Calgary, Alberta – Une hausse des coûts, des pertes de revenu, une menace à la sécurité et une incertitude concernant les projets de construction d’une unité de cokéfaction, voilà quelques-unes des répercussions de la prolongation du lock-out de Pétro-Canada à la raffinerie de Montréal, ce qui est en train de menacer la valeur des actions de l’entreprise.
En effet, un rapport de recherche rendu public, aujourd’hui, à l’occasion de l’Assemblée des actionnaires de Pétro-Canada, à Calgary, par le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) présente des informations détaillées sur :
– les coûts financiers à court terme et les pertes de revenu provoqués par le lock-out ;
– l’augmentation des risques de sécurité qui provoqueraient de lourds coûts si un grave accident devait survenir ;
– l’incertitude quant à la construction d’une unité de cokéfaction à Montréal et ses possibilités de rendements financiers en regard des coûts d’un milliard de dollars.
Le rapport indique notamment que « la prolongation du lock-out est en train de créer une relation empoisonnée entre la compagnie et ses travailleurs syndiqués, ce qui aura des répercussions permanentes et risque d’affecter de façon négative la productivité de sa raffinerie de Montréal ».
Le 17 novembre 2007, la compagnie a mis en lock-out 258 travailleurs et travailleuses et les a remplacés par 139 employés cadres ainsi que par d’autres personnes qui dorment à même le site et travaillent plus de 70 heures par semaine pour faire fonctionner la raffinerie.
« Le personnel cadre est fatigué et stressé de travailler d’aussi longues heures à des tâches pour lesquelles la plupart d’entre eux manque de formation et d’expérience appropriées, ce qui génère un risque de sérieux accidents », a déclaré Joe Gargiso, coordonnateur du Programme national de négociation dans le secteur de l’énergie et vice-président administratif du SCEP-Québec.
Le rapport souligne que « des défaillances sur le plan de la sécurité se sont produites depuis le lock-out et la compagnie n’a pas suivi ses propres procédures internes de sécurité et n’a pas rapporté les incidents, tel que l’exigent les règlements gouvernementaux. Si de telles infractions à la sécurité devaient mener à un désastre, les coûts en pertes de vie et en pertes financières seraient importants.
Des similitudes existent entre les conditions actuelles à la raffinerie et une explosion survenue le 23 mars 2005 à la raffinerie de BP à Texas City aux États-Unis provoquant le décès de 15 personnes, des blessures à 180 autres et des pertes financières d’un milliard et demi de dollars US.
L’explosion de BP est considérée comme le pire accident industriel survenu aux États-Unis depuis près de 15 ans ».
Le rapport souligne aussi que la rémunération du président et chef de la direction est reliée à la performance au chapitre de la santé et de la sécurité. Or, la compagnie n’a pas expliqué correctement aux actionnaires comment, ni pourquoi, le président et chef de la direction a reçu la rémunération qu’il a reçue compte tenu de la performance de la compagnie au chapitre de la sécurité.

