Édition du 31 janvier 2023

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Négociations du secteur public

Excuse ou respect d’une démarche ?

Réponse à Pierre Beaudet - article sur la rencontre du Rassemblement Syndical en Éducation

L’article rédigé par Pierre Beaudet (http://www.pressegauche.org/spip.php?article23508) a le mérite d’illustrer la démarche du Rassemblement syndical en éducation initié par l’ASSÉ. Par ailleurs, nous trouvons important de revenir sur certains points.

Manon Perron, CCMM - CSN

N’étant ni une fédération, ni une centrale, mais pas non plus un syndicat local, le Conseil central du Montréal métropolitain-CSN n’a pas été invité à participer au RSÉ. Nous avons contacté l’ASSÉ afin de clarifier le type de rencontre à laquelle elle conviait les gens, car la lecture du document précisant les objectifs laissait entendre que nous n’y étions pas invités, que seuls les syndicats locaux et les associations étudiantes locales l’étaient. Après discussion avec une militante de l’ASSÉ, on nous a confirmé que nous pouvions assister à la rencontre comme observateur sans droit de parole. Par ailleurs, après réflexion, notamment à la lumière d’une discussion avec des militants du conseil central participant au RSÉ, nous avons décidé de ne pas y aller, par respect de la démarche, n’étant pas nous-même un syndicat local mais plutôt une organisation régionale. D’ailleurs, les militants du conseil central qui y participaient nous ont dit vouloir enrichir la réflexion autour de la nécessaire lutte à l’austérité, notamment à la suite des discussions s’étant tenues à la RSÉ. Si cette pratique qui se veut d’une plus grande horizontalité le permet, c’est tant mieux, et les objectifs des uns et des autres seront atteints.

La mobilisation des profs… et des autres !

L’article de Pierre Beaudet soulève bien d’autres questions fort pertinentes, abordées lors du RSÉ : la nécessité du travail d’éducation populaire, la « vigueur » du militantisme des profs de cégep, la solidarité qui se développe à l’intérieur des établissements, la grosseur de la machine du Front commun, le spectre d’une loi spéciale qui plane sur la mobilisation des travailleuses et des travailleurs du secteur public et les façons d’y faire face, etc. Ces questions font en effet partie de nos débats quotidiens.

Cependant, dans son article, Pierre Beaudet soulève que la mobilisation ne lève pas dans les autres secteurs, dont celui de la santé et des services sociaux. Il nous apparaît très important de rectifier cette impression. S’il est vrai que le secteur de la santé et des services sociaux a été particulièrement attaqué par le gouvernement Charest avec les lois 25 et 30 puis, avec PL10 sous le gouvernement actuel, il est faux de prétendre que les militantes et les militants qui en proviennent n’ont pas su relever le défi de la mobilisation au-delà de ces nombreux obstacles. Tout au long de l’année dernière, les syndicats de la santé et des services sociaux de la CSN ont fait de la lutte à l’austérité LEUR priorité. Éducation politique auprès des membres sur l’austérité par le biais d’innombrables assemblées de cuisine, de tournées départementales, de rencontres un à un autour du guichet automatique ; sensibilisation de la population par la distribution de tracts, de création de coalitions de quartier ; et ce, sans compter les multiples actions de visibilité, dans les milieux de travail et sur la place publique, les manifestations de quartier, les occupations de bureaux de ministres ou de lieux où ils prennent la parole, etc. Leur action soutenue est très certainement à la base des spectaculaires résultats quant à leurs votes de grève, obtenus à la suite d’assemblées comptant un nombre record de participantes et de participants. CHU Sainte-Justine : catégorie 1 : 92%, cat. 2 : 86%, cat.3 : 83% ; Hôpital Maisonneuve-Rosemont : cat.2 : 97%, cat. 3, CSSS Lucille Teasdale : cat. 3 : 94% cat.4 : 93,5%, CUSM : 88% ; etc.

La liste est longue et pourrait s’étirer sur plusieurs pages, si nous prenions également en compte l’ensemble des résultats obtenus.

La lutte des employé-es du secteur public se déroule dans un contexte d’austérité et fait face à un gouvernement qui n’a que mépris pour les travailleurs et les travailleuses. Tant mieux si, ici et là, des gens se regroupent pour mettre en commun réflexions et énergies militantes. Dans les milieux de travail, la collaboration intersyndicale est monnaie courante et ne date pas d’hier. Cette force militante doit aussi être investie dans le Front commun à tous les niveaux, notamment dans les syndicats locaux. Le Front commun est certes une « grosse machine ». Il nous appartient à toutes et à tous d’en faire un véhicule de mobilisation à la hauteur du rapport de force nécessaire pour vaincre le mépris et obtenir un règlement négocié répondant aux demandes du secteur public. Enfin, nous avons tout à gagner à tisser les liens les plus étroits possible entre nous pour développer une solidarité et une combativité sans faille, essentielles pour vaincre.

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