Édition du 31 mars 2020

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Politique québécoise

Le gouvernement Charest doit faire davantage pour les régions éloignées et les Autochtones

La Caravane du FRAPRU à Val d’Or et Baie-Comeau

Le gouvernement québécois doit prendre tous les moyens à sa disposition pour aider les régions de l’Abitibi-Témiscamingue et de la Côte-Nord qui sont aux prises avec de sévères pénuries de logements locatifs. Il doit aussi travailler de pair avec le gouvernement fédéral pour s’attaquer aux dramatiques problèmes de logement vécus par les Autochtones vivant aussi bien en centres urbains qu’en réserves. C’est le message que les deux convois de la Caravane du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui sont partis hier d’Ottawa et de Québec, ont voulu porter lors de leur passage à Val d’Or et Baie-Comeau.

À Val d’Or, plus d’une centaine de personnes ont participé à la manifestation qui a parcouru la 3e Avenue pour se diriger vers le bureau de Pierre Corbeil, député d’Abitibi-Est et ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Des tentes rouges, symbole de l’urgence des problèmes de logement et d’itinérance, y ont été déployées.

L’activité était organisée en collaboration avec des groupes de la région dont le Regroupement d’éducation populaire de l’Abitibi-Témiscamingue (RÉPAT) et le Centre d’amitié autochtone de Val d’Or. Édith Cloutier, présidente du Regroupement des centres d’amitié autochtone du Québec y a pris la parole, ainsi que Marlène Jérôme, grande cheffe de la nation anishnabe et Danick Laporte du RÉPAT À Baie-Comeau, la Caravane a fait un passage remarqué dans les rues de la ville et tenu un point de presse avec Michel Savard, de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord et Renée Chiasson du groupe de ressources techniques Cité des bâtisseurs. Une dizaine de locataire de HLM de la ville étaient sur place.

En finir avec la pénurie

Le FRAPRU a précisé qu’à Val d’Or, le taux de logements inoccupés n’a pas dépassé 0,2 % depuis 2005. C’est quinze fois moins que le taux normal fixé à 3 %. Depuis trois ans, le taux y est carrément de 0 %. La pénurie de logements frappe aussi durement plusieurs centres urbains de la Côte-Nord où la création d’emplois est importante comme Sept-Îles, Fermont et Port-Cartier. À Val d’Or, François Saillant, coordonnateur de l’organisme, a déclaré qu’« une pénurie aussi extrême de logements vient aggraver d’autres problèmes, dont l’itinérance, la discrimination et l’augmentation des loyers ».

Il a ajouté que « ce n’est pas en réduisant de 3000 à 2000 le nombre de logements sociaux financés annuellement à l’échelle du Québec, comme le gouvernement libéral de Jean Charest l’a fait dans son dernier budget, qu’il sera en mesure de faire face à cette pénurie et à tous les autres problèmes de logements vécus au Québec ».

À Baie-Comeau, une autre porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme, a déploré que ce même budget ait aussi mis fin aux subventions additionnelles accordées pendant un an dans le programme AccèsLogis pour la réalisation de logements sociaux dans des régions comme l’Abitibi et la Côte-Nord où les coûts de construction sont plus élevés : « Pour économiser à peine 14,2 millions $, le gouvernement vient de compromettre la réalisation de logements dans des régions où les besoins sont urgents. C’est ce qu’on appelle une économie de bout de chandelle ».

Encore pire pour les Autochtones

Le FRAPRU en a aussi profité pour mettre en lumière les problèmes de logement des Autochtones. Lors du recensement de 2006, 21,4 % des Autochtones qui habitaient à Val d’Or vivaient dans des logements surpeuplés, alors que ce pourcentage n’était que de 0,5 % chez les non-Autochtones. À Sept-Îles, le surpeuplement était vécu par 9,5 % des Autochtones et 0,9 % des non-Autochtones.

De plus, 16,6 % des Autochtones de Val d’Or résidaient dans des logements ayant besoin de réparations majeures, ce pourcentage étant de 18,4 % à Sept-Îles. L’itinérance est également très répandue chez les Autochtones vivant à Val d’Or et à Sept-Îles.

Édith Cloutier, présidente du Regroupement des centres d’amitié autochtone du Québec, estime que la situation s’est aggravée depuis les débuts de la pénurie : « « Nous sommes régulièrement confrontés à l’urgence et à la précarité dans laquelle la crise du logement place les membres des Premiers Peuples dans des villes comme Sept-Îles ou Val-d’Or, une situation exacerbée par la discrimination particulière qui les touche. »

La situation du logement est également périlleuse dans les réserves autochtones. À Lac-Simon, située à 32 kilomètres de Val d’Or, 19,6 % des logements nécessitaient des rénovations majeures, lors du recensement de 2006. De plus, 17,6 % des logements comptaient plus d’une personne vivant par pièce, De plus, 17,6 % des logements comptaient plus d’une personne vivant par pièce, contre 1,0 % pour l’ensemble de la population québécoise.

La Caravane se poursuit

Demain, le convoi de l’ouest de la Caravane manifestera dans les rues de Rouyn-Noranda. Le départ se fera à 10h30 de la Place de la citoyenneté et de la coopération pour se rendre devant les bureaux du député libéral, Daniel Bernard. Quant au convoi de l’est, il se rendra à Sept-Îles pour un rassemblement et une marche symbolique qui partira à 9h30 des Galeries montagnaises.

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