Édition du 14 septembre 2021

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Prostitution

Il n’y a pas de prostituées heureuses

(Le film) L’imposture sera présenté à l’auditorium de la Grande Bibliothèque samedi 20 novembre à 13h30. Un débat sur le thème « Quelles politiques adopter pour venir en aide aux victimes de la prostitution ? » aura lieu en présence de la réalisatrice suite à la présentation du film.

On ne peut pas dire qu’Ève Lamont est une fille facile. Impossible de rester de glace devant la farouche indépendante qui tient, à la manière d’un étendard, et cela depuis plus de vingt ans, sa caméra en forme de porte-voix.
La militante, engagée dans un parcours qu’elle dit elle-même « en marge » des chemins balisés, signe des documentaires francs et courageux sur des sujets que les bien-pensants de notre société discutent à voix basse.

Rappelons l’excellent Pas de pays sans paysans réalisé en 2005 et Squat ! pour lequel elle a remporté le prix de la meilleure réalisation dans la catégorie « long métrage documentaire canadien » et le Prix humanitaire au Hot Docs, le festival international des films documentaires de Toronto en 2003.

Il n’y a pas de prostituées heureuses

Cette fois-ci, Ève Lamont présente L’imposture. Ce film ne traite pas de la prostitution, mais des prostituées, ces femmes qui tentent, par leurs propres moyens, de sortir d’un milieu dans lequel on entre rapidement, mais duquel on prend des années, à force de courage et de volonté, à s’en arracher.
« Il était temps qu’on les écoute », lance Ève Lamont, résumant ainsi l’approche privilégiée dans son film. Ce qui donne un portrait vivant et vibrant, franc et lucide d’une vie démolie en pleine reconstruction de celles qui ont osé mettre à nu leurs émotions, leurs peurs, leur solitude et le vide dans lequel elles se sont trouvées suite à la plus grande décision « consciente » de leur vie.
Mineures et doyennes livrent un message personnel et, en même temps, immensément politique pour que soit reconnus, non pas la prostitution, mais leurs droits à l’aide essentielle dont elles ont besoin pour reconstruire leur vie.


Le plus grand mensonge de tous les temps

Rose Dufour, une anthropologue de Québec qui depuis plusieurs années œuvre à la Maison de Marthe, un organisme qui vient en aide à ces femmes, ajoute sa voix de chercheure engagée dénonçant cette imposture.

Selon elle, c’est un mensonge véhiculé dans notre société, renforcé par les médias et maintenu par des lois improbables, de croire que ces femmes ont choisi librement ce qu’un cliché encore tenace nomme « le plus vieux métier du monde ».
Hier, lors de la première présentation de L’Imposture, Cindy, une jeune femme sensible et solide, pilier du film que l’on suit à travers les méandres de sa nouvelle vie en dehors de la prostitution, accompagnée de Nancy, une fille articulée sortie de la même galère, ont été applaudies et ovationnées par les spectateurs qui n’ont pu retenir leurs larmes devant ces battantes, porte-parole de l’espoir.

L’imposture sera présenté à l’auditorium de la Grande Bibliothèque samedi 20 novembre à 13h30. Un débat sur le thème « Quelles politiques adopter pour venir en aide aux victimes de la prostitution ? » aura lieu en présence de la réalisatrice suite à la présentation du film.

Cet article est tiré du site web de l’Aut’ Journal

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