Édition du 6 décembre 2022

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Europe

Portugal : élections parlementaires

La droite perd la majorité et la montée du Bloc de Gauche

5 octobre 2015 - tiré d’Europe solidaire sans frontières - traduction PTAG

La coalition de droite portugaise a perdu sa majorité absolue au Parlement, mais elle reste la principale force politique après l’élection de dimanche. Le Bloc de gauche a fait un retour spectaculaire obtenant son meilleur résultat en doublant presque ses électeurs et faisant plus que doubler le nombre de ses députés élus.

La perte de la majorité de droite au Parlement était la principale décision des 5,37 millions d’électeurs dans les élections législatives portugaises. Les deux partis de la coalition au pouvoir ont perdu environ 727 000 votes depuis la dernière élection en 2011, quelques semaines après la signature du mémorandum avec la troïka, et ont obtenu 38,55% des voix (y compris les résultats de Madère et des Açores, où ils avaient des listes séparées ).

L’austérité sévère imposée au peuple portugais a imposé l’émigration de près d’un demi-million d’électeurs qui n’ont pas eu la possibilité de voter dimanche (le 4 octobre). Le Parti socialiste n’a pas été en mesure de recueillir le vote de protestation restant et n’a augmenté son score (32,38%) que de 200 000 votes. Le fait que l’ancien premier ministre José Sócrates ait été en garde à vue depuis l’année dernière à cause de soupçons de corruption (il a été renvoyé à la maison sous la surveillance de la police au début de la campagne électorale et il n’y a toujours pas de charges retenues contre lui) et la prise de contrôle de la direction du parti l’an dernier par António Costa, forçant des élections au parti juste après la courte victoire du Parti socialiste aux élections européennes, dans lesquelles le parti a été dirigé par un adversaire de Sócrates, tout cela a contribué à diviser et à démobiliser son électorat.

Parmi les forces anti-austérité, le Parti communiste n’a pas réussi à capitaliser sur la révolte exprimée dans les rues pendant les années de la « troïka" et il a maintenu son électorat aux dernières élections, en augmentant son score d’environ 3 400 votes et d’un député (8.27 % des voix, 17 députés).

La seule force politique qui a réussi à attirer les électeurs mécontents était clairement le Bloc de gauche. Avec 549 000 voix (261 000 de plus qu’en 2011) et 10,22% des voix et 19 députés, le Bloc de gauche a réussi à gagner des sièges de la coalition de droite dans plusieurs districts et est maintenant une force nationale, car il a fait élire des députés dans dix districts différents. L’un d’eux est une marque historique en 40 ans de démocratie : pour la première fois, l’archipel de Madère a élu un député de la gauche radicale. Trois des députés nouvellement élus sont indépendants, y compris un militant de longue date des droits des handicapés. Cela va maintenant forcer le Parlement à construire une rampe d’accès pour son fauteuil roulant aux bancs et à la tribune de l’orateur.

Ce résultat a été le résultat de la performance de la nouvelle direction du Bloc de Gauche après la convention nationale du parti en novembre 2014. La porte-parole Catarina Martins avait remporté une victoire largement applaudie à chaque débat télévisé en face à face avec le premier ministre, le vice-premier ministre et le chef de file du Parti socialiste et a rassemblé le plus grand soutien populaire durant la campagne électorale dans toute l’histoire de Bloc de Gauche. Le résultat électoral a confirmé cet accueil chaleureux dans les rues et dans tous les coins du pays durant les deux derniers mois. Et les deux partis formés par des dissidents du Bloc qui ont eu une large couverture médiatique (Livre et Agir) sont désormais condamnés à l’insignifiance politique, obtenant 0,72% et 0,38% des votes respectivement. Le seul petit parti à entrer au Parlement est le PAN, qui défend les droits des animaux et il est prêt à soutenir tout gouvernement.

Avec une majorité de gauche au parlement, le moment est venu pour le Parti socialiste d’assumer ses responsabilités et d’essayer de négocier une alternative gouvernementale qui pourrait être appuyée (sans opposition) par le Bloc de gauche et le Parti communiste. Mais la première réaction d’Antonio Costa, durant la nuit électorale, a été d’affirmer que le Parti socialiste ne mettra pas d’obstacles à l’approbation parlementaire du programme de la droite gouvernementale. Cela ouvre l’espace pour une grande coalition des 3 partis qui ont signé l’accord de la troïka et qui ont soutenu le traité budgétaire européen.

En termes pratiques, toute mesure supplémentaire d’austérité que le gouvernement de la CDS / PSD va essayer d’imposer (à savoir la coupe de 600 millions d’euros dans les pensions qu’il a déjà promis à Bruxelles) doit avoir l’accord du Parti socialiste au parlement. L’hypothèse de la chute de ce gouvernement et de la tenue de nouvelles élections n’est pas viable dans un avenir immédiat à cause de la loi portugaise : il y a une élection présidentielle en janvier et l’actuel président ne peut pas dissoudre le Parlement que durant les six derniers mois de son mandat, et le Parlement ne peut être dissous dans les six premiers mois de son mandat.

Luis Branco
Post-scriptum

* Http ://www.internationalviewpoint.org/spip.php ?article4245

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