Édition du 9 juin 2026

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Syndicalisme

Procès d'Amazon : un haut dirigeant américain comparaît mercredi

MONTRÉAL, le 19 mai 2026 - Après une pause de quelques semaines, les audiences du procès d’Amazon reprendront mercredi devant le Tribunal administratif du travail (TAT). David Alperson, vice-président d’Amazon Logistics, sera appelé à la barre des témoins. Le dirigeant américain, basé à Nashville et responsable de l’ensemble des opérations d’Amazon en matière de livraison du « dernier mile », devra expliquer à la juge Irène Zaïkoff en quoi la fermeture des sept entrepôts québécois de la multinationale américaine n’avait rien à voir avec le processus de syndicalisation y ayant cours.

Le rôle de David Alperson dans la fermeture des entrepôts d’Amazon a été maintes fois souligné lors de ce procès. Au cours de son témoignage, le président d’Amazon Canada Fulfillment Services, Jasmin Begagic, a décrit M. Alperson comme son supérieur immédiat. C’est à lui qu’il rendait des comptes lors de la réorganisation des opérations de la multinationale dans les semaines suivant la syndicalisation d’un premier centre de distribution au Canada.

M. Alperson, qui supervise l’ensemble des opérations de livraison d’Amazon en Amérique du Nord, était personnellement tenu au courant des travaux effectués par le « Project Maple », chargé de réorganiser le réseau d’entrepôts et de livraison à l’automne 2024.

Selon le témoignage de Jasmin Begagic, c’est David Alperson lui-même qui l’aurait avisé de la décision de fermer les sept entrepôts d’Amazon situés au Québec, entraînant ainsi la perte de plus de 4 500 emplois.

Un « vaste subterfuge »

Cette décision constitue un « vaste subterfuge » visant à se soustraire à ses obligations prévues à la loi et à éradiquer toute présence syndicale au sein de l’entreprise, soutient la CSN dans sa plainte déposée le 20 février 2025. « La multinationale ne cesse pas ses activités de vente en ligne sur le territoire. Elle choisit de réorganiser ses activités dans le but d’éluder ses obligations d’employeur en vertu du Code du travail », précise la requête déposée en vertu des articles 12, 13, 14 et 53 du Code du travail.

« Il est clair pour nous que la fermeture des entrepôts d’Amazon visait principalement à freiner la campagne de syndicalisation en cours et la conclusion d’une première convention collective en Amérique du Nord », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.

« Illégale à plusieurs égards », la décision d’Amazon doit être infirmée par le tribunal, demande la CSN au nom de nombreux plaignants.

Puisque « les agissements d’Amazon s’attaquent à l’ordre juridique québécois [et] parce que cet employeur n’hésite pas à licencier des milliers de personnes afin de donner l’exemple », la CSN demande au tribunal d’ordonner la reprise des activités aux sept entrepôts visés par la plainte. Elle demande également que chaque employé-e reçoive plus d’un an de salaire en guise d’indemnité, en plus de dommages moraux et exemplaires.

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