6 mars 2026 | tiré de l’Aut’Journal
https://www.lautjournal.info/20260306/nos-medias-patinent-avec-mark-carney
« Non ! Non ! Non ! se sont-ils exclamés. Il l’a tout simplement nuancée ». Bien plus, ils ne voyaient aucune contradiction entre son appui à l’agression et son discours de Davos.
À les entendre, ils n’ont retenu du discours que la phrase sur « la rupture de l’ordre mondial et le début d’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte. » Comme si le discours en était un d’approbation de cet état de fait.
Bien, au contraire, M. Carney affirmait : « Nous demeurons fidèles à nos principes quant à nos valeurs fondamentales : souveraineté et intégrité territoriale, interdiction du recours à la force, sauf dans les cas prévus par la Charte des Nations Unies, et respect des droits de la personne. »
Des principes et des valeurs ouvertement bafoués dans sa déclaration d’appui à la guerre.
Nous entrons dans une période trouble. L’ordre international ne tient plus. L’ONU est mise à l’écart. C’est la loi du plus fort. Sauf quelques rares exceptions, les dirigeants occidentaux courbent l’échine devant Trump. Nos éditorialistes et commentateurs politiques essaient de nous convaincre que c’est la bonne et seule attitude à adopter.
L’ordre constitutionnel canadien
Il n’y a pas que l’ordre international qui est jugé obsolète. L’ordre constitutionnel canadien l’est tout autant. Le gouvernement Carney a adopté le projet de loi C-5 (la loi visant à assurer l’unité de l’économie canadienne), qui permet de suspendre certaines lois, notamment celles protégeant l’environnement, les droits des Premières Nations et ceux des provinces, pour permettre la réalisation de « grands travaux d’intérêt national ».
Pour éviter une possible confrontation Québec-Ottawa, le gouvernement Legault a adopté une loi calquée sur la législation fédérale.
Le bar est ouvert pour les multinationales étrangères – et même pour le Département de la Guerre américain. Elles pourront piller les ressources naturelles canadiennes et québécoises, plus particulièrement les minéraux critiques, essentiels pour l’armement.
Les projets miniers vont se multiplier et, comme l’extraction demande beaucoup d’énergie, Hydro-Québec sera mise à contribution. Et les centres de données des géants du numérique disputeront aux minières l’énergie disponible.
Les entreprises manufacturières québécoises se voient déjà refuser les blocs d’énergie nécessaires pour leur expansion ou la décarbonisation de leurs activités. Dans nos médias, leurs requêtes sont au bout du compte ignorées.
Le Québec a régressé au statut de semi-colonie.
Le projet indépendantiste réduit à un référendum
Le projet vert de transition énergétique est abandonné, remplacé par la militarisation de l’économie. Le Québec – son gouvernement, ses élites et ses médias confondus – se contente de réclamer sa part des contrats militaires. Quel beau projet de société !
Le projet indépendantiste est porteur d’une alternative écologiste, pacifiste et progressiste à toute cette dérive militaire. Mais il est réduit, par nos médias, à un « débat » sur la tenue ou non d’un référendum.
Des médias dépendants
Selon l’adage, la première victime d’une guerre est toujours la vérité. Et cette vérité déformée ne se limite pas aux champs de bataille. On la retrouve dans l’achat de matériel militaire, l’octroi de concessions minières, les projets hydro-électriques et de multiples autres domaines, dont le contenu des médias.
Ce n’est pas sans lien avec le fait que les médias traditionnels dépendent des gouvernements pour leur financement. Au Canada, les subventions gouvernementales comptent pour 35 % de la rémunération des journalistes de La Presse+, du Devoir, des Coops de l’information, du Journal de Montréal et de Québec. De plus, le gouvernement autorise La Presse+ et Le Devoir, par le biais de leurs fondations, à émettre des reçus pour déduction fiscale à leurs donateurs.
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