Édition du 18 juin 2019

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Politique québécoise

Pas les moyens de se priver (de) la santé

Il se passe rarement une journée sans que l’on entende qu’au Québec, on vit au-dessus de nos moyens. Nos programmes sociaux seraient tellement généreux, en comparaison de nos revenus, qu’ils nous mèneraient tout droit vers l’enfer du modèle grec plutôt que vers l’éden du modèle scandinave.

En conséquence, plaident les tenants de la droite québécoise, il serait urgent de couper dans le gras (privatiser des services publics) avant que notre embonpoint financier entraîne des complications irréversibles.

Pourtant, ce n’est pas parce que ce discours nous est servi sur une base quotidienne qu’il est fondé pour autant. Lors de notre dernier congrès, M. Damien Contandriopoulos a démontré, nombreux chiffres à l’appui, que si les dépenses de santé augmentent, c’est en grande partie dû à l’augmentation du recours au secteur privé, pas à cause des services publics. Notamment, le fait que la proportion des dépenses publiques en santé soit passée de 80 % à 70 % des dépenses totales a créé un lucratif marché de 3 milliards de dollars. C’est là qu’il faut identifier le responsable de la hausse des coûts.

Par ailleurs, le récipiendaire du prix Nobel de l’économie en 2008, M. Paul Krugman, est venu renforcer de tel propos dans sa chronique du New York Times (http://www.nytimes.com/2011/06/13/opinion/13krugman.html?_r=2&ref=paulkrugman). Citant des études récentes sur le sujet, M. Krugman démontre avec éloquence la supériorité économique du secteur public sur le secteur privé en santé.

Entre autres, il cite le fait que si les dépenses publiques de santé ont augmenté de 400 % entre 1969 et 2009, les primes d’assurance ont quant à elles augmenté de 700 % ! Il en arrive donc à la conclusion que quiconque ayant à cœur la pérennité des finances publiques devrait militer en faveur d’une diminution du rôle du secteur privé, au profit du secteur public.

Voilà de bons arguments qui viennent, encore une fois, souligner la nécessité d’élaborer des solutions et des modèles publics, parce qu’ils sont plus efficaces et plus économiques. Voilà de bons arguments qui devraient refroidir les ardeurs de ceux qui invoquent la canicule pour vendre des tuques et des mitaines…

Voir : http://www.youtube.com/FIQSante#p/u

Régine Laurent

Présidente

Porte-parole officielle de la Fédération Interprofessionnelle de la santé du Québec.

Responsable : Communication-Information

Parcours syndical et professionnel

Diplômée du Collège du Vieux-Montréal en soins infirmiers

Infirmière depuis 1980 à l’Hôpital Santa Cabrini

Militante syndicale depuis 1984

Secrétaire au sein du comité exécutif de la FIQ de 1991 à 2001

Militante syndicale locale à l’Hôpital Santa Cabrini de 2001 à 2005

Présidente de l’Alliance interprofessionnelle de Montréal (AIM) de 2005 à 2009

Présidente de la FIQ depuis juin 2009

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