Édition du 13 octobre 2020

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Économie

Le paquet de Bali met en péril notre droit à la souveraineté alimentaire. L’OMC joue avec notre futur

Le paquet de Bali est une imposture totale pour les populations pauvres et affamées de la planète. Pourquoi l’humanité devrait mendier à l’OMC une « clause de paix » pour garantir le droit à l’alimentation ? L’ensemble des négociations sur le paquet Bali est un non-sens. Le droit à l’alimentation, le droit à la survie des paysans ne peut être soumis à aucune sorte de négociation à l’OMC ou dans quelque endroit que ce soit.

Gerak Lawan Smaa est de La Via Campesina

6 décembre 2013

À l’OMC, les pays développés peuvent subventionner leur secteur agricole pour plus de 300 milliards de dollars tandis que les pays en développement ne sont pas autorisés à soutenir autant que nécessaire leurs paysans.

« Le droit à l’alimentation est un droit humain universel. La tyrannie de l’OMC ne peut mettre entre crochets ces droits. L’agriculture n’aurait jamais dû être incluse dans l’OMC. L’alimentation n’est pas une marchandise. Tous les pays ont la responsabilité de prendre toutes les mesures possibles pour garantir la souveraineté alimentaire de leurs populations », s’est exprimé Henry Saragih, président du syndicat des paysans d’Indonésie SPI et membre du comité de coordination international La Via Campesina, le mouvement paysan mondial qui compte plus de 200 millions de membres dans 85 pays.

Selon Pablo Solon, directeur exécutif de Focus on the Global South, « le paquet Bali livre un accord juridiquement contraignant sur la partie Facilitation du commerce qui va ouvrir plus de frontières pour les multinationales, des promesses vides pour les pays les moins avancés (PMA) et une « clause de paix » inacceptable en matière d’agriculture. Il n’y a rien dans le paquet de Bali pour les populations ».

« Il n’y a rien à l’OMC pour les populations. Après 18 ans, l’OMC n’a jamais tenu ses promesses en termes de développement, au lieu de quoi elle a contribué à concentrer la richesse dans les mains de quelques-uns », a déclaré Josua Mata, secrétaire général de SENTRO, une alliance syndicale aux Philippines. Selon le rapport mondial sur le commerce 2013, 81 % des exportations sont le fait des 5 plus grandes entreprises exportatrices des pays en développement. Comme l’a dit Jean Enriquez de la Marche Mondiale des Femmes, « les négociations du cycle de Doha ont été dans l’impasse pendant des années et l’OMC doit simplement accepter qu’elle est en échec et a perdu sa légitimité. »

« Aujourd’hui, l’OMC cherche à se relancer et reconstruire la crédibilité de son institution délégitimée, en finalisant un paquet de Bali qui met en péril notre avenir », a déclaré Cindy Wiesner de Grassroots Global Justice Alliance des États-Unis. Il confisque notre droit à la souveraineté alimentaire en limitant les politiques agricoles et en nous liant les mains à travers un vaste accord de facilitation du commerce.

Notre alimentation, nos moyens de subsistance et notre souveraineté ne sont pas des marchandises sur lesquelles parier, ni des marchandises qui doivent être échangées et vendues aux plus offrants. L’OMC doit cesser de jouer avec notre avenir. Il est temps de mettre fin à l’OMC et de mettre en œuvre une « Economie pour la vie » (Economy for life).

Mouvements sociaux pour une Asie Alternative, Gerak Lawan, et La Via Campesina


SMAA, Gerak Lawan, La Via Campesina

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