Édition du 18 janvier 2022

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Éducation

Le CDÉACF dénonce les coupes du fédéral dans les programmes d'alphabétisation et de développement des compétences au Canada

MONTRÉAL, le 30 mai 2014 - Le Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF), comme plusieurs autres organismes d’alphabétisation et d’éducation des adultes au pays, a appris la semaine dernière qu’il ne recevra aucun financement du Bureau de l’alphabétisation et des compétences essentielles du Canada (BACE).

Après de longs délais, le gouvernement fédéral a refusé le projet déposé en partenariat en mai 2013 par le CDÉACF, le Centre for Literacy (CLQ), le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) et Réseau de développement économique et d’employabilité Canada (RDÉE Canada) dans le cadre d’un appel de propositions.

Par l’entremise de son attachée de presse, Alexandra Fortier, le ministre de l’Emploi et du Développement social, M. Jason Kenney, justifie ainsi la nouvelle orientation de son gouvernement : « Depuis de nombreuses années, le financement du fédéral en alphabétisation servait à couvrir les coûts d’administration et de recherche des organisations au lieu de financer des projets qui améliorent les compétences des Canadiens. » [traduction libre] « Il s’agit là d’une vision réductrice du rôle crucial joué par les organismes du milieu, comme le CDÉACF, pour le développement de l’alphabétisme et des compétences au Canada » déplore Mona Audet, vice-présidente du CA du CDÉACF.

« En ce qui concerne les raisons invoquées par le cabinet du ministre Kenney, rien n’est plus faux », réplique Christian Pelletier, coordonnateur du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec RGPAQ). « Ce n’est pas vrai que le financement sert à couvrir des coûts administratifs. La très grande majorité des sommes reçues est consacrée au soutien essentiel du travail des formatrices et des formateurs sur le terrain, entre autres, avec la diffusion d’outils pédagogiques. Concrètement, ces coupures auront un impact pour notre réseau. »

Cette perte de financement aura nécessairement des impacts sur les activités du Centre. « Nous venons de perdre près de la moitié de notre financement. Évidemment, cela signifie que nous devrons réduire nos dépenses » souligne Mme Rita Cummings, présidente du CA du CDÉACF. « Cela veut aussi dire moins de services, moins de soutien et moins d’outils spécialisés pour les nombreux intervenant-e-s sur le terrain qui comptent sur nous pour les informer et les outiller. »

Au-delà du refus essuyé par le CDÉACF et ses partenaires, l’abolition des subventions fédérales pour le financement de base des organisations met en péril le secteur de l’alphabétisation et des compétences au Canada. Or, les besoins de la population sont criants : d’après les plus récents résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) de l’OCDE, rendus publics en octobre 2013, 1 adulte sur 5 éprouve de graves difficultés à lire et à écrire.

Dans un tel contexte, le CDÉACF dénonce ces coupes du gouvernement fédéral. En retirant son financement de base, le Canada ne laisse pas seulement tomber les organisations du secteur, il abandonne les adultes et les communautés parmi les plus vulnérables de la société.

Dans les circonstances, il est plus que jamais essentiel pour le CDÉACF de pouvoir compter sur l’appui continu et la reconnaissance du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), grâce à qui nous pouvons continuer d’offrir des services indispensables aux groupes d’alphabétisation du Québec.

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