Édition du 22 juin 2021

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Environnement

Nouveau-Brunswick, Canada : Résistance de la nation d'Elsipogtog contre la répression de la GRC et de Southwestern Energy vue des États-Unis

Presse-toi à gauche vous offre la traduction d’un compte-rendu livré par un militant autochtone américain sur les événements survenus au Nouveau-Brunswick le 17 octobre dernier dans le cadre de la mobilisation anti-gaz de schiste et la répression sauvage de la GRC et du gouvernement provincial. Il lance un appel à la solidarité au sud de la frontière avec ces mobilisations.

Récemment, beaucoup d’entre vous ont entendu parler de la répression menée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) le 17 octobre dernier sur le territoire Mi’kmaq près de Rexton, au Nouveau- Brunswick. Environ 200 agents sont intervenus contre ​​un campement de protestataires contre les gaz de schiste avec des fusils d’assaut et des chiens suite à l’émission d’une injonction contre leur mouvement, en arrêtant environ 40 personnes, y compris Elsipogtog First Nation Arren James Sock.

Il s’agit d’un autre épisode dans le contexte des politiques de confrontation entre les membres des Premières nations d’une part et le gouvernement Harper et les entreprises d’exploration d’énergies fossiles d’autre part sur les questions de la souveraineté et de la protection de la nature, comme en témoignent l’an dernier les mobilisations d’Idle No More [ 1]. En fait, les intentions d’entreprises visant l’exploitation de gaz par la fracturation hydraulique (« fracking ») a été un élément clé dans toute les mobilisations des Mi’kmaq au pays [ 2].

Les manifestants de la réserve Richibucto ont eu recours à des tactiques d’action directe depuis le début de l’été 2013 pour empecher SWN Resources Canada, la filiale canadienne de la texane Southwestern Energy - de mener des essais sismiques. Le 1er octobre, le chef de la réserve Arren James Sock a adressé un avis d’expulsion à SWN Resources Canada, et les manifestants ont bloqué la route 134 pour empêcher la société de déplacer l’équipement supplémentaire et d’y mettre en place un camp. En réponse, le gouvernement canadien a émis une injonction au nom de la société. Environ une semaine plus tard, une vidéo a été diffusée à la suite de discussions entre le premier ministre David Alwad et le chef Arren James Sock [3 ], où le chef a affirmé que l’injonction était illégale, et il a tout de même affirmé que la volonté de " dialoguer" était toujours présente.

Après les attaques contre les manifestants par la police montée, des rassemblements et des manifestations de solidarité se sont organisées presque immédiatement et se poursuivront tout au long du week-end, y compris aux Etats-Unis. La tribu Nez Perce s’est mobilisée immédiatement en solidarité avec Elsipogtog. Le soulèvement au Nouveau-Brunswick nous montre que l’élan provoqué par Idle No More n’est pas épuisé (fait intéressant, Elsipogtog signifie « fleuve de feu » dans la langue Mi’kmaq). Elsipogtog demande le respect de sa souveraineté, et notamment que les sociétés et les gouvernements provinciaux et canadiens reconnaissent leurs droits sur les terres de la Couronne détenus en fiducie (dont le terrain où se trouvait le campement ) et respectent la nature, y compris la protection des terres, des eaux, et des ressources naturelles, telles qu’elles sont exprimées dans les traités.

La puissance croissante des entreprises des énergies fossiles dans une ère d’austérité signifie que l’État canadien refusera de satisfaire les revendications des Premières nations et de s’attaquer aux injustices à moins qu’il ne soit contraint de le faire. Les Premières nations ont exprimé non seulement leurs frustrations au sujet des violations de leurs droits issus de traités et de la destruction de la nature, mais aussi le besoin de logements convenables, des besoins en matière d’éducations, de la nourriture, de l’eau et de services à l’enfance et à la famille adéquats, et la nécessité de mettre fin à la violence contre les femmes des Premières nations à la fois sur et hors réserve. Poursuivre la politique du gouvernement Harper signifiera que la mobilisation des sociétés des Premières nations ne feront que continuer à croître et à résister [4] et il est essentiel qu’ils obtiennent toute la solidarité que nous pouvons apporter.

Tushkahomma, le 19 octobre 2013

Notes

[1] Voir le sommaire sur Europe Solidaire Sans Frontière (article 27688), Solidarity with the Idle No More Movement and #J11 in Canada (http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27688) and an interview with Idle No More activists here : http://freedomroad.org/2013/02/native-american-activists-talk-idle-no-more/).

The Elsipogtog First Nation is a band government of Mi’kmaq (Mi’kmaw) in New Brunswick. The First Nations land includes Richibucto Reserve #15, Soegao Reserve #35, and adjoining lands held by the Crown in trust. Over a year ago, Mi’kmaq Warrior Society called for a halt to oil and gas exploration and to protect the water at Lake Ainslie https://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=M1yuKJWcDfQ

[2] http://halifax.mediacoop.ca/story/margaree-environmental-association-addresses-nova/16918

[3] https://www.youtube.com/watch?v=FbmGXYCatC0

[4] http://o.canada.com/news/report-warns-of-catastrophic-aboriginal-uprising/

* http://www.solidarity-us.org/site/node/4011

* Tushkahomma vit auTexas, USA, et est un membre de Solidarity.

Tushkahomma

Tushkahomma est un militant autochtone qui vit auTexas, USA, et est un membre de Solidarity.

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