Édition du 4 mai 2021

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Le Monde

Discrimination au sein de l’ONU ?

Les adeptes de la promotion du racisme dans le viseur de Guterres

Il est des Institutions dont seule l’évocation de l’acronyme inspire la grandeur de l’engagement, les belles vertus, la Justice, et tous les dignes et augustes pendants confluant au même creuset. Parmi elles, l’Organisation des Nations Unis. Une citadelle dressée majestueusement à la face du monde, comme un rappel d’acte de présence permanent au chevet de l’Humanité, ayant pour noble vocation, le maintien de la paix et de la sécurité internationale.

De Paris, Omar Haddadou

Des missions, somme toute, à la hauteur du bâtiment qu’occupe celle-ci à New-York et le nombre considérable des effectifs, 44000 fonctionnaires, toutes nationalités confondues, appelés à veiller au grain afin de promouvoir les relations amicales entre les peuples, la coopération et en premier lieu, le respect des Droits de l’Homme. Des principes consignés dans la déclaration universelle de 1948, au lendemain du cauchemar de la Seconde Guerre mondiale. Un acquis qui met d’emblée l’accent sur la respectabilité et la valeur de la personne humaine, dès le premier Article, stipulant en termes saillants que tous les êtres naissent libres et égaux en dignité et en droits…

L’acte raciste qui fait tache d’huile

Si le texte, scrupuleusement élaboré par l’entité paritaire représentative, ne souffre d’aucune amphibologie dans la quintessence de ses chartes, ses conventions et ses pactes internationaux, la réalité sur le terrain révèle malheureusement des dissonances et des couacs procéduraux, longtemps relégués au silence inviolable des catacombes. En témoigne l’information relayée par une radio française dans la matinée du 28 janvier 2021, faisant état du climat délétère qui minerait le siège de l’ONU. Il serait, d’après la même source, gangréné par l’usage ségrégationniste de délit de faciès et de coalitions hermétiques - hérités de l’ancien collectif - au détriment des personnes de couleur. Le témoignage(anonyme)d’un haut fonctionnaire d’origine africaine, victime de discrimination, de mise sous éteignoir et d’abjecte compromission transversale, a donné lieu à un époussetage partiel sur des agissements xénophobes.
L’homme aurait fait l’objet de stigmatisation, distillée en plein exercice de sa fonction par des comportements brutaux, porteurs de message sur l’altérité incommodante. Aussi évoque -t-il l’exemple de ses collègues quittant brusquement la salle avec de fausses excuses, pendant qu’il présidait la réunion. J’étais dans le déni, affirme le fonctionnaire, jusqu’à ce que je fasse à mon tour l’expérience de la discrimination. Il cite à ce propos, le blocage des promotions et le traitement népotique ambiant dans un univers empreint de concurrence féroce. Auquel s’adjoint le regard défiant des autres, véhiculant le rejet à l’emporte-pièce, du vis-à-vis n’adhérant pas à leurs convictions et leur alliance. Un phénomène qui n’est pas sans rappeler l’assimilation de la fameuse expression mortifiante au sein de l’administration « Nous n’avons pas les mêmes valeurs ! ». Faisant les frais d’une décision abrupte émanant de ses responsable hiérarchiques, l’employé de la cellule Fonds des Nations unies pour la Population, ainsi que d’autres collègues, écopent, en guise de coup de grasse concerté, d’un licenciement cinglant. C’est la précarisation actée !

Dans le même temps, la question des Droits de l’Homme aux Etats-Unis défraie la chronique. La mort atroce de George Floyd le 25 mai 2020 à Minneapolis (USA)perpétré par un policier s’agenouillant, sans miséricorde aucune, sur son coup, pendant 8 longues minutes, sera l’élément déclencheur du sursaut populaire de la communauté noire, mené par le mouvement afro-américain Black Lives Matter, contre le racisme systémique. Cet épisode ne laissera pas le fonctionnaire de l’ONU indifférent. Après avoir fait l’objet des pires humiliations, il n’a pour seule marge de manœuvre que de conjurer sa peur consécutive à d’éventuelles représailles.

En effet, ce dernier juge impératif de porter l’affaire devant un organe interne. La déconvenue et les frasques de l’impertinent Donald Trump, partisan de la gâchette facile à l’égard des blacks et les étrangers, avaient conduit au déblayage du terrain pour une saisine de la juridiction onusienne.

L’épineux dossier est à présent entre les mains du Secrétaire général des Nation-Unis Antonio Guterres lequel avait promis toute la transparence sur les tenants et aboutissants, en confirmant le 4 juin, l’existence de fléau au sein de l’ONU.

Un mea-culpa débité abruptement en ces termes devant les membres de l’institution : Nous n’avons pas suffisamment prêté attention aux préjugés racistes et la discrimination.

A la promesse d’un plan d’action et de débat ouvert, est venu se greffer, aujourd’hui, le communiqué de l’actuel chef d’Etat américain Joe Biden, donnant instruction au Département de s’impliquer immédiatement et avec force dans le Conseil des Droits de l’homme.

Ce coup de pied dans la fourmilière trumpiste sonne -t-il le glas de la loi de l’omerta, l’opacité et l’assujettissement, inscrits comme ligne de conduite dans l’agenda de l’ancienne administration ?

Seul l’avenir nous le dira !

O.H.

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