Cette plainte en vertu des articles 3, 12, 109.1 et 109.3 du Code du travail fait suite au rapport de deux inspectrices du ministère du Travail qui concluaient, le 22 avril dernier, que Metro avait eu recours à des briseurs de grève, en plus d’avoir outrepassé les mesures d’exception prévues dans le Code du travail en ayant recours à des briseurs de grève pour sortir de l’entrepôt de fruits et légumes des produits non périssables à court terme.
« Malgré les conclusions très claires du ministère du Travail, Metro continue de clamer qu’elle respecte les lois. Nous savons que c’est faux et nous en ferons la preuve devant le Tribunal : Metro, une entreprise bien de chez nous, a contrevenu au Code du travail en embauchant des briseurs de grève pour effectuer le travail de ses employé-es et ça, c’est illégal au Québec », de déclarer la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
La plainte s’appuie notamment sur les nombreuses admissions faites lors de la visite des inspectrices du ministère du Travail par les gestionnaires du siège social et des deux entrepôts visés par la grève. Ces cadres avaient admis avoir embauché de la main-d’œuvre fournie par des agences de placement pour vider l’entrepôt de fruits et légumes de Laval et avoir intensifié le recours à la main-d’œuvre des magasins Metro indépendants pour remplacer les chauffeurs de l’entrepôt Mérite 1.
La CSN et le syndicat réclament que le Tribunal ordonne à Metro de ne plus recourir à des briseurs de grève, en plus de sommes de 5000 $ en dommages moraux et de 5000 $ à titre de dommages punitifs.
« Les travailleurs et les travailleuses sont en colère : que Metro utilise des scabs, ça ne passe tout simplement pas. Pendant que Metro bafoue la loi, les avancées demeurent minimes à la table de négociation », déplore le président du Syndicat des travailleur(euses) des épiciers unis Métro-Richelieu-CSN, Matthieu Lafontaine.
Pour le président de la Fédération du commerce-CSN, Serge Monette, le groupe Metro a amplement les moyens de répondre au souhait des employé-es de retrouver leur pouvoir d’achat. « La croissance des dernières années a été fulgurante : une croissance du chiffre d’affaires de 28 % depuis 2019, des profits qui ont bondi de 39 %, pendant que les employé-es voyaient leur pouvoir d’achat reculer année après année », fait-il remarquer.
« En bafouant ainsi la loi, Metro se magasine une place au palmarès des pires employeurs de l’année, laisse tomber le président du Conseil central du Montréal métropolitain, Bertrand Guibord. Metro, dont les profits ont dépassé le milliard de dollars en 2025, n’a pas à attendre de se faire rappeler à l’ordre par le Tribunal pour régler une convention qui reflète la contribution de ses employé-es à la croissance de l’entreprise. Il ne lui manque que la volonté de le faire. »




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