Édition du 15 octobre 2019

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Arts culture et société

De mai 68 à Notre-Dame-des-Landes, une exposition des luttes populaires de l’Ouest

Usines occupées, manifestations, affaire Plogoff, zone à défendre : des premiers soubresauts de mai 68 à Notre-Dames-des-Landes, l’exposition « Contre-vents », présentée à Saint-Nazaire jusqu’au 29 septembre, dresse une généalogie des luttes dans l’Ouest français, aux échos actuels.

tiré de : http://npa29.unblog.fr/category/questions-bretonnes/

A travers des archives de presse, des affiches, des reproductions de photos et des extraits cinématographiques sur lesquels plane une bande-sonore de chants militants, l’exposition « Contre-vents. Solidarités ouvrières, étudiantes et paysannes dans l’Ouest de la France : une généalogie » replace la Bretagne et la Loire-Atlantique au cœur de contestations sociales dont le retentissement a dépassé les frontières régionales.Car le vent de la colère s’est bel et bien levé à l’Ouest, où déjà en octobre 1967 à Quimper, quelque 20 000 manifestants défilaient contre la baisse des prix du lait et de la viande, et se confrontaient aux forces de l’ordre. » L’image de l’étudiant qui jette des pierres à Paris dans le Quartier latin est tout à fait réductrice, très minoritaire, or elle est ultra majoritaire dans la représentation qu’on a de mai 68, dans l’imaginaire collectif« , explique Guillaume Désanges, commissaire aux côtés de François Piron, de cette exposition visible au Grand Café, en accès libre.

Avant que la fronde ne gagne Paris, les préoccupations sociales se sont répandues dans la classe ouvrière et dans l’agriculture, en pleine industrialisation. « C’est en Loire-Atlantique qu’a eu lieu une connexion particulière dès les années 60, qui a amené à la création des paysans travailleurs et qui a mené à l’origine de la Confédération paysanne » , rappelle-t-il.

La ruralité se politise, commence aussi à réfléchir aux questions environnementales, le tout, note M. Désanges, « sur fond de catholicisme de l’Ouest, avec une forte identité bretonne » revendiquée.

De Plogoff à « NDDL »

Des révoltes soixante-huitardes naîtront, quelques années plus tard, d’autres indignations : sur un petit écran, les images de la marée noire de l’Amoco Cadiz en 1978 captent le dépit des habitants qui s’emploient à nettoyer les plages. Des archives s’arrêtent également sur l’affaire Plogoff, du nom de ce village du Finistère qui fit de la résistance face au projet d’installation d’une centrale nucléaire, et obtint gain de cause. L’exposition, qui témoigne de victoires populaires et de solidarités, accorde une place particulière à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, fruit de ce terreau militant et preuve concrète d’une mobilisation qui conduisit l’État à abandonner, en janvier 2018, le projet d’aéroport. Cet espace, réalisé par des habitants de la ZAD à partir de palettes, de photos et d’innombrables coupures de presse, met en scène la réflexion, toujours actuelle, sur les modèles d’agriculture ou d’habitats alternatifs.

Accroché en hauteur, un gilet jaune siglé « Assemblée des assemblées » – qui a réuni en avril des centaines de « gilets jaunes » de toute la France à Saint-Nazaire – trône discrètement dans un coin… comme une occurrence furtive aux nouvelles luttes, hybrides, qui irriguent l’Ouest français et au-delà.

J.A 01/06/2019

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