Cette vaste phase de cinq semaines sera diffusée sur une multitude de plateformes télévisuelles et médias numériques. La pièce maîtresse est une vidéo d’animation 3D de 30 secondes qui évoque le chemin parcouru par l’électricité du barrage jusqu’au consommateur résidentiel. Ce parcours s’enlise dans un labyrinthe évoquant les problèmes qui affligent la société d’État, qui sont aussi des enjeux majeurs de la négociation en cours, notamment : privatisation, sous-traitance et mauvaise gestion.
« La privatisation est un poison à effet retardé », affirme Robert Claveau, président du SCFP 957. « Le danger est insidieux, puisque la population ne ressent pas encore les effets de cette dépendance grandissante au privé, mais dans quelques années, il sera trop tard pour revenir en arrière. Le contrôle énergétique aura échappé à l’État québécois, et donc à la population québécoise. Si l’on se souvient bien de l’entrée en politique du premier ministre Legault, la privatisation d’une grande partie d’Hydro-Québec faisait bel et bien partie de son approche politique et aujourd’hui, malheureusement, il en fait la démonstration à la population du Québec. »
Le symptôme le plus apparent de la privatisation est la sous-traitance. « Chaque chantier sous-traité représente une perte d’expertise interne accumulée au fil des décennies par les employés de métiers et les technologues, qui sont le maillon essentiel pour assurer la continuité du service », souligne Frédéric Savard, président du SCFP 1500. « La sous-traitance est censée être une solution d’efficacité, mais elle engendre des coûts plus élevés et une perte de qualité, ajoute Frédéric Savard. Il n’est pas rare que les employés syndiqués doivent reprendre le travail fait par les firmes privées. »
L’un des symptômes de la mauvaise gestion déplorée par les deux syndicats est la diminution volontaire et consciente des mesures de santé et de sécurité au travail par Hydro-Québec. Autrefois un leader mondial en la matière, Hydro-Québec a récemment assoupli les règles avec la révision de son Code de sécurité des travaux, ce qui inquiète grandement les travailleurs et travailleuses.
« Personne ne devrait risquer sa vie pour assurer la continuité du service. Chaque recul en santé et sécurité entraîne une hausse des accidents et des décès, notre histoire en fait foi. Sommes-nous vraiment prêts à revivre les années 70, quand trop d’employés perdaient leur vie au travail », de demander Frédéric Savard.
L’interférence politique chez Hydro-Québec et l’instabilité de la haute direction nuisent aussi à la gestion. « Trois PDG en quelques années, ça fragilise la cohérence et la performance de l’entreprise », souligne Robert Claveau.
Pour le SCFP, le chemin pour bâtir l’avenir énergétique du Québec est clair : « Il faut miser sur l’expertise interne, renforcer la santé et la sécurité, stabiliser la gouvernance et gérer avec rigueur, cohérence et efficience. »
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