Il faut se souvenir que, dans les années 1960, c’est cette instance qui avait donné l’aval à des changements législatifs importants, tels la loi sur les droits civiques, promulguée par Lyndon Bains Johnson en 1964. La même chose était survenue avec le jugement dit « Roe versus Wade », qui avait légalisé le libre choix en matière d’avortement. De cette manière, des changements à la Cour suprême pourraient avoir une importance cruciale sur l’avenir des politiques sociales, le droit au mariage gai, les droits des communautés LGTB, noires, hispanophones, asiatiques, pour les femmes, etc.
Ce n’est donc pas un hasard si les Républicains, présentement majoritaires au Sénat, veulent retarder la nomination d’un nouveau juge qui remplacerait Scalia. C’est aussi ce que réclament les candidats à l’investiture républicaine qui prétendent que le président, durant une année d’élection présidentielle, ne peut procéder, constitutionnellement parlant, à un tel remplacement. Mais comme souvent, les Républicains feignent de ne pas connaître leur histoire. À 13 occasions, y compris sous la présidence républicaine de Ronald Reagan, les présidents ont justement nommé de nouveaux juges à la Cour suprême durant les périodes électorales. En réalité, les Républicains espèrent gagner la prochaine élection présidentielle, ce qui leur permettrait de nommer un nouveau juge conservateur.
Entre-temps, la guérilla judiciaire contre le président continue. Des Républicains viennent de gagner devant un juge fédéral une cause qui leur permettrait de sanctionner et de bloquer l’Obamacare (programme d’assurance-maladie). Ils procèdent devant un autre tribunal pour stopper Obama sur la question de l’immigration dite « illégale ».
Dans les médias de droite, Obama est faussement accusé de « trahir » la constitution. En réalité, les confrontations actuelles ne sont pas constitutionnelles. Elles reflètent plutôt une crise de la démocratie libérale, minée par les intérêts économiques, sans compter l’influence des lobbies corporatistes (les « super PAC »), influence qui s’est beaucoup intensifiée depuis la décision par la Cour suprême conservatrice de reconnaître les donations électorales des entreprises comme une donation individuelle, donc sans limites.
Tout cela explique pourquoi Bernard Sanders appelle à une « révolution politique ». Contrairement à Hillary, Sanders affirme haut et fort que la population doit stopper les Républicains et remettre sur les rails une démocratie atrophiée qui met les États-Unis en péril.











