Cette demande est appuyée par plus de 1 500 organismes d’action communautaire autonome qui déclencheront une grève dès demain, le 23 mars, jusqu’au 2 avril. Né à Shawinigan, le mouvement s’est rapidement étendu à toutes les régions du Québec. Dans un contexte de crises sociales, il dénonce l’insuffisance des investissements dans le milieu communautaire et des conditions de travail difficiles.
« Ça fait des années que le gouvernement nous prend pour acquis. Les 50 000 travailleuses vivent une détresse psychologique, un épuisement généralisé et des conditions salariales indécentes. Combien de groupes devront fermer leur porte pour qu’on soit pris au sérieux ? Combien de travailleuses et de travailleurs quitteront le navire, épuisé•e•s. Pendant combien de temps devrons-nous encore nous mobiliser ? », s’exclame Mathieu Gélinas, co porte-parole du mouvement.
Vivement critiquée pour son manque d’ouverture au dialogue et sa vision du communautaire jugée « déconnectée », on constate un bris de confiance du milieu envers la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau.
« Elle n’a pas livré la marchandise, soutient Caroline Toupin, porte-parole pour le Réseau québécois de l’action communautaire autonome. Ce qu’on demande, c’est un financement qui permet d’atteindre la moyenne québécoise pour des emplois similaires. Pour ça, on estime que ça prendrait des investissements additionnels de 2,6 milliards. C’est aussi un enjeu d’équité car ce sont majoritairement les femmes qui sont touchées par cette situation intenable, tant sur le plan des travailleuses que des personnes soutenues », insiste la porte-parole.
Le milieu communautaire est le dernier rempart du filet social. Pendant que les besoins en logement, en sécurité alimentaire et en santé mentale explosent, le gouvernement refuse d’agir là où ça compte. En se désengageant, l’État met en péril les organismes communautaires, fragilise les services publics et affaiblit les programmes sociaux. Sans un soutien urgent et réellement significatif, c’est la survie des organismes qui est en jeu.
Faits saillants
– Précarité des femmes : 75% des travailleuses sont des femmes. (ISQ 2025) Le personnel est aussi hautement scolarisé : on trouve des femmes détenant un diplôme postsecondaire dans 74 % des organismes. (Repères, 2022)
– Iniquité salariale : Le taux horaire moyen dans l’ACA est de 33 % inférieur à la moyenne québécoise pour des emplois équivalents. L’écart atteint même 42 % pour les postes à temps plein (Repères, 2022).
– Détresse psychologique : 89 % des équipes rapportent un sentiment de fatigue ou d’épuisement, et 91 % vivent des difficultés liées à la surcharge de travail (OACA, 2022).


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