« Plus de 85 000 hectares, soit l’équivalent de l’île de Montréal, Laval et Longueuil réunis sont protégés par des organismes de conservation. La fréquentation croissante de ces milieux constitue une pression supplémentaire sur une biodiversité déjà fragile. Accroître l’accès à la nature permettra de mieux préserver ces écosystèmes tout en sensibilisant la population à sa protection », affirme Brice Caillié, directeur général du Regroupement des organismes de conservation du Québec (ROCQ).
Les partenaires de l’Alliance estiment que l’accès à la nature constitue un droit essentiel qui doit être protégé, démocratisé et transmis. Chaque Québécois-e, peu importe son âge, son revenu ou son lieu de résidence, devrait pouvoir marcher en forêt, accéder aux berges d’un lac, contempler le territoire, s’y nourrir, pratiquer une diversité d’activités de plein air, faire l’expérience du silence, des saisons et du vivant.
Accès à la nature
Le problème de l’accès à la nature a été illustré de façon éloquente avec l’étude des chercheurs universitaires Sébastien Rioux et Rodolphe Gonzalès, qui ont analysé 48 000 km de rives dans le sud du Québec. Leur étude révèle que :
près de 40 % des lacs publics sont enclavés à 100% par la propriété privée ;
98% des berges des lacs et rivières au Québec sont inaccessibles ; cette proportion tombe à plus de 99% dans 75% des municipalités du Québec.
« L’accès au territoire est un enjeu majeur pour la Nation W8banaki. La privatisation des terres limite l’accès à des lieux essentiels pour la pratique de nos activités traditionnelles sur le Ndakina, notre territoire ancestral. Ça compromet la transmission de nos savoirs et affecte la souveraineté alimentaire de nos membres », souligne Denys Bernard, directeur général de W8banaki.
« La pratique d’activités de plein air répond à un besoin fondamental : elle favorise la santé, le bien-être et le lien avec nos milieux naturels et nos territoires. Encore faut-il pouvoir y accéder. L’accès à la nature demeure trop souvent fragile, complexe et inéquitable alors qu’il s’agit d’un levier important pour la santé, notamment pour mieux faire face à la chaleur », affirme Natacha Papieau, chargée de dossiers à l’Association de la santé publique du Québec (ASPQ).
Responsabilité civile
L’Alliance profitera de la saison électorale pour rencontrer les différents partis politiques afin de leur demander de modifier le régime de responsabilité civile. Le but est de protéger les propriétaires qui permettent le passage sur leur terrain pour accéder aux lacs, rivières et milieux naturels.
Plusieurs régions du monde ont déjà un régime de responsabilité civile atténué favorisant l’accès à la nature. « Nous pensons qu’en modifiant cet aspect dans le code civil, plusieurs propriétaires auraient la confiance nécessaire pour offrir des accès sur leurs terrains, facilitant ainsi l’accès aux rives de lac ou encore à la forêt », précise Catherine Hamé, préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut.
Le régime actuel (les articles 1457 et 1465 du Code civil du Québec) précise qu’un propriétaire de terrain peut être poursuivi si quiconque se blesse sur sa propriété. Aujourd’hui, la seule façon pour un propriétaire d’éviter tout risque de poursuite est l’interdiction stricte. Il faut lever ce frein majeur rapidement.
M. Galipeau, qui possède un terrain aux abords de la rivière Gatineau, participe depuis plusieurs années à la vitalité économique de sa région en donnant accès à une section mythique de la rivière. « Pour eux, la rivière est aussi un levier de développement économique. Les utilisateurs de ce parcours viennent dans la région et consomment des produits locaux », affirme Emmanuel Laferrière, directeur général de Canot Kayak Québec.
Une Politique nationale sur l’accès à la nature
Pour renverser la vapeur, l’Alliance entend demander au prochain gouvernement du Québec de mettre en place des États généraux sur l’accès à la nature dans le but de jeter les bases d’une politique nationale d’accès à la nature. Des juridictions comme l’Écosse, les États-Unis et la Norvège sont arrivées à garantir l’accès public à la plupart des terres non cultivées tout en respectant la propriété privée et en assurant la protection de l’environnement. Ces pays ont développé des modèles qui limitent l’atteinte au droit de propriété en ciblant précisément les zones où une servitude légale peut être justifiée, réduisant ainsi les risques constitutionnels et les contestations judiciaires.
Des États généraux devront déboucher sur une réelle politique nationale d’accès à la nature basée sur des principes fondamentaux qui s’intégreront dans l’ensemble des lois, des politiques et des interventions de l’État et des instances municipales et qui seront accompagnés de cibles et d’indicateurs nationaux.
« À l’approche des élections, nous interpellons le gouvernement du Québec pour qu’il pose des gestes concrets pour assurer la pérennité des accès et soutenir ceux et celles qui les rendent possibles. L’accès à la nature ne doit pas être un privilège, mais un droit collectif », déclare la directrice générale adjointe du Réseau plein air Québec (RPAQ), Caroline Tanguay.
Pour toutes informations concernant l’Alliance pour l’accès à la nature, ses appuis et sa vision, consultez le site web ici : www.alliancenature.ca
Pour la liste complète des partenaires de l’Alliance :
– Fondation Rivières
– Réseau plein air Québec (RPAQ)
– Canot Kayak Québec
– Catherine Hamé, préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut
– W8banaki
– Bureau du Ndakina
– Regroupement des organismes de conservation du Québec (ROCQ)
– Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
– SNAP-Québec
– Association des camps du Québec
– Aventure Écotourisme Québec
– Collectif pour un Québec sans pauvreté
– Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs
– Société de plein-air des Pays-d’en-Haut (SOPAIR)
– Eau Secours











Un message, un commentaire ?