Le dimanche 4 janvier 2026, j’ai renvoyé un nouveau commentaire, en solidarité avec les peuples Vénézuélien et Ukrainien cette fois-ci. Depuis j’ai été « banni ». C’est du moins ce que je dois déduire de mes lectures du règlement de FB selon lequel, quand on est « banni » d’un groupe FB, on ne reçoit aucun message pour nous prévenir et il n’est plus possible d’accéder à la page du groupe. C’est mon cas.
Il s’agit peut-être d’erreurs de manipulation et dans tous les cas il n’y a là rien de bien choquant, d’original ou d’intéressant.
Toutefois, le fond de l’affaire mérite qu’on s’y attarde car il renvoie dans tous les cas à une opposition politique radicale sur la manière de lutter contre les impérialismes, sur la conception de la solidarité internationale et, notamment, de la solidarité avec nos camarades des gauches vénézuélienne, ukrainienne voire iranienne. Autant de sujets d’une brulante actualité pour tout·e militant·e de gauche.
Je n’ai pas gardé mon premier commentaire ; je ne pensais pas alors être « censuré ». Mais j’ai gardé le suivant.
De "l’impérialisme de gauche"
Le 4 janvier 2026, "À gauche" a publié un texte intitulé : "Voici comment repérer la gauche impérialiste" disponible ici sur YouTube.
Dans ce texte, "À gauche" s’insurge contre un billet du journaliste Edwy Plenel, cofondateur du journal de gauche, Médiapart. Plenel et son journal sont accusés d’être des représentants de « l’impérialisme de gauche », pour avoir mis de l’avant le fait qu’une partie de la population vénézuélienne est très peu solidaire d’un pouvoir « qui la terrorise depuis des années ».
Voici l’intégralité de mon commentaire « censuré » qui commençait par un extrait du texte d’« À gauche » :
- « En mettant en avant la défiance interne envers le pouvoir [vénézuélien] au moment précis de l’agression, Mediapart fait exactement ce que fait la gauche impérialiste : elle désarme politiquement son camp, elle rend l’ingérence « compréhensible ».
* AH BON !? Il faudrait donc, comme les fachos ou les staliniens, passer sous silence les dissensions et appeler à l’Union sacrée ? Curieuse façon, pour dire le moins, d’envisager la lutte contre l’impérialisme… Curieuse façon, d’autant plus que « À gauche » ne cesse de « mettre en avant la défiance interne »… à Zelensky, en Ukraine. Deux poids, deux mesures ? Pour quelles raisons ? ».
Certes, le parallèle avec les pratiques des fachos et des staliniens peut froisser. Mais sachant qu’« À gauche » s’autorise à qualifier ses opposant·es « d’impérialistes de gauche », on est en droit de penser que le commentaire n’a pas été retiré pour des questions de politesse.
À l’impérialisme "d’À gauche"
Dans tous les cas, sur le fond, il est incontestable que pour « À gauche », la lutte contre l’impérialisme étatsunien nécessite de mettre en sourdine les revendications et les critiques de nos camarades vénézuélien·nes contre le régime corrompu, liberticide, antisocial, sexiste, transphobe de Maduro et maintenant de celui de la maduriste-trumpiste, Delcy Rodriguez.
Comme si relayer ces revendications étaient incompatibles avec la lutte contre l’impérialisme. Et comme si le retour de Maduro au pouvoir contribuerait d’une quelconque façon à la lutte contre l’impérialisme et à l’émancipation des peuples.
De même qu’« À gauche » passe méthodiquement sous silence les revendications de nos camarades ukrainien·nes qui ne cessent de réclamer des armes pour se défendre contre les drones et les missiles de l’impérialisme Russe.
Comme si relayer cette revendication était incompatible avec la lutte contre l’impérialisme. Et comme si la défaite de l’Ukraine contribuerait à la lutte contre l’impérialisme et à l’émancipation des peuples.
Un anti-impérialisme contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
De fait, pour « À gauche », les premiers concernés, à savoir nos camarades vénézuélien·nes ou ukrainien·nes, ne méritent pas d’être écouté·es et d’être entendu·es au même titre que les tyrans qui se prétendent anti-impérialistes.
La défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est ainsi secondarisée au nom d’une prétendue lutte "anti-impérialiste" définie de très loin par des stratèges qui se qualifient surement de "décoloniaux", mais bien à l’abris de la répression du régime de Maduro et de ses épigones comme des drones et des missiles russes.
Aussi, en taisant ou en mettant en sourdine les revendications de nos camarades socialistes, féministes ou syndicalistes, les responsables d’« À gauche » se rendent de facto complices non seulement de l’impérialisme étatsunien qui, comme eux, appelle à taire les oppositions et à soutenir Delcy Rodriguez, mais également de l’impérialisme russe qui, comme eux, appelle à taire les appels à l’aide et à la résistance de nos camarades ukrainien·nes.
Et en toute logique, "À gauche" devrait nous proposer la même censure des revendications de nos camarades en Iran, au nom de la lutte contre l’impérialisme étatsunien ou israélien cette fois-ci.
Dans ce contexte de mise en sourdine des revendications des peuples en lutte par une partie de la gauche, il nous semble au contraire important de faire connaitre et de diffuser les appels internationalistes, comme, par exemple, l’appel à la solidarité de nos camarades ukrainien·nes de Sotsialny Rukh avec le peuple Vénézuélien ou l’appel unitaire des syndicats français, qui invite à lutter contre « la fascisation actuellement partout dans le monde », c’est-à-dire contre l’Axe Trump/Poutine, contre tous les tyrans et aux côtés de TOUS les peuples, de la Palestine à l’Ukraine, en passant par l’Iran, le Groenland, le Soudan, Taïwan ou le Vénézuéla.
Camile Popinot
camille.popinot@gmail.com
Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.
Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.
Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :
Abonnez-vous à la lettre






Un message, un commentaire ?