Édition du 24 mai 2022

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Environnement

Panne d’essence

En raison du conflit en Ukraine, les prix de l’essence et surtout du diesel, atteignent des sommets vertigineux. Si on pense que le transport des marchandises par camion, train et bateaux, dépend exclusivement de ce carburant, les prix de tous les matériaux vont exploser et freiner la demande, voire nous mettre en récession.

Tiré de l’envoi électronique du CAPMO
2 mai 2022

D’un point de vue écologique, cela nous oblige sans doute à une certaine austérité de nos modes de vie, mais pour ceux qui vivent au bas de l’échelle ou dans les pays du Sud global, cela rime avec misère et catastrophes. De plus, la production agricole repose sur une machinerie très énergivore et je n’ai pas encore vue de tracteur électrique. La famine guette et avec la pandémie, des émeutes de la faim ont déjà lieu.

Quand on refuse de prendre le taureau par les cornes et d’affronter les changements climatiques au lieu de courir plus vite la tête la première dans un mur, aveuglé par les intérêts financiers et la peur de l’autre, le malheur nous guette. À ce propos, on déplore un manque de courage politique dans un pays qui a tous les éléments pour être à la pointe de la transition énergétique. Même en caracolant dans les sondages, on a encore peur de déplaire à sa base qui réclame des tunnels aériens et des fusées pour aller sur Mars. Pourtant, il y a tant à faire et si peu de temps devant nous. À moins que les changements climatiques ne soient qu’une mauvaise blague, c’est ce que nous donnent parfois l’impression les propos de certains ministres. Plus de routes, plus de voitures, croissance jusqu’au boutisme en ne laissant rien aux générations futures qui devront faire plus avec moins sans qu’on leur ait appris les rudiments de la survivance et de l’entre-aide.

Malgré tout, il faut savoir garder le flambeau de l’espoir allumé et le porter haut et fort. Certes, la réponse se trouve en partie en nous, lorsque nous cesserons de nous vautrer dans l’ineptie et l’ignorance de notre interdépendance et que l’argent sera foulé au pied comme un très mauvais maître de même que l’égoïsme comme mesure de toutes choses. « Qu’est-ce que cela me rapporte à moi, moi, moi, » sans aucune considération pour l’avenir et le bien commun de l’humanité.

L’option fondamentale de nos sociétés occidentales est devenue la consommation du plus grand luxe possible pour combler le vide abyssale qui nous habite. Refusant la condition humaine, nos limites et notre finitude, nous jouons aux démiurges, plus vite, plus fort, plus gros, plus loin, sans jamais nous satisfaire de rien.

La pollution que nous engendrons collectivement, mais dont la faute incombe aux pays riches et au 1% des plus fortunés de la planète, repose sur les épaules de ceux et celles qui en pâtissent dans la misère et la violence abjecte que sécrète ce système prédateur qu’est le capitalisme.

« Diviser pour régner » est la devise de ce monde qui sombre devant nos yeux et « Chacun pour soi », son cri de ralliement. Jusqu’où irons-nous dans nos prétentions de domination absolue sans maîtrise de rien, ni même de nos envies.

Yves Carrier

www.capmo.org

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