Édition du 21 décembre 2021

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Services publics

Manifestation du SFPQ contre la création de l'Agence des infrastructures de transport du Québec

MONTRÉAL, le 31 janv. 2014 - Des membres du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) manifestent ce midi, à Montréal, afin de dénoncer le projet d’Agence des infrastructures de transport du ministre Sylvain Gaudreault. Les manifestants signalent les risques de favoritisme et de conflits d’intérêts que pourrait engendrer la transformation d’une partie du ministère des Transports (MTQ) en agence non soumise à la Loi sur la fonction publique. En ce moment, le ministre Gaudreault prononce une allocution devant les membres de l’Association québécoise des transports. « Les gens de l’industrie des transports qui écoutent le discours du ministre ont certainement des intérêts financiers à exercer un contrôle sur les destinées de cette agence qui ne sera plus imputable devant les élus de l’Assemblée nationale. Est-ce que le ministre Gaudreault profite de cette rencontre pour recruter des administrateurs pour sa future agence ? », questionne Denise Boileau, vice-présidente du SFPQ.

En effet, selon le projet de loi no 68 déposé à l’Assemblée nationale, les activités de l’Agence des infrastructures de transport du Québec seront confiées à un conseil d’administration. Or, rappelle le SFPQ, la population a été à même de constater les dérapages et l’absence de leadership et de responsabilités des membres de certains conseils d’administration comme à Tourisme Montréal ou au CHUM. « Le ministre souhaite limiter l’influence politique dans la réalisation de projets routiers, mais du même souffle, il entend nommer les administrateurs. Or, la nomination d’anciens députés, d’attachés politiques, de donateurs ou de sympathisants limite-t-elle l’influence politique ? Il est préférable pour la population que le ministre des Transports garde les mains sur le volant de son ministère », explique madame Boileau.

Contrairement à ce que laisse entendre le ministre des Transports, la mise en place d’une agence ne constitue pas un rempart face aux problèmes de collusion et de corruption. D’ailleurs, le rapport d’étape de la Commission Charbonneau, déposé cette semaine, ne fait aucunement allusion à l’Agence des infrastructures de transports comme solution aux problématiques, pas plus que les études indépendantes commandées par le gouvernement ou encore le rapport Duchesneau sur la collusion. Pour sa part, le SFPQ estime qu’en plus de revoir l’octroi et le suivi des contrats, le gouvernement devrait attaquer le problème à la source et, par conséquent, diminuer sa dépendance au secteur privé en limitant son recours à la sous-traitance pour des activités récurrentes sur nos routes. « La solution passe par l’expertise du ministère des Transports.

À la fois pour évaluer les offres de services, les travaux faits, mais aussi pour reprendre la maîtrise d’œuvre des chantiers au besoin. De plus, plusieurs études ont démontré qu’il est systématiquement plus cher d’avoir recours à la sous-traitance pour des activités qui reviennent à chaque année sur nos routes. Toutefois, encore faut-il que le gouvernement démontre sa volonté de mettre en place des salaires concurrentiels pour attirer et retenir le personnel du MTQ. L’agence que souhaite créer le ministre, tout comme les autres existantes, sera soumise au contrôle budgétaire du Conseil du trésor et pourra difficilement améliorer les salaires », rappelle la vice-présidente du SFPQ.

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