Édition du 4 octobre 2022

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Richesses naturelles

Réaction aux demandes du CIFQ - La forêt ne pousse pas plus vite quand le bois se vend plus cher (CSN)

MONTRÉAL, le 11 juill. 2014 - Dans une récente sortie publique, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) se plaignait du manque de bois pour accompagner la reprise des mises en chantier aux États-Unis et demandait au gouvernement d’emprunter sur leurs garanties d’approvisionnement en bois de la forêt publique des années à venir.

« Même si l’industrie profite d’une reprise, la quantité de bois disponible en cinq ans ne changera pas. Si on utilise plus de bois maintenant, il faudra ralentir la coupe dans les années à venir, ce qui va faire fluctuer de façon insoutenable le nombre d’emplois en forêt et en usine », explique Alain Lampron, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN).

La baisse du nombre de travailleurs, dans le cas d’une approbation des demandes de l’industrie par le gouvernement, aurait également un impact très néfaste sur l’économie des régions dont la forêt est le principal moteur économique. Les pertes d’emplois périodiques que ces emprunts sur la capacité forestière causeraient ne feraient qu’aggraver le manque de relève qualifiée qui se fait déjà sentir : les jeunes éviteraient un secteur aussi instable.

Le régime forestier permet par ailleurs à l’industrie de se procurer du bois par le biais d’enchères qui visent jusqu’à 25 % des lots de la forêt publique. Dans plusieurs régions, la forêt privée représente aussi une source d’approvisionnement appréciable. « Il ne manque pas vraiment de bois. La demande du CIFQ ne vise au fond qu’à contourner les enchères », estime Alain Lampron, qui ajoute qu’un effondrement du prix du bois aux enchères risquerait en plus de réactiver le conflit du bois d’œuvre avec les États-Unis. Ce pays reproche en effet depuis plusieurs années au Canada de céder le bois de sa forêt publique à trop bas prix.

Bref, la demande du CIFQ ne repose pas sur une analyse sérieuse de l’ensemble des conséquences sociales, environnementales et économiques d’une telle déstabilisation du rythme de récolte. L’industrie ne se prive pas de ralentir sa demande en bois et d’effectuer des mises à pied quand l’économie va mal, il ne faudrait pas générer artificiellement de nouveaux problèmes quand la reprise est au rendez-vous.

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