérés depuis

Alain Traoré dit Alain Alain, de Oméga Médias, enlevé le 13 juillet 2024 à son domicile à Ouagadougou, par des individus armés encagoulés. Chef du Desk Langues nationales du groupe Oméga Médias, Alain Traoré dit Alain Alain, il animait aussi une émission satirique intitulée « Le défouloir d’Alain Alain ». Il a été libéré dans la nuit du 16 au 17 septembre 2024, après plus d’une année de captivité.

James Yazid Dembélé, animateur radio, enlevé à Bobo-Dioulasso dans la nuit du 12 au 13 janvier 2024. Animateur à la Radio municipale de Sya (Bobo-Dioulasso), James Yazid Dembélé est soupçonné, selon certaines sources, d’être à l’origine des fuites d’une conversation du responsable des services de renseignement avec des jeunes de la ville de Bobo-Dioulasso. Cette conversation a été publiée par la page Facebook « Henry Sebgo », le pseudonyme de Norbert Zongo, redoutée par le pouvoir qui a longuement cherché qui était derrière aurait été enlevé pour cette raison dans la nuit du 12 au 13 janvier 2024. Il a été libéré le 12 juillet2025, après six mois de captivité.

Journaliste licencié

Aboubakar Sanfo, journaliste détaché à la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB) est licencié le 19 décembre 2025. Il avait échappé de peu à son enlèvement le 24 mars 2024 au Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ), contrairement à deux de ses camarades, Guézouma Sanogo et Boukari Ouoba enlevés une heure plus tôt. Il rentrer alors dans la clandestinité. Afin de donner suite à un communiqué de mise en demeure de la RTB, en date du 7 mai 2025, l’invitant à reprendre service dans un délai de 10 jours, il se présente à la Directrice des ressources humaines de la RTB le 16 mai 2025. En l’absence du DG de la RTB, il laisse un courrier expliquant les raisons de son absence. Lors d’un appel téléphonique avec le DG, le 23 mai 2025, ce dernier lui signifie alors avoir demandé au Ministère de la communication de mettre fin à son détachement à la RTB. Aboubakar Sanfo exprime, le 26 mai 2025, sa volonté de se mettre à la disposition du Ministère de la Communication et remet au Ministre un courrier à cet effet. Plus de six après, il reçoit, le 20 janvier 2026, un arrêté de licenciement, signé par le Ministre de la Fonction publique, daté du 19 décembre 2025.

Journaliste victime d’une tentative d’enlèvement

Siriki Dramé, journaliste correspondant de BBC Afrique, est victime d’une tentative d’enlèvement le 10 avril 2025. Le même jour, une publication sur une page Facebook soutien du pouvoir, accuse Siriki Dramé de comploter, avec d’autres personnes, pour renverser le pouvoir en place. Le journaliste va être alors l’objet de recherches policières non officielles en vue d’une tentative d’enlèvement. Il entre en clandestinité avant de réapparaitre quelques semaines plus tard. Il semble être, de nos jours, libre de ses mouvements.

Journalistes en exil

Newton Ahmad Barry, est l’un des plus anciens journalistes du Burkina, parmi les pionniers de l’investigation. Il a connu Norbert Zongo. Après son assassinat, il intègre l’équipe de l’Indépendant, son journal l’Indépendant, en difficulté. Il démissionne alors de la RTB (radio télévision du Burkina) où il était présentateur du JT de 20 heures et grand reporter. En 2001, il est un des créateurs de l’Évènement dont il a été longtemps été le rédacteur en chef. Il est candidat à la présidence de la Transition mise en place après l’insurrection de 2014, mais n’est pas élu. En 2016, il devient Président la CENI (commission électorale indépendante), démissionnant alors de l’Évènement pour éviter les conflits d’intérêt. Dès l’arrivée d’Ibrahim Traoré, il subit de nombreuses attaques, dont des accusations de malversation, mais gagne tous les procès que lance contre lui Ibrahim Traoré Il est alors accusé de vouloir renverser le régime. Après le putsch au Niger, pour avoir défendu le président Bazoum, séquestré depuis le coup d’État. Newton Barry est accusé d’être un terroriste de la part du régime d’Ibrahim Traoré. Soumis à de nombreuses menaces, il choisit l’exil en France où vit sa femme et ses enfants. Sa famille restée au pays est alors victime de harcèlement, sa mère malade est expulsée de sa maison, ses neveux sont enlevés, torturés et disparaissent. Il écrit encore quelques articles dans l’Évènement avant qu’il disparaisse et publie de nombreux posts sur facebook très virulents contre la dictature.

Issiaka Lingani, journalistes, a été contraint à l’exil dès fin 2023. Le 6 décembre 2023, saisi par trois personnes réquisitionnées par les autorités (à savoir le journaliste Issiaka Lingani, Rasmane Zinaba et Bassirou Badjo du mouvement « Le Balai citoyen »), le Tribunal administratif de Ouagadougou a déclaré illégal l’ordre de réquisition des plaignants. Selon le Tribunal, il violait les droits à la liberté d’expression et de mouvement et qu’il représentait un risque pour l’intégrité physique de ces derniers et demandé que son exécution soit suspendue. Nonobstant cette décision de justice, l’on a assisté à des enlèvements et disparitions forcées de ces citoyens tentant de résister aux réquisitions illégales. C’est ainsi que le 2 novembre 2023, une douzaine de Burkinabè, dont un politicien, des web activistes, des leaders d’OSC et des leaders syndicaux, ont fait l’objet de réquisitions par l’Armée. Ces réquisitions ordonnaient leur enrôlement « à l’effet de participer aux opérations de sécurisation du territoire national » au sein des forces armées pour « compter du 7 novembre 2023 pour une durée de quatre mois ». Les journalistes Issaka Lingani, chroniqueur de l’émission « Presse Echos » de la chaine BF1, et Yacouba Ladji Bama, journaliste d’investigation, Directeur de publication du journal en ligne Bam Yinga, figurent sur cette liste. L’avis de réquisition de Issiaka Lingani indiquait qu’il suivrait une formation militaire de deux à trois semaines et qu’il serait déployé sur le terrain jusqu’en février 2024. Issiaka Lingani a décidé de s’exiler afin d’y échapper.

Yacouba Ladji Bama, du journal en ligne Bam Yinga, se résout à l’exil dès fin 2023. Il fait partie de la liste des personnes réquisitionnées le 2 novembre 2023, que nous avons évoqué au paragraphe précédent. Yacouba Ladji Bama, journaliste d’investigation, était l’un des journalistes les plus en vue du Burkina, ayant collaboré à diverses rédactions avant de créer son propre journal en ligne, dont il est Directeur de publication, Bam Yinga. Yacouba Ladji Bama a décidé de s’exiler pour échapper à sa réquisition forcée.

Boureima Ouédraogo, Directeur de publication du journal Le Reporter, victime de menaces choisit préféré quitter le pays en janvier 2024. Boureima Ouedraogo a été Président de la Société des Editeurs de la Presse privée (SEP) et à ce titre, un des animateurs du centre de presse Norbert Zongo.

Inoussa Ouédraogo, Directeur de publication du journal en ligne Bendre, Ce journal, l’un des premiers journaux indépendants, créé au début du régime de Blaise Compaoré s’est toujours revendiqué d’obédience « sankariste ». Il a aussi été Président de la Société des Editeurs de la Presse privée (SEP) et à ce titre animateur du centre de presse Norbert Zongo. Victime de multiples menaces, Inoussa Ouédraogo, Directeur de publication du journal Bendre a dû quitter le pays en 2023.

Lookmann Sawadogo, journaliste en exil depuis 2023. A la fin du procès de l’affaire « appel à incendier le palais du Mogho, d’une troublante affaire de projets d’incendier la palais du Mogho Naaba, le chef des Mossis du centre, où le tribunal l’a renvoyé pour fin de poursuite et au bénéfice du doute, le 7 juillet 2023, Lookman Sawadogo a choisi de s’exiler.

Menaces sur le centre national de presse Norbert - Zongo et contre les organisations de la presse et des journalistes

Depuis l’enlèvement des premiers responsables de l’AJB, la présence des Renseignements Généraux (RG) est remarquée au CNP-NZ. Des éléments y sont postés et épient le CNP-NZ et les organisations membres. Il faut ajouter à la liste de ses responsables cités plus haut, le gestionnaire, du centre Abdoulaye Diallo, producteur de film, créateur du festival ciné droit libre et de plusieurs festivals culturels. Il a dû quitter le pays après avoir reçu de nombreuses menaces.

A cela s’ajoute le retrait des principaux partenaires du CNP-NZ, privant les structures de financements et handicapant du coup les activités du centre et des structures qui l’animent.

La situation est aggravée avec la prise de mesures liberticides visant à contrôler et asphyxier les organisations de la société civile et les syndicats. En effet, avec l’adoption d’une nouvelle loi régissant les associations, la loi n° 11-2025/ALT du 17 juillet 2025 portant liberté d’association oblige les OSC, syndicats et ONG à ouvrir des comptes bancaires à la Banque du trésor pour y loger leurs ressources.

Nombreuses parmi les personnes citées laissent leur famille sans ressource. Les aides financières sont bienvenues. D’autres ayant perdu leurs emplois du fait du retrait de partenaires du centre, sont à la recherche d’emplois.

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