Édition du 12 mai 2026

Une tribune libre pour la gauche québécoise en marche

Syndicalisme

Défendre les soins publics, d’un océan à l’autre

Le 17 avril dernier, nous soulignions un moment clé de notre histoire collective : l’adoption, en 1984, de la Loi canadienne sur la santé. Une loi qui peut sembler technique, mais qui repose sur une idée profondément simple : au Canada, on devrait pouvoir recevoir des soins selon ses besoins, pas selon sa capacité de payer.

Universalité. Accessibilité. Équité.

Trois principes qui, depuis plus de 40 ans, façonnent le système de santé canadien. Trois principes qui font en sorte que, peu importe notre situation, on devrait pouvoir se faire soigner sans sortir sa carte de crédit.

Mais aujourd’hui, ces fondations sont ébranlées.

Quand le privé s’invite… et change les règles

En Alberta, l’adoption du projet de loi 11 marque un tournant préoccupant.

En permettant aux médecins de pratiquer dans le réseau public tout en facturant des frais aux patientes et patients, on ouvre la porte à un système à deux vitesses.

Concrètement, ça veut dire quoi ? Que certaines personnes pourraient être soignées plus rapidement… simplement parce qu’elles ont les moyens de payer.

C’est exactement le type de dérive que la Loi canadienne sur la santé cherchait à éviter.

La United Nurses of Alberta, le syndicat des infirmières en Alberta, tire la sonnette d’alarme et dénonce des politiques qui risquent d’affaiblir le réseau public, de détourner des ressources déjà limitées et d’accentuer les inégalités d’accès aux soins.

Le Québec n’est pas à l’écart

On pourrait croire que ce débat se joue loin d’ici, mais au Québec aussi la question du rôle du privé revient avec insistance. La nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette, a récemment évoqué la volonté « d’utiliser davantage le privé » pour améliorer l’accès aux soins.

Or, nombre d’études ont montré que ce type d’approche comporte des risques bien réels : concurrence pour le personnel, fragmentation des services, affaiblissement du réseau public.

La vraie solution : renforcer le réseau public

Dans ce contexte, il faut revenir à l’essentiel : la solution durable passe par un réseau public fort.

Un réseau où les conditions de travail permettent de retenir les professionnelles en soins. Un réseau où les équipes sont stables. Un réseau où l’accès aux soins ne dépend pas du portefeuille.

La solidarité entre professionnelles en soins dépasse les frontières provinciales. Lorsque les infirmières de l’Alberta se lèvent pour défendre leur système public, elles défendent aussi les valeurs que nous portons ici, au Québec.

Aujourd’hui, nous saluons leur courage et leur leadership.

Et nous réaffirmons, avec elles, une conviction simple : les soins de santé doivent rester un droit, pas un privilège.

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d’avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d’avoir accès à ces articles.

Cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Julie Bouchard

Président de la FIQ. (2021-...)

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par les responsables.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Sur le même thème : Syndicalisme

Sections

redaction @ pressegauche.org

Québec (Québec) Canada

Presse-toi à gauche ! propose à tous ceux et celles qui aspirent à voir grandir l’influence de la gauche au Québec un espace régulier d’échange et de débat, d’interprétation et de lecture de l’actualité de gauche au Québec...

Abonnez-vous à la lettre