Cette fermeture, annoncée sans préavis aux employé-es le 9 octobre dernier, doit être mise en contexte avec le changement de bannière, à peine deux semaines plus tôt, du magasin Archambault Lebourgneuf, également propriété de l’homme d’affaires Blaise Renaud. Cet établissement, situé à moins de 800 mètres du magasin en grève, affiche dorénavant la marque de commerce Renaud-Bray.
« Personne n’est dupe : nous savons très bien que Renaud-Bray tente de se débarrasser d’un syndicat qui lui tient tête, tout en intimidant l’ensemble de ses employé-es », affirme la présidente de la CSN, Caroline Senneville.
En grève depuis le 22 novembre 2024, les employé-es des Galeries de la Capitale et de Laurier Québec se sont prononcés en juillet dernier à 93 % contre les dernières offres de l’employeur, après que celui-ci eut demandé au TAT d’ordonner un tel vote. Depuis, aucune offre de négociation n’a été déposée par l’entreprise de Blaise Renaud, indique la requête : « en lieu et place de négocier avec le syndicat, l’employeur transmet aux salariés de la succursale des Galeries une annonce de fermeture et un transfert à la succursale Laurier », un geste qui « vise à dissuader le syndicat et ses membres d’exercer leurs activités syndicales légales afin de négocier de meilleures conditions de travail. »
Le président du syndicat, Jimmy Demers, appelle la population de Québec à ne plus acheter chez Renaud-Bray tant que le conflit de travail n’est pas réglé. « Renaud-Bray n’hésite pas à sacrifier une succursale rentable pour nous forcer à accepter ses offres de misère, alors qu’on demande à peine un dollar au-dessus du salaire minimum. Renaud-Bray n’a pas de cœur, j’achète ailleurs ! », lance-t-il, rappelant la campagne menée par la CSN dans les rues de Québec depuis deux semaines.
Ce n’est pas la première fois que Renaud-Bray est poursuivi devant le tribunal pour avoir enfreint les dispositions du Code du travail. Dans une décision datée du 5 août 2024, le TAT avait déclaré la direction des succursales de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale coupable d’avoir entravé les activités syndicales et manqué à son obligation de négocier de bonne foi. Le 6 décembre 2024, une ordonnance provisoire émise par le tribunal interdisait au groupe Renaud-Bray d’utiliser des briseurs de grève, après avoir conclu à la présence d’au moins trois d’entre eux dans les succursales en conflit.


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