Il y a quelques mois à peine, Hydro-Québec, alors principal actionnaire avec 19,9 % des parts, avait vendu celles-ci à la Caisse de dépôt et placement du Québec, essuyant une perte de plus de 214 millions. Aujourd’hui, c’est au tour d’Investissement Québec de mettre 500 millions sur la table.
« Pourquoi la CAQ joue-t-elle toujours la même chanson ? On s’empresse d’utiliser l’argent des Québécois et Québécoises pour financer des compagnies privées qui ne sont pas en mesure d’assurer une retombée positive et locale pour la population. Le gouvernement de monsieur Legault doit être transparent et expliquer ses investissements dans le privé alors qu’Hydro-Québec est notre fleuron public et doit le demeurer », déclare Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
Cette annonce survient alors que plusieurs syndicats d’Hydro-Québec sont en pleine négociation. Ils critiquent notamment le recours à la sous-traitance. Au cours des dernières semaines, certains médias ont d’ailleurs révélé qu’Hydro-Québec avait engagé des dépenses considérables pour confier certains travaux à des entreprises externes, et ce, à grands frais.
« Nous ne pouvons pas comprendre les intentions du gouvernement autre que son désir de faire croître la privatisation de notre énergie. Alors que le projet de loi 69 a été adopté sous bâillon en ouvrant la porte au privé au sein d’Hydro-Québec, la CAQ récidive avec cet investissement. Les drapeaux rouges se lèvent : la sous-traitance risque de prendre de l’ampleur dans le secteur de l’énergie. Cela est déplorable et sera très coûteux », explique Frédéric Savard, président du secteur énergie du SCFP-Québec.
Des questions demeurent pour les élus du SCFP-Québec. « Pourquoi un investissement dans une compagnie privée se balade d’une société d’État vers la Caisse de dépôt pour finir chez Investissements Québec ? Les parts auraient pu rester chez Hydro-Québec, cela aurait évité une perte de plus de 214 millions pour les contribuables. Nous espérons que le Vérificateur général du Québec se pose les mêmes questions. Idéalement, nous aurions aimé voir les 500 millions être investis chez Hydro-Québec. Avec le plan 2035, il y a de belles opportunités pour développer d’autres formes d’énergie et le personnel en poste a l’expertise et la capacité de le faire à l’interne, ce qui assure une meilleure gestion des fonds publics », poursuit Frédéric Savard.


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