Édition du 16 juin 2020

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Politique canadienne

Toronto Pipe Line, les liens et les retombées globales

« Notre campagne contre la ligne 9 est un élément essentiel de l’effort global fait pour lutter contre les changements climatiques. » C’est ce qu’a déclaré Ian Angus aux 150 participants du mouvement contre les sables bitumineux , à Toronto à la rencontre tenue le 7 avril dans la partie est de la ville.

(tiré du Blog de John Riddell - Traduction Luce Prévost)

Avril 2011

La ligne 9 est un pipeline âgé de 37 ans que le géant de l’industrie Enbridge corp veut modifier pour transporter les sables résiduels à travers Toronto. S’il réussit, Toront o pourrait devoir faire face à un déversement toxique semblable à celui subi à Mayflower en Arkansas.

De tels déversements ne sont pas rares . Sabrina Bowman du groupe de défense pour l’environnement le déclarait au cours de cette rencontre. « Juste cette semaine, il y a eu un déversement en Arkansas et au Texas , plus le déversement d’un train au Minnesota et à White River, plus une explosion et un déversement à Fort McMurray, en Alberta. Il y a 800 déversements par année en Alberta seulement a t-elle ajouté.

Mais comme quelques intervenants , l’ont souligné, le dommage causé pour les sables bitumineux à cause des pipelines défectueux n’est rien à côté du désastre engendré quand ils fonctionnent comme prévu. Si la « ligne 9 » continue et n’a pas de fuites, avertit Ron Plain membre de la Première Nation Aamjiwnaang, la pollution causée par l’extraction des sables bitumineux va « quand même tuer des citoyens dans le nord de l’Alberta ».

Le Canada une superpuissance de l’énergie ?

Déjà, les enjeux sont encore plus importants, a expliqué M Angus, éditeur de la revue Climats et capitalisme . Le gouvernement Harper a déclaré ses objectifs de faire du Canada une super puissance de l’Energie, en faisant l’extraction des sables bitumineux, le pétrole le plus sale de la planète. Les pipelines dans les sables bitumineux sont nécessaires pour convoyer le produit jusqu’au marché. Pendant ce temps, la Canada a, à plusieurs reprises été désigné par les environnementalistes comme « le pays qui a fait le plus pour retarder, paralyser et enrayer les efforts pour réduire les gaz à effet de serre » selon M. Angus.

« Le monde entier va payer le prix pour les obsessions du gouvernement Harper sur la question des sables bitumineux : des terres détruites, des rivières empoisonnées, des millions et des millions de morts. »

Ron Plain a fait un témoignage en résumant la description du désastre. Aamjiwnaang, située juste à côté des raffineries de la forêt de Sarnia souffre déjà du désastre de la pollution du pétrole, en vivant dans de que National Geographic et l’Organisation mondiale de la santé ont appelé « la place la plus contaminée du continent ».

M Plain a commencé à actionner la sonnette d’alarme à propos du projet « ligne 9 » il y a quatre ans. Durant le mouvement Idle no More pour la souveraineté des autochtones cet hiver, Ron s’est joint au mouvement Idle no more pour bloquer la voie ferrée du CN qui passe par la réserve Aamjiwnaang qui avait été mis sur pieds par d’autres membres de sa communauté. Ceux-ci l’ont élu comme leur porte parole.

Tentative pour criminaliser les dissidents

Le barrage des Aamjiwnaang s’est fait de façon pacifique et s’est finalement terminé par une entente avec les autorités locales. Bien que Ron n’était pas impliqué dans l’édification des barricades, et n’avait pas l’autorité pour les enlever, il a été désigné de façon vindicative par le CN, ( le pire pollueur de Sarnia, selon Ron) comme bouc émissaire pour aller en cour. Le juge a déclaré, avant d’écouter la preuve, que Ron devait s’attendre à des coûts de $200,000. La peine pouvait aussi comporter une détention de durée indéterminée.

Ron Plain est le seul activiste de Idle No More à devoir faire face à la justice.
« C’est une manœuvre claire pour criminaliser un dissident » et une menace pour nous tous,a déclaré Raul Burbano de Common Frontiers le 7 avril à une rencontre.

Ron s’est aussi adressé à un auditoire de 100 personnes au même rassemblement le jour suivant dans la communauté de West end junction. Les participants aux 2 événements ont recueilli des fonds de près de $2500, pour les frais de justice de Ron.

Plusieurs participants aux 2 rencontres ont claqué la porte au gouvernement Harper pour avoir tout fait pour rendre impossible aux habitants des deux communautés d’être entendus par le Bureau de l’Énergie Nationale (NEB) aux auditions sur la Ligne 9. Au lieu de simplement devoir envoyer une lettre, il faut d’abord remplir un formulaire complexe de 10 pages, de préférence appuyé par un résumé et une lettre de créance,et cela doit d’abord être accepté par les officiels du NEB. A noter que le NEB ne bloque à peu près jamais les représentants de l’industrie du pétrole.
« Nous ne pourrons pas arrêter le projet « Ligne 9 » avec les seuls moyens du NEB » affirme Sabrina Bowman. « Ce sont les gens réunis comme ici aujourd’hui qui pourront le faire ».

S’adressant à la réunion du West End, Keith Steward de Greenpeace a appelé la bataille de la Ligne 9 et les autres batailles contre les sables bitumineux , un cas patent de « lutte du peuple contre de gros taureaux ». Les fonds investis dans l’entreprise dévastatrice des sables bitumineux devraient être consacrés au développement des énergies renouvelables. Nous n’avons pas besoin du pétrole.

« En ce moment, le conflit du pipeline est un boulet à trainer » a dit M Stewart, « mais nous allons gagner. Et sans le pipeline, ils ne pourront pas répandre les sables bitumineux . Ainsi, nous protégeons les peuples indigènes de l’Alberta et le peuple de la terre. »

Il y avait une ambiance dans ces deux rencontres qui ne peut être facilement transmise dans un compte rendu écrit. Elles représentaient quelque chose de nouveau, un mouvement de sortie en dehors du centre de la région universitaire, là où la gauche de Toronto se réunit et organise des rencontres.

Ron Plain l’a dit simplement : « C’est super d’être dans le « Eat end ».En ville, on rencontre toujours les même personnes. Ici c’est un nouvel endroit avec de nouveaux visages. C’est stimulant ! »

L’organisation au niveau de la rue

Les rencontres se sont construites sur un nouveau modèle. On a monté des tables d’information sur les trottoirs de façon à susciter des discussions et organiser la distribution de l’info. Des articles ont été placés dans les journaux communautaires. Les représentants de comités ont été invités dans les églises pour discuter avec les communautés. Les comités de citoyens et les élus locaux ont été mis à contribution. Les tables d’information sur les trottoirs ont fait naitre des discussions. Enbridge avait tenté de camoufler l’affaire , ce qui fait que la majorité des passants n’étaient pas au courant de ce qui se passait à propos de la ligne 9 . Une petite minorité était farouchement en faveur de l’extraction des sables bitumineux : « c’est le seul espoir que le Canada possède » a dit un passant. « Nous avons besoin de jobs » disait un autre. « Contre les sables bitumineux ? Vous devez aimer l’Iran et les Palestiniens » ajouta un autre, se référant au sentiment anti musulman de Harper et son « huile éthique ».

Mais la majorité ont été choqués de prendre connaissance des projets d’Enbridge , se sont arrêtés pour signer la pétition et demander des info supplémentaires.

Le travail social fait sur Internet a aidé beaucoup mais c’est le contact à caractère plus traditionnel qui nous a amenés plus loin.

Nos supporteurs ont pris plusieurs initiatives nouvelles. Un amateur de pêche s’est rendu à une rencontre de passionnés de la pêche à la mouche et a reçu une réponse enthousiaste. Un autre a distribué des tracts à plusieurs reprises dans les marchés publics. Des placards ont été apposés
Sur des panneaux de ville, dans les cabines téléphoniques, sur les babillards des maisons appartements.

Selon nos calculs, plus de la moitié des 150 participants à la réunion du East end étaient de nouveaux protestataires, et plusieurs d’entre eux nous ont dit qu’ils venaient juste d’entendre parler de cette affaire par nos affiches ou par des amis.

Les gens en place en ont pris bonne note. Cinq élus du partie Néodémocrate ont assisté aux deux rencontres, et un élu du Parti vert a pris la parole dans une rencontre du East End .

Le East End Againts Line 9, organisateur de la rencontre, fait partie d’un plan de travail qui couvre toute la ville sur deux douzaines de comités sans buts lucratifs et groupes écologiques. Nos efforts conjoints au niveau des municipalités nous ont aidés à convaincre un conseil de ville divisé de participer aux auditions de la NEB . C’est une victoire que nous avons soulignée dans notre littérature. Le gouvernement provincial de l’Ontario a annoncé le 9 avril qu’il va en faire autant. Les politiciens sont en train de prendre la mesure de l’agitation de la population affectée.

Les rencontres des 7 -8 avril à Toronto ont démontré qu’un mouvement important est en train de se constituer autour de la question des sables bitumineux et des autres questions concernant les changements climatiques.

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