Depuis plus de 30 ans, le Québec s’est doté de lois budgétaires parmi les plus restrictives au pays, notamment en matière d’équilibre budgétaire et de réduction de la dette. Résultat : malgré l’augmentation constante des besoins de la population, le réseau public est régulièrement soumis à des compressions qui fragilisent l’accès, la continuité et la qualité des soins et des services.
« On demande au réseau de faire toujours plus, avec toujours moins. En 2025-2026 encore, le financement accordé ne couvrait même pas l’évolution des besoins. Ce n’est pas une question de structure ; c’est un problème de priorités politiques », affirme Robert Comeau, président de l’APTS.
En février : faire de la santé une priorité non-négociable
L’APTS rappelle que le Québec traverse actuellement une troisième période d’austérité budgétaire en 30 ans, sous couvert de gestion « responsable » des finances publiques. Cette année encore, le personnel du réseau devra répondre aux besoins croissants de la population sans que le financement accordé par le ministère des Finances ne soit à la hauteur.
Pour le seul budget 2025-2026, l’APTS évalue à 1,1 G$ l’écart entre le financement réel du réseau et ce qui aurait été nécessaire pour mitiger l’impact de la croissance et du vieillissement de la population, de l’inflation et de l’évolution des pratiques cliniques. Un sous-financement qui se traduit directement par des services fragilisés, des listes d’attente qui s’allongent et une pression accrue sur le personnel.
Face à ce constat, l’APTS propose l’instauration d’un bouclier budgétaire : un cadre légal obligeant le gouvernement à financer la santé et les services sociaux à la hauteur des besoins réels de la population. Concrètement, ce bouclier repose sur trois piliers :
– l’évaluation annuelle de l’impact budgétaire de l’évolution des besoins, en tenant compte des changements démographiques, des pratiques cliniques et des projections d’inflation ;
– l’attribution de ce mandat à une instance indépendante, comme le bureau de la Vérificatrice générale ;
– l’obligation pour le ministère des Finances de rendre disponibles, à chaque budget, les sommes identifiées comme nécessaires.
« Instaurer un bouclier budgétaire, c’est envoyer un message clair : au Québec, la santé et le bien-être de la population ne sont pas des variables d’ajustement. Ce sont des priorités absolues, qui doivent être protégées contre les cycles d’austérité », souligne Émilie Charbonneau, 1re vice-présidente de l’APTS.
Et si on osait pour vrai ?
Pour l’APTS, il est temps de sortir du faux dilemme entre rigueur budgétaire et qualité des services. Si le Québec accepte depuis des décennies de se doter de règles strictes pour encadrer le déficit et la dette, il doit désormais faire preuve de la même rigueur pour protéger l’accès aux soins et aux services.
« Oser pour vrai, c’est reconnaître que la santé et le bien-être de la population méritent au minimum le même niveau de protection que les impératifs financiers. Le bouclier budgétaire est un choix politique clair, responsable et nécessaire », conclut Robert Comeau.





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