Édition du 7 avril 2020

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États-Unis

Assassinat de Soleimani : la presse américaine révèle les mensonges de Trump

Nouveaux mensonges sur l’Iran : la Maison Blanche dépassée à mesure que de nouveaux faits émergent.

Certes, le cycle d’informations aux États-Unis dure rarement plus de 24 heures, mais cela ne devrait pas servir d’excuse lorsqu’une histoire majeure qui contredit ce que prétend l’administration Trump apparaît et disparaît tout aussi soudainement. Le public qui s’intéresse à ces informations pourrait se rappeler qu’il y a un peu plus d’un mois, les États-Unis ont assassiné un haut responsable iranien du nom de Qassem Soleimani.

Tiré de Médiapart.

Tuer ouvertement quelqu’un qui appartient au gouvernement d’un pays avec lequel on n’est pas en guerre est pour le moins inhabituel, en particulier lorsque le crime est perpétré dans un autre pays avec lequel l’auteur et la victime entretiennent tous deux des relations amicales. La justification fournie par le Secrétaire d’État Mike Pompeo au nom de l’administration était que Soleimani était en Irak en train de planifier un massacre « imminent » d’Américains, pour lequel aucune preuve supplémentaire n’a été fournie à ce moment-là et jusqu’à ce jour.

Il est rapidement apparu que Soleimani était en fait à Bagdad pour discuter avec le Premier ministre irakien Adel Abdul Mahdi d’un plan qui pourrait conduire à la désescalade du conflit en cours entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, une réunion dont la Maison Blanche était apparemment au courant, et qu’elle avait peut-être même approuvée. Si tel est le cas, le déroulement des événements tel qu’il est révélé au fur et à mesure suggère que le gouvernement américain aurait pu encourager Soleimani à faire son voyage afin qu’il puisse être piégé et tué. Donald Trump a par la suite rejeté l’absence de toute corroboration de l’histoire de « menace imminente » colportée par Pompeo, en déclarant que de toute façon, cela importait peu car Soleimani était un terroriste qui méritait la mort.

L’incident qui a déclenché le cycle de mort qui a finalement fait périr Soleimani aurait commencé avec une attaque contre une base américaine en Irak le 27 décembre, dans laquelle quatre soldats américains et deux Irakiens ont été blessés, tandis qu’un entrepreneur américain (un traducteur d’origine irakienne) a été tué. Les États-Unis ont immédiatement blâmé l’Iran, affirmant que l’attaque avait été commise par une milice chiite pro-iranienne appelée Kata’ib Hezbollah. Washington n’a fourni aucune preuve à l’appui de cette affirmation, et a exercé des représailles en frappant une base des Kata’ib, tuant 25 Irakiens qui étaient en train de combattre les résidus de Daech. Les miliciens avaient été incorporés à l’armée irakienne, et cette réponse disproportionnée a conduit à des émeutes à l’extérieur de l’ambassade des États-Unis à Bagdad, qui ont également été imputées à l’Iran par les États-Unis. Il y a ensuite eu les assassinats de Soleimani et de neuf officiers supérieurs de la milice irakienne. L’Iran a riposté en tirant des missiles sur les forces américaines, blessant plus d’une centaine de soldats. Immédiatement après l’attaque, Téhéran a abattu par erreur un avion de ligne, tuant 176 personnes supplémentaires. En conséquence, en raison du meurtre par les États-Unis de 34 Irakiens dans les deux incidents, le Parlement irakien a également voté l’expulsion de toutes les troupes américaines.

Il semble maintenant que la mort initiale de l’entrepreneur américain qui a déclenché le conflit n’a pas du tout été commise par Kata’ib Hezbollah. Une équipe d’enquête de l’armée irakienne a rassemblé des preuves convaincantes indiquant qu’il s’agissait d’une attaque organisée par Daech. En fait, le gouvernement irakien a démontré que Kata’ib Hezbollah n’était même pas présent dans la province de Kirkouk, où l’attaque a eu lieu, et ce depuis 2014 ! Il s’agit d’une région fortement sunnite où les chiites ne sont pas les bienvenus, et où les sunnites de Daech sont plutôt bien accueillis. C’est en fait l’un des lieux de fermentation d’origine de ce qui allait devenir Daech.

Cette nouvelle évolution a été rapportée dans le New York Times dans un article sous-titré : « Les États-Unis se sont-ils trompés au sujet d’une attaque qui a presque déclenché une guerre avec l’Iran ? Les responsables militaires et des renseignement irakiens ont émis des doutes quant à l’identité du groupe à l’origine des tirs de roquettes qui ont déclenché une spirale d’événements dangereuse. » Malgré la nature sensationnelle du rapport, il a généralement été ignoré dans les informations télévisées et dans les autres médias grand public, laissant l’administration Trump s’en tirer avec un autre gros mensonge, alors qu’il aurait facilement pu conduire à une guerre avec l’Iran.

Les enquêteurs irakiens ont trouvé et identifié le pick-up Kia blanc abandonné avec à son bord le lance-roquettes Katyusha improvisé qui a été utilisé pour lancer l’attaque. Il a été découvert sur une route déserte à portée de la base conjointe irako-américaine K-1 qui a été touchée par au moins dix missiles le 27 décembre, dont la plupart ont frappé la zone américaine.

Il n’y a aucune preuve directe liant l’attaque à un groupe particulier, et le camion improvisé KIA [...]

Lire la suite sur https://lecridespeuples.fr/2020/02/20/assassinat-de-soleimani-la-presse-americaine-denonce-les-mensonges-de-trump/

Voir notre dossier sur l’assassinat de Soleimani et ses suites.

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* Philip M. Giraldi est un ancien spécialiste de la lutte contre le terrorisme et officier du renseignement militaire de la CIA qui a servi dix-neuf ans à l’étranger en Turquie, en Italie, en Allemagne et en Espagne. Il a été chef de la base de la CIA pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et a été l’un des premiers Américains à entrer en Afghanistan en décembre 2001. Philip est directeur exécutif du Council for the National Interest, un groupe de défense basé à Washington qui cherche à encourager et à promouvoir une politique étrangère américaine au Moyen-Orient conforme aux valeurs et aux intérêts américains.

Source.

Philip Giraldi

Philip M. Giraldi est un ancien spécialiste de la lutte contre le terrorisme et officier du renseignement militaire de la CIA qui a servi dix-neuf ans à l’étranger en Turquie, en Italie, en Allemagne et en Espagne. Il a été chef de la base de la CIA pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et a été l’un des premiers Américains à entrer en Afghanistan en décembre 2001. Philip est directeur exécutif du Council for the National Interest, un groupe de défense basé à Washington qui cherche à encourager et à promouvoir une politique étrangère américaine au Moyen-Orient conforme aux valeurs et aux intérêts américains.

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