Édition du 16 juin 2026

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Rendez-vous CSQ de l'éducation 2008 de la Capitale-Nationale : l'école publique doit affronter l'attrait de l'école privée et la baisse de l'effectif scolaire

Québec, le 29 avril 2008. – « La région de la Capitale-Nationale devra relever plusieurs défis éducatifs dans les prochaines années. Outre la baisse de l’effectif scolaire, qui aura un impact certain sur le financement des écoles publiques, on note que la part de l’école privée dans l’éducation augmente sans cesse dans la région depuis de nombreuses années. »

Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), M. Réjean Parent, était de passage à Québec aujourd’hui dans le cadre des Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008 afin de faire le point sur l’état de l’éducation dans les régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. Il était accompagné de la vice-présidente de la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), Mme Diane Benoît, du vice-président de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), M. Pierre Séguin, et du président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ-CSQ) et coordonnateur régional de l’événement, M. Denis Simard.

Une part qui augmente pour l’école privée

En conférence de presse, le président de la CSQ a rendu public un document d’une trentaine de pages brossant le portrait statistique des enjeux éducatifs de la Capitale-Nationale.

« On constate que dans la région de la Capitale-Nationale, l’école privée augmente sa part dans l’éducation plus rapidement qu’au Québec au détriment de l’école publique, ce qui n’est certainement pas rassurant. En effet, de 2003 à 2008, on remarque que nombre de jeunes francophones du secondaire sont inscrits à l’école privée, faisant passer la part du privé par rapport au public de 20,8 % à 22,7 %, comparativement à une moyenne provinciale qui se situe à 18,8 % », explique M. Parent.

Importante chute de l’effectif scolaire

Les écoles publiques de la région ne sont d’autant pas en mesure de laisser aller une partie de leur clientèle vers le privé dans la mesure où les prévisions de l’effectif scolaire sont plutôt pessimistes. En effet, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport prévoit une chute de l’effectif scolaire de 20,2 % d’ici 2021-2022.

« De 72 835 jeunes qu’on dénombrait en éducation préscolaire et en enseignement primaire et secondaire en 2002-2003, on en compterait plus que 58 108 en 2021-2022. Et, puisque le financement des commissions scolaires est directement lié au nombre d’élèves inscrits dans les écoles, il est évident que cette diminution significative aura des impacts financiers sérieux pour le réseau de l’éducation publique dans la région », met en garde le président de la CSQ.

Le recul le plus important se fera sentir à la Commission scolaire de Charlevoix, avec une diminution de 16,7 %, puis à la Commission scolaire des Premières-Seigneuries avec une perte de 9,7 % et à la Commission scolaire des Découvreurs avec une baisse de 8,6 %. Seule la Commission scolaire Central Québec connaîtra une hausse de son effectif scolaire passant de 4 398 élèves à 4 723 toujours pour la même période.

Évolution de l’effectif postsecondaire

L’évolution de l’effectif collégial est, elle aussi, instable dans la région de la Capitale-Nationale. En effet, entre 2000 et 2005, le nombre de jeunes inscrits, tant en formation préuniversitaire que technique, a chuté de 8,6 %, pour repartir à la hausse entre 2006 et 2010 et connaître à nouveau une tendance à la baisse après cette date. On prévoit que l’effectif devrait passer de 19 821 personnes en 2009 à 16 371 personnes en 2015.

« Après avoir connu une augmentation de son effectif étudiant entre 2002 et 2005, l’Université Laval doit prévoir une diminution à partir de 2008 qui pourrait représenter une chute de 10,1 % en 2020 comparativement à la situation en 2002. C’est une réalité qui pourrait frapper durement l’institution quand on connaît déjà la situation de sous-financement qui accable le réseau universitaire », commente M. Réjean Parent.

Pour ce qui est de la formation professionnelle, le nombre d’inscriptions, en forte hausse depuis le début de 1998-1999, représente une bonne nouvelle puisque la région de la Capitale-Nationale pourrait bientôt connaître une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. À l’inverse, la forte baisse de l’effectif étudiant de la formation technique, passée de 16 128 inscriptions en 1998-1999 à 12 505 en 2005-2006, soit une chute de 22,5 %, constitue une difficulté majeure pour la région. En effet, la structure de l’emploi dans la Capitale-Nationale commande des compétences de type technique.

Un taux de décrochage qui inquiète

Le coordonnateur régional du Rendez-vous CSQ de l’éducation 2008, M. Denis Simard, croit, pour sa part, que les acteurs de l’éducation de la région de la Capitale-Nationale devront également porter une attention particulière au taux de décrochage scolaire de même qu’au taux de diplomation.

« De 2001 à 2006, pendant que le taux de décrochage au Québec connaissait une faible diminution de l’ordre de 0,8 %, passant de 25 % à 24,2 %, il était à la hausse dans la Capitale-Nationale, passant de 18,9 % en 2001-2002 à 20,8 % en 2005-2006. Ce qui fait que la région est en troisième place des régions du Québec pour l’augmentation du taux de décrochage après la Mauricie et le Nord-du-Québec. Il y a donc là une tendance inquiétante qu’il faudra surveiller de très près », explique M. Simard.

Un taux de diplomation qui recule

M. Réjean Parent observe qu’à l’instar du décrochage, la situation de la diplomation avant 20 ans dans la région ne s’améliore pas, même si elle est supérieure à la moyenne québécoise.

« La région de la Capitale-Nationale affiche un taux de diplomation qui se situait à 76,1 % en 2000, à 72,9 % en 2005 et à 74,7 % en 2006. Cette chute indique que des efforts supplémentaires devront être faits pour assurer que plus de jeunes sortiront des écoles avec un diplôme en main. Mais cela ne pourrait se faire en comptant uniquement sur le travail et le dévouement du personnel de l’éducation : le gouvernement devra investir afin d’aider les intervenants en éducation de la région à mettre en œuvre des actions pertinentes, allant dans le sens d’une éducation de qualité pour toutes et tous et favorables à la réussite du plus grand nombre », indique en terminant le président de la CSQ.

Mots-clés : Communiqués

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