Édition du 14 septembre 2021

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Logement

La situation en Montérégie inquiète la Commission populaire itinérante sur le droit au logement (FRAPRU)

LONGUEUIL, QC, le 21 nov. 2012 - La Commission populaire itinérante sur le droit au logement, organisée à l’initiative du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), était de passage à Longueuil, aujourd’hui, pour enquêter sur les problèmes d’habitation et d’itinérance en Montérégie. Une trentaine de témoignages ont permis aux commissaires, Alexa Conradi, Céline Bellot et Yannick. S. Mondion, de prendre connaissance d’une diversité de problématiques qui représentent autant de violations au droit au logement et à d’autres droits qui y sont reliés. Ils provenaient à la fois de personnes directement aux prises avec des problèmes de logement et d’organismes actifs à ce sujet dans les villes de Longueuil, Granby, Beloeil, Beauharnois, Salaberry-de-Valleyfield, ainsi que dans la Municipalité régionale de comté du Roussillon.

La Commission, qui terminera ses travaux, ce vendredi, au terme de six semaines de tournée qui l’auront menée dans les 17 régions administratives du Québec, s’attèlera maintenant à la rédaction d’un rapport qui devrait être présenté aux gouvernements fédéral et québécois, en février 2013.

Une diversité de problèmes

Les problèmes de logement vécus par les femmes ont fait l’objet de plusieurs témoignages. Elles comptent en effet pour 53 % des locataires de la Montérégie, ce pourcentage montant à 58 % dans le cas de Beloeil. Or, elles doivent aussi, dans une plus forte proportion, consacrer un pourcentage exagéré de leur revenu en loyer, ce qui les oblige à couper dans leurs autres besoins essentiels, au premier chef la nourriture. À Longueuil, par exemple, 59 % des ménages locataires engloutissant plus de la moitié de leur revenu ont une femme comme principal soutien financier.

D’autres témoignages ont mis en lumière les difficultés particulières vécues par les familles, les personnes âgées ou handicapées, celles qui ont un problème de santé mentale, les jeunes ou encore les ménages immigrants.

L’enjeu de la salubrité des logements a également été soulevé, principalement par les groupes de Salaberry-de-Valleyfield où 12 % des logements ont besoin de réparations majeures, Beauharnois où ce pourcentage est de 11 % et Longueuil où il atteint de 9 %. Annick Frappier, du Comité de logement de Beauharnois, considère que « le fait de rester dans un logement insalubre viole seulement le droit au logement, mais aussi celui à la santé et à la sécurité ».

Une autre question préoccupante soulevée lors de l’audience est l’abandon grandissant de la construction de logements locatifs privés au profit de celle de condominiums. À Longueuil, à peine 53 logements locatifs ont été mis en chantier au cours des neuf premiers mois de 2012. C’est deux fois moins qu’à pareille date l’an dernier. C’est surtout près de 12 fois moins que la construction d’unités de condominiums qui, elle, a atteint le nombre de 611. Julie Leblanc de la Maison La Virevolte se dit outré par ce phénomène : « Où iront les locataires qui n’ont pas les moyens de s’acheter des condos ? ».

Ailleurs sur la Rive-Sud, la construction de 491 logements locatifs a démarré au cours des trois premiers trimestres de 2012 contre celle de 1 136 unités de condominiums. François Giguère, du Comité logement de la Rive-Sud, soutient que « sans la réalisation de logements sociaux initiés par le milieu, la construction d’appartements locatifs serait à peu près à zéro dans plusieurs municipalités de la Rive-Sud ».

Les gouvernements interpelés

Les autorités politiques se sont fait rappeler, tout au long de la journée, qu’elles ont des responsabilités à l’égard de tous les droits, dont celui au logement. Or, selon Jean-Claude Laporte, organisateur au FRAPRU, « les gouvernements s’acquittent peu ou mal de ces responsabilités ». Il veut pour preuve le budget présenté hier par le ministre des Finances du nouveau gouvernement du Parti québécois, Nicolas Marceau : « Le budget avait l’occasion d’augmenter significativement le nombre de logements sociaux financés annuellement au Québec, ce qui aurait permis d’assurer le droit au logement d’un plus grand nombre de personnes et de familles. Il s’est contenté de respecter son engagement minimal de 3 000 logements sociaux, sans même prévoir une planification à plus long terme ».

Le FRAPRU se tourne maintenant vers le gouvernement fédéral dont le budget est prévu pour mars 2013, mais sans grands espoirs. Selon M. Laporte, « le gouvernement conservateur de Stephen Harper se moque carrément des droits ». Il rappelle que le gouvernement se montre insensible aux besoins des mal-logés et des sans-abri auxquels il consacre présentement les plus bas investissements des dix dernières années.

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