Édition du 21 juin 2022

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Brutalité policière

Profilage politique - Le CCMM-CSN endosse la plainte des arrêté-es du 15 mars 2015 auprès de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

MONTRÉAL, le 19 sept. 2015 - Six mois après la 19e édition de la manifestation du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) apporte son soutien à un groupe de 29 personnes arrêtées le 15 mars 2015 en endossant une plainte déposée plus tôt cette semaine devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ).

Le 15 mars dernier, 96 personnes ont été arrêtées en vertu de l’article 500.1 du Code de la sécurité routière, une disposition dont la constitutionnalité est présentement contestée devant la Cour supérieure. Les manifestantes et les manifestants n’avaient pu marcher que quelques mètres avant d’être pris en souricière par un déploiement ahurissant de 550 policiers du Service de police de la Ville de Montréal. Une arrestation de masse injustifiée, aux dires de la présidente du CCMM-CSN, Dominique Daigneault, qui se trouvait sur les lieux de la manifestation à titre d’observatrice : « Rien ne justifie que la police ait imposé des contraventions à près d’une centaine de personnes. J’ai pu observer que la manifestation se déroulait tout à fait calmement lorsque nous avons été pris en souricière. »

La manifestation contre la brutalité policière a été la cible de profilage politique. « La présence policière massive, la déclaration publique du porte-parole du SPVM plusieurs jours avant la manifestation, visant à décourager la participation à la manifestation, et l’utilisation du Code de la sécurité routière, à la suite du désaveu du règlement P-6 en février 2015, sont autant d’indicateurs que la décision de réprimer la manifestation était prise avant même qu’elle ne débute », affirme Lynda Khelil, une des personnes arrêtées. « Le SPVM tente de délégitimer cette manifestation en évoquant les arrestations des années précédentes, mais garde sous silence le fait que les accusations en lien avec P-6 ont toutes été retirées pour les centaines de personnes qui ont été arrêtées les 15 mars 2012, 2013 et 2014. », renchérit madame Khelil.

« Il y a quelque chose de profondément inquiétant à constater que les corps policiers puissent faire taire les groupes citoyens qui osent critiquer leur travail », rapporte Charles Carrier-Plante, signataire de la plainte. « Rappelons que la police est l’une des rares institutions qui dispose du pouvoir de contrainte et d’atteinte à la vie ». Appelée à l’angle des rues Berri et Ontario, la manifestation devait rappeler la mort d’Alain Magloire, décédé à cet endroit sous les balles d’agents du SPVM, en février 2014.

Par le dépôt de cette plainte, les plaignantes et les plaignants cherchent à faire reconnaître l’existence du profilage politique qui cible les personnes qui critiquent l’institution policière et souhaitent que la police formule des excuses publiques. Finalement, les plaignants cherchent à obtenir compensation pour les torts subis lors de l’arrestation arbitraire, ainsi que des dommages punitifs afin que la répression politique soit reconnue et dénoncée.

Un recours collectif a également été déposé cette semaine contre la Ville de Montréal, s’ajoutant à la vingtaine d’autres déjà déposés à Montréal, à Québec et à Gatineau.

D’autres plaintes auprès de la CDPDJ ont été déposées pour des arrestations de masse survenues à Montréal en mars 2013 et en octobre 2013, de même qu’en avril 2012 à Québec. Dans le cas de la manifestation de Québec, la CDPDJ a établi que l’intervention policière du SPVQ « constituait une forme de profilage politique qui visait notamment à décourager de futures manifestations ».

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