« Année après année, la situation est difficile en protection de la jeunesse. Le bilan des DPJ reconnaît lui-même que le système est sous pression. Les solutions sont connues, mais les moyens ne suivent pas », déplore Robert Comeau, président de l’APTS.
L’APTS souligne toutefois certaines avancées encourageantes. La proportion d’enfants qui restent dans leur milieu familial est en effet passée de 45,8 % en 2025 à 52,1 % en 2026. Ces progrès doivent toutefois s’accompagner des ressources nécessaires pour soutenir adéquatement les jeunes et leurs familles.
Malgré cela, la mise en place de plusieurs recommandations clés du rapport Laurent reste incomplète, certaines n’étant même pas en voie d’être implantées, et les intervenant•e•s voient peu de changements concrets dans leur quotidien. L’APTS demande au ministère de la Santé et des Services sociaux ainsi qu’à Santé Québec d’en faire une priorité.
Centre de réadaptation : des défis persistants
L’APTS salue la volonté de réduire la présence des enfants de moins de 12 ans en centre de réadaptation, mais rappelle que cela exige des ressources suffisantes en familles d’accueil et en foyers de groupe, ce qui fait encore défaut.
De plus, les conditions demeurent préoccupantes dans plusieurs centres de réadaptation : installations vétustes, ratios élevés et cohabitation de clientèles aux besoins différents. Ces problèmes limitent la capacité d’offrir des milieux réellement sécuritaires et adaptés.
Les intervenant•e•s s’inquiètent aussi de décisions organisationnelles, notamment en matière de fouille, qui pourraient compromettre la sécurité dans les installations.
Prendre soin du personnel : une condition essentielle
La surcharge de travail reste élevée et affecte toujours la qualité des services. Les problèmes de santé et sécurité du travail — épuisement, agressions, intimidation — persistent et accentuent les difficultés de rétention du personnel. Pour l’APTS, améliorer la protection de la jeunesse passe inévitablement par de meilleures conditions de travail et d’exercice.
« Il est temps de passer des promesses aux résultats concrets. Les jeunes en situation de vulnérabilité ne peuvent pas attendre, les intervenant•e•s non plus. Nous demandons au gouvernement d’en faire une priorité dès maintenant », conclut Robert Comeau.


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