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9 novembre 2025
Violence, corruption, népotisme, nationalisme : ces mots ne suffiraient probablement pas à caractériser le régime policier du président serbe Aleksandar Vučić, à la tête du pays depuis 2012. Son emprise sur les institutions et le patrimoine foncier du pays est tentaculaire. Pour obtenir un emploi de base dans de nombreux secteurs, ou même un simple logement, il est fortement recommandé de prendre sa carte du parti au pouvoir, le SNS (Parti progressiste serbe), et de participer à ses réunions de propagande. De nombreux Serbes se considèrent comme « sous occupation ». Et ils parlent d’ingérence impérialiste venant de l’Est comme de l’Ouest, qui ferme les yeux sur la réalité du régime.
Les étudiants, moteur de la résistance
La catastrophe de Novi Sad, symptôme de la corruption qui a dévasté les infrastructures économiques du pays, a fait office de détonateur. Le personnel enseignant, dépassant son corporatisme traditionnel, a lancé un mouvement de grève. Il a rapidement été rejoint, et massivement, par des étudiants de tout le pays. Organisés en assemblées appliquant des pratiques démocratiques strictes, ils ont mis en place de longues marches à travers tout le pays. De village en village, ils sont accueillis comme des héros par les habitants. La majorité de la population a soutenu avec enthousiasme le mouvement de ceux qu’ils appellent « nos enfants ».
L’un des symboles les plus frappants et émouvants a été la rencontre entre les étudiants de Novi Pazar, une ville à majorité musulmane et bosniaque, et les étudiants du reste du pays : une scène d’une force symbolique incroyable dans cette région d’Europe hantée par une guerre civile génocidaire. « C’était la première fois que je me sentais citoyen serbe », a déclaré un étudiant de Novi Pazar à son arrivée à Belgrade.
Le mouvement envisage de se lancer dans la bataille électorale
Depuis septembre, le mouvement peine à trouver un second souffle ; les blocages des universités ont cessé presque partout. Manque de coordination politique ? Le mouvement s’essouffle-t-il sur le long terme ? Convergence ratée avec le mouvement syndical ? Relation conflictuelle avec une opposition politique discréditée ? Intensification de la répression par le régime ? Blocage structurel lié à la position de la Serbie dans l’économie mondiale ? Les explications de l’impasse actuelle sont nombreuses et témoignent de la richesse des débats stratégiques qui traversent la gauche serbe.
Pour trouver un exutoire politique, le mouvement étudiant, qui réclame le départ de Vučić et la tenue d’élections libres et démocratiques, a choisi de présenter une liste électorale indépendante. Une liste étudiante qui s’est engagée dans un travail programmatique et organisationnel de grande envergure, en collaboration avec le reste de la population et la société civile. Certains sondages lui attribuent plus de 45 % des intentions de vote. Le régime l’a bien compris, rejetant toute élection anticipée et jouant à fond la carte de la pourriture et de la répression. Nous les soutiendrons dans ce combat périlleux et leur exprimons toute notre solidarité.
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