Édition du 22 juin 2021

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Fonction publique

Traductrices et traducteurs de l'État - Victimes d'un traitement moyenâgeux, juge le SPGQ

QUÉBEC, le 13 avril 2021 - Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) dénonce le traitement moyenâgeux réservé aux traductrices et traducteurs de l’État à qui l’employeur demande sans cesse d’en faire davantage tout en leur offrant toujours moins.

« Nos membres en traduction éprouvent constamment un sentiment d’urgence. La surcharge est leur lot quotidien, en plus de devoir composer avec la pression des cabinets ministériels. Parfois, l’employeur exige même de nos membres qu’ils traduisent un communiqué de presse à mettre en ligne sur le Web en 10 minutes ! Avec ce traitement moyenâgeux, où ne manquent que le bûcher et la mutilation, comment ces experts de l’État peuvent-ils cerner l’intention et la portée de textes divers, effectuer les travaux de recherche terminologique et rendre fidèlement en anglais le sens de l’écrit rédigé en français ? » s’interroge Line Lamarre, présidente du SPGQ.

Féminin à 80 % et vieillissant, le corps d’emploi des traductrices et traducteurs de l’État recensait 55 membres en 2010, mais n’en compte plus que 45 en 2020. Ces femmes et ces hommes travaillent principalement l’Assemblée nationale du Québec, au Centre d’acquisitions gouvernementales, à Infrastructures technologiques Québec, au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, au Conseil exécutif, à Retraite Québec et à la Société de l’assurance automobile du Québec.

« Comme jamais auparavant, les traducteurs et traductrices de l’État portent sur leurs épaules un déni de démocratie, car les personnes d’expression anglaise peuvent de moins en moins recevoir les services gouvernementaux dont elles ont besoin et auxquels elles ont droit en anglais, comme le stipule la Charte de la langue française. Nos membres en traduction ont toujours fait preuve d’une connaissance approfondie de la langue de départ, d’une maîtrise impeccable de la langue d’arrivée et d’une capacité à communiquer efficacement, mais leur nombre insuffisant, jumelé au refus de l’employeur d’embaucher plus de ressources, condamne certains Québécois à ne pouvoir profiter pleinement d’un statut minoritaire pourtant reconnu. C’est aberrant ! Le SPGQ est un fier défenseur de la langue française, mais nos concitoyens ont droit à des services de traduction adéquats », exprime Mme Lamarre.

Le SPGQ s’indigne que ces traductrices et traducteurs jouissent d’une si faible reconnaissance de la part de leur employeur, étant condamnés à croupir dans le plus faible rangement de la structure gouvernementale. Le processus d’évaluation du maintien de l’équité salariale a présenté certaines carences et il importe de corriger le tir. Les plaintes déposées par les membres sont, jusqu’à maintenant, demeurées lettre morte. L’employeur doit réagir, car le traitement réservé à ces spécialistes est honteux. Mal payés et peu reconnus, ils sont remplacés par des sous-traitants qu’ils doivent former, car les processus de recrutement demeurent vains. Les candidats potentiels préfèrent se tourner vers le privé où la facturation se fait aux mots, et non à l’heure, ce qui leur assure un salaire plus généreux.

« Même les pigistes formés par nos membres quittent le navire. L’employeur tente de camoufler son recours à la sous-traitance abusive en multipliant les contrats et en changeant régulièrement de sous-traitants. Résultat : la formation est continuellement à refaire. Les heures supplémentaires effectuées par nos membres coûtent cher à l’État, pas juste en dollars, mais aussi en frais pour pallier leur épuisement, ce en quoi les très nombreuses tâches connexes dont on les affuble n’aident en rien, si ce n’est à les épuiser davantage. Ces professionnels de l’État sont pourtant des experts spécialisés dans des domaines très pointus de la traduction, comme les lois, le droit et les décrets gouvernementaux. Ils servent aussi l’État québécois dans sa mission auprès de nos minorités. Le gouvernement doit reconnaître leur expertise », conclut la présidente du SPGQ.

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