Qualifié de « Germinal du tiers-monde » par Le Monde diplomatique en 1978, classique de la littérature du Sud, voici le puissant témoignage d’une « femme du peuple » devenue leader populaire en s’impliquant dans les luttes des mineurs boliviens. Un récit universel qui montre le réel sens des mots « justice » et « émancipation ».
Le livre Si on me donne la parole... - La vie d’une femme de la mine bolivienne, de Domitila Barrios de Chungara, paraîtra en librairie le 26 mai prochain.
À propos du livre
« Cette histoire que je vais raconter, je ne veux surtout pas qu’on l’interprète seulement comme un problème personnel. Parce que je pense que ma vie est liée à mon peuple. Ce qui m’est arrivé à moi a pu arriver à des centaines de personnes dans mon pays. Cela, je veux que ce soit clair, parce que je suis consciente qu’il y a eu des gens qui ont fait beaucoup plus que moi pour le peuple, mais qui sont morts ou qui n’ont pas eu l’occasion de se faire connaître. »
Qualifié par Le Monde diplomatique de « Germinal du Tiers-Monde » lors de sa première publication en français en 1978, le témoignage de Domitila est rendu de nouveau disponible dans cette version revue et augmentée, qui rend compte de la trajectoire de la célèbre militante autochtone bolivienne de 1976 à 2002. Recueillis par la sociologue brésilienne Moema Viezzer, les mots de Domitila sont précieux, tant il est rare que la parole soit donnée à une femme du peuple qui lutte pour son pain quotidien, se politise, dénonce les conditions de vie difficiles dans les mines et les injustices subies par les femmes, puis prend l’envergure d’une véritable leader populaire. Ayant grandi dans une ville minière et ayant connu très tôt les souffrances des mineurs, tout comme la répression violente de la dictature, Domitila est un exemple de droiture militante, à l’intersection des luttes ouvrières et féministes. Sa participation à une grève de la faim contribuera d’ailleurs à faire tomber le régime militaire bolivien.
Près de cinquante ans après la parution du livre en espagnol (1977), ce témoignage demeure une grande source d’inspiration et nous fait découvrir toute la richesse des perspectives émancipatrices du Sud à une époque où la notion de décolonisation est toujours à l’ordre du jour. Un récit universel et bouleversant qui montre le sens réel des mots « justice » et « émancipation ».
À propos de l’autrice
Domitila Barrios de Chungara (1937−2012) est une militante autochtone et socialiste de la Bolivie, devenue une figure éminente du féminisme et de la lutte pour la défense des mineurs.
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