Son départ se veut une façon de calmer le jeu et de tenter de sauver son parti du désastre qui pointe à l’horizon. Mais quels que soient les calculs politiques de Legault, son départ d’ici quelques semaines, le temps que la CAQ lui trouve un successeur, ouvre une fenêtre stratégique pour le mouvement d’opposition syndical et populaire. Il s’agit de profiter de la faiblesse actuelle du gouvernement pour forcer le retrait de ses multiples lois et projets de lois liberticides notamment le projet de constitution affaiblissant les libertés fondamentales connu sous le nom de PL1 et les lois antisyndicales 3 et 9, sans parler des autres projets contestés par de multiples organisations et mouvements populaires. Il faut écarter toute illusion sur la reprise d’un « dialogue social » avec ce gouvernement. Il faut le forcer par la mobilisation à retirer ses projets de lois réactionnaires.
Sachant très bien que le prochain gouvernement risque de perpétuer ces mêmes politiques antisyndicales et antipopulaires, il s’agirait en même temps d’envoyer un signal clair au patronat et aux partis proches des milieux d’affaires comme quoi la résistance ne baissera pas les bras devant toutes tentatives de briser les mouvements sociaux et les contre-pouvoirs démocratiques.
Le coup de grâce asséné à François Legault fut sans aucun doute le succès de la grande manifestation syndicale et populaire du 29 novembre dernier avec plus de 50,000 personnes mobilisées dans les rues de Montréal. C’est cette amorce d’un large front populaire qu’il faut maintenir et accentuer dans les prochains 9 mois. Déjà des voix dans le mouvement syndical et communautaire s’élèvent pour proposer une escalade de moyens de pression aboutissant à des actions plus militantes, possiblement une grève sociale, autour du 1er mai. Certains proposent l’automne, en pleine période pré-électorale, comme l’aboutissement idéal d’une telle mobilisation.
La revendication de base de la mobilisation des prochains mois doit être le retrait des multiples lois liberticides. Aux tentatives de jouer les secteurs populaires l’un contre l’autre, il faut riposter par une politique claire et affichée d’unité populaire.
La clé réside dans la préparation des mobilisations par des campagnes d’éducation populaire à la base dès cet hiver tant dans les syndicats locaux et les milieux de travail que dans les quartiers populaires et les organisations communautaires. Dès le printemps, des actions « dérangeantes » peuvent être lancées dans les milieux qui seraient prêt à le faire. Des mobilisations plus importantes peuvent d’ores et déjà être prévues autour du 1er mai avec des actions nationales ainsi que régionales. Le fil conducteur serait une escalade des moyens de pression aboutissant à une grève sociale mobilisant lieux de travail, quartiers populaires et régions.
La préparation d’une grève sociale et notoirement difficile dans notre contexte légal et notre régime de relations industrielles mais l’ampleur des attaques lancées par la CAQ avec l’objectif clair et affirmé de briser les mobilisation syndicales et populaires doit être contré massivement.
À ces attaques historiques, il faut répondre par une mobilisation tout aussi historique.







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